29 décembre 2005

Offrandes et Friandises

opheagentprovocateur21

Mes cadeaux sont souvent comme mes mensonges, utiles et bien ficelés.

Coups de coudes sur les avants bras. Les passants, les gueules baissées, les mains chargées, me rendent l’accès à l’espace lingerie bien difficile. Un combat qui se la joue nocturne pour un unique cadeau.

Je traîne mes vieilles Nike sur la moquette en velours. Je pose mes mitaines sur des kilomètres de dentelles multicolores. Je balade mes yeux sur les bas résilles des vendeuses, les talons aiguilles et sur leurs blouses rose berlingot.
Trois bonbons sur moi, je désigne le modèle, je dis que c’est une fille rock & roll, je précise que ce n’est pas pour moi sans quoi, la petite taille ferait de moi la paupiette la mieux ficelée du monde.


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"Agent Provocateur. Noel 2005"

24 décembre 2005

Pendant Que Vous Bouffez De La Dinde

isadragking

Les sms de Noël.

-Bordel de bites, plus d'internet à la F.
Gis – 22/12 - 15h03

Une pensée pour toi ce soir Denyse :) Je t’embrasse.
Axelle K. - 24/12 - 19h58

Je t’appelle plus tard mon petit cœur.
Ophé. - 24/12 – 20h00

Salut ma Juny, une grosse pensée toute pleine de tendresse de la part d’une crevette en lorraine. Many hugs pour ce soir. I’m so glad to you. U are precious !
Polly P. - 24/12 - 20h03

Pleins de supers parfums pour aller avec ma jolie lingerie…
Ophé. - 24/12 - 21h54

Vous avez dépassé la totalité de votre forfait.
Orange - 24/12 - 22h07


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Copyright D. Juncutt
"Isa Drag King"

22 décembre 2005

La Femelle A Craqué

pollydragking

Une vocifération humaine me sort de mon sommeil. Je suis recroquevillée sur le côté droit, les bras croisés et engourdis. Un enfant s’égosille avec des « Aidez-moi, ma jambe ! Au secours ».
Son chant dure bien cinq bonnes minutes avant que le réel s’installe définitivement. J’attends un peu avant d’agir, parce que les enfants sont les meilleurs dramaturges, parce que j’ai froid, parce que je suis flemmarde. Les cris deviennent de plus en plus stridents, plus rapprochés, plus abominables. Je me redresse d’un bon puisqu’il faut sauver quelqu’un.

En culotte et maillot sur le balcon, il gèle, je grelotte. Mes mains posées sur la rambarde, ma tête se déhanche dans tous les sens pour chercher le blessé, essayer de l’apaiser. Je me vois déjà, en train d’escalader les barreaux, mais il n’y a personne de suspendu. Les hurlements s’entrechoquent contre les immeubles, c’est un puit de souffrance qu’il me faut lénifier.
Je cherche l’erreur, est-ce moi qui hurle au fond du ventre ?

Tête baissée, au rez-de-chaussée, un petit garçon black allongé sur un banc, sa mère à ses côtés narguent ma panique. Pas de sang, il a tous ses membres le petit garnement. Je tremble, je rentre, et j’attends debout en frissonnant pour donner un sens à ce réveil.
Je suis une héroïne frustrée.


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« Polly Drag King »

21 décembre 2005

Passé Simple - Imparfait



Dans ma chambre d’enfant, je me blessais toujours les pieds avec un clou dépassant du parquet non vernis, et jamais il n’a été retiré.
J’emprisonnais des coccinelles dans des boites à coton tiges avec un peu de salade en leur faisant croire que ce serait leur nouveau paradis. Par manque de reconnaissance, je les laissais s’enfuir.
J’ai sucé mon premier mec à l’age de douze ans. Il avait treize ans. Son sexe était mou et sa taille ne dépassait pas mon majeur.
J’ai branlé mon premier mec à l’age de neuf ans. Il avait cinquante-trois ans. Son sexe était dur et humide. Il s’est suicidé en se jetant sous un train.
Je n’avais aucune Barbie mais j’avais un révolver calibre 357 magnum à 6 coups.
L’école ne m’aimait pas et je n’aimais pas l’école.
J’aimais regarder au moins dix fois les mêmes films.
Mon père m’a offert une machine à écrire pour mes treize ans. J’étouffais le bruit des touches avec un coussin. Avec, j’ai écrit une trentaine de nouvelles, sans style mais toujours avec des fins surprenantes.
A Huit ans, j’ai demandé Graziella en mariage. Elle m’a dénoncée dans la cours de récréation. J’ai tout de suite compris que les années à venir allaient être très difficile à vivre.


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« Les Jumelles »

19 décembre 2005

Crying For KingKong



Les gorilles m’ont toujours fortement impressionné, probablement à cause de ce petit côté humaniste qui se dégage de leurs regards. Si loin mais si proche de nous. Une espèce de huit mètres de hauteur, forcément, ça ne me laisse pas indifférente et à défaut d’aimer tous les sexes de cette petite catégorie qu’est l’être humain, je me dis que je pourrais être heureuse avec un King Kong. Il peut me défendre de toutes les espèces animales, de la petite araignée jusqu’au Vélociraptor le plus affamé.

Il est vraiment très fort ce singe, il est arrivé à me faire pleurer pendant 3 heures sous prétextes qu’il voulait qu’on lui rende son jouet. Je me mets à sa place, si l’on me privait d’un joujou nommé Naomi Watts, je crois que je serais susceptible de retourner tous les buildings de la terre.

Les yeux en forme de gallots, la peau tirée sur les traces séchées des larmes qui ont coulées jusque dans mon cou, je quitte la salle et vais m’asseoir en face de l’église Saint Eustache en pensant que les gens c’est tous des connards. Il suffit de la lecture d’un sms, faisant vibrer ma poche, pour déclancher à nouveau les fontaines des pleurs qui n'ont aucun sens, en pensant cette fois ci que non, c’est moi la connasse.


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Copyright D. Juncutt
« Penchés »

13 décembre 2005

Fallait Pas Me Quitter Comme Ca...



J’imagine que dehors il ne fait pas aussi froid. J’abandonne gants et écharpe mais la persuasion ne dure qu’un temps.

C’est peu mais ça fait son effet. Je pourrais continuer ainsi.
Je vais passer un excellent noël. Mes neveux arrivent à hauteur de hanches, ils connaissent mon prénom. Je ne vouvoie pas mon père qui m’offre le cadeau de tous les retards. Lui ressembler n’a jamais été facile, le miroir a ça de salaud, refléter l’image d’un absent.
La table est dressée, la cheminée allumée, les invités enjoués.

Cette année, ça ne se passera pas ainsi. Persuasion morne, aussi perceptible que l’existence d’une vie extraterrestre. Elle me dit que « Tu as fait ce choix, tu dois l’assumer. » Elle ne sait pas, je ne lui en veux pas. Comment expliquer que mes réactions sont le résultat d’un long cheminement qui n’a pas d’issue.

La persuasion se portera donc sur le faite que ces vingt quatre heures vont passer très très vite.


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« Mélange des Genres : JB & Julio »

10 décembre 2005

Enfante-moi

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Dans mon ventre jusqu’à rêver, cette nuit, avoir enfanté d’une fille que j’aurai appelé Dali parce que Salvador l’avait dans les bras. Ma fille grandit inexplicablement, elle est sur mes genoux et imite mes gestes. Mini Juny est belle, une frange et un pull noir. Elle est polie et douce, mais je la sais plus que vicieuse avec ses peluches.

Je rêve d’une baise productive avec ma douce. Une baise ou mes doigts glisseraient sous sa peau pour effacer les passages des autres. Créer des hématomes pour enterrer les fantômes. La sueur, les corps collants. Salir les draps, les murs, le sol. Blanchir les lèvres, les doigts, les cuisses. Jouir d’en haut et d’en bas. Pousser fort, hurler haut, éclater les jugulaires. Comprendre que cette fusion sera à l’origine d’un enfantement. Ne pas se toucher par erreur.

De nos ébats, il n’accouchera jamais rien.


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« Isa & Polly »

08 décembre 2005

Une Couverture d'Amertume



Trop de champagne, les bulles grimpent le gosier et font que mon cœur qui bat bien vite, se fait inhabituellement entendre. Allongée sur le lit, une couverture d’amertume en trop. Partir pour empirer, rester pour s’endormir. Je ne suis pas l’être idéal et un certains nombres de défauts font offenses à mon quotidien et grignotent mes relations jusqu’à ce que les empreintes de dents dessinent la carte d’un pays que je ne verrais jamais. Le pays des choses simples.

Je promets une évolution, une attitude qui me rendra moins con. Je reste cependant certaine que chaque action n’est influencée que par les rouages d’un engrenage qui parfois, n’est tout juste pas assez huilé. Une machine ça rouille, ça bloque, ça se bidouille, ça se travaille, ça grince, ça se répare.

La machine de notre vie est en perpétuelle rénovation et c’est ce qui la rend puissante. Faut juste se laisser le temps de trouver la faille, de trouver les bonnes pièces.

De ce lit, je ne suis pas partie et j’ai fini par m’endormir, bercée par un cœur au ralenti. Laissant la couverture d’amertume s’évaporer au fur et à mesure.


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« GibElles »

03 décembre 2005

Telex From Cortex

judenlacejun

Contaminer mon Ange. La soigner en mettant de côté mes miasmes. Attendre de nouveau le net. Louer une voiture. S’expatrier hors de la capitale. Acheter des meubles. Refaire l’intérieur. Montage, dépoussiérage. Acheter « Locas », Bande Dessinée américaine punk des années 80. Commencer l’écriture, la première page est la plus ardu. C’est comme se fourrer les doigts dans la bouche, ce qui fait mal, c’est le premier spasme. Télécharger le nouveau BarbieTurix. Imaginer le nouveau projet de Podcast. Commencer la diet, s’y tenir pour éviter les douleurs stomacales. Ne pas penser au pire. Non pas tout de suite.


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23 novembre 2005

Le Grand Sommeil



Je ne veux pas quitter le lit. Les obligations matinales rendent les minutes supplémentaires sous la couette, meilleures qu’une friandise non désirée.

Il y a son bras serrant mon buste qui me dit les mots que la bouche jalouse. Il y a le noir absolu de la pièce qui me fait oublier les aurores. Il y a le dos courbé, le corps asséché et les yeux gonflés. Il y a les premières pensées qui sont les dernières de la veille.

Le réveil est une semi vie. On flotte entre deux mondes où aucune action n’est possible. Alors oui, je ne veux pas quitter le lit.


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« Ophé sur le lit »

21 novembre 2005

Porte Ouverte

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Le but du karaoké n’est pas de bien chanter mais d’hurler plus fort que les autres. La Star Academy du pauvre en quelque sorte.
Lulu grille son computeur, mais elle n’avait qu’à pas avoir un aussi beau tapis. Jeff, Isa et Marion confondent les godes avec les micros, prennent des pauses de légendes du rock et s’essoufflent sur des refrains connus.

Colibri met un porte-clefs en forme de cœur sur le trousseau de chez moi. Donner ses clefs est faire offrande de son intimité, ça change beaucoup de choses.
Ce métal utile peut vous lier à l’autre bien plus que ne le ferait une alliance.


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« Jeff »

17 novembre 2005

La Matrice

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C’est une irruption. Ca se draine. Je ne dis rien, j’attends que ça vienne. Elle arrive toujours ainsi, l’inspiration. J’ai longtemps cherché mon sujet, alors je me dispersais. Nouvelles, chroniques, blogs, petits carnets, morceaux de papiers qui finissent par me ressembler mais n’offrent qu’un puzzle sans image.

J’ai toujours estimé que les idées de la nuit devaient survivre au petit jour. Le matin est un barrage à la création, et je me suis souvent entendue dire que finalement, « c’est une mauvaise idée ». Si le sujet revient souvent, je peux estimer qu’il vaut la peine d’être traité.

Il y a cette petite fille assise en face moi, le visage baissé, qui s’agrippe à sa petite jupe et frotte ses collants en laine. Une femme parle fort pour souligner le fait que « t’es une bonne à rien, je vais t’apprendre la vie moi. »

Dans le wagon, personne ne sait vraiment à qui s’adressent ses paroles. Elles violent le silence et agressent tous ceux qui se sentent concernés. Etre bon à rien, c’est valable pour tout le monde.
La petite fille me fixe, et je lis dans son regard, la complainte de la honte. Je saisis qu’il s’agit de sa mère, je saisis qu’elle pourrait la poignarder, je saisis qu’à 27 ans, j’ai gardé le même regard.

Je voudrais pouvoir poser ma main sur ses petits genoux, articulations qui soutiennent des pieds qui ne touchent pas encore le sol. J’aimerais lui susurrer à l’oreille que ça va passer « Tout ira mieux, tu verras ». Je ne fais rien comme on ne fait rien lorsque l’on voit pleurer une jeune fille sur un quai de métro. On compatit, mais on ne fait jamais, jamais rien.

L’idée est née. Est-il possible que si l’on m’avait dit cela plus jeune, je serais moins forte aujourd’hui ?


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« La Fraîcheur »

14 novembre 2005

Ma Belle Plante



Je transporte, sur le balcon, le pot de cette grosse plante dont j’avais laissé les trois troncs bien droits il y a quelques mois. Je la retrouve de travers contre le mur, les feuilles jaunies, la terre sèche.
C’est un des derniers efforts que je m’accorde après un ménage de 4 heures.
Je dégage quelques centimètres de terre pour remettre du terreau frais, tout en redressant cette petite flore. Le ciseau aide à la découpe des feuilles mortes. L’eau vient compacter le tout.
Elle est lourde puisque chargée de beaucoup d’images. Elle retrouve sa place en trônant sur le tabouret Starck, émanant de sa verdure, un sentiment de renouveau.

Je la regarde illuminer la pièce comme un couché de soleil embellit une plage. Je l’avais oubliée après mon départ, pas songé à son entretien, jusqu’à oublier son existence même. Et puis, malgré l’absence, ça pousse quand même. Ca résiste.
Leçon de vie d’une plante à une errante. Même sans lui, je survis.


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« Carrelage »

07 novembre 2005

La Méchante Soirée



La veille au soir, je dis que je me sens seule et que c’est si dur de tout gérer. Dans le noir, c’est plus facile de pleurer, mais coller à un autre corps, les spasmes de la respiration haletante ne se dissimulent pas. Au petit matin, il a fallut que je tombe malade pour imaginer tout annuler. La tête dans la cuvette pour devenir plus honnête. Avec moi-même, avec les autres.
Retrouver visage humain, masquer les cernes et la pâleur, finir le montage de « Feet Life », et tenter dans un ultime effort de l’encoder, de le convertir, de le graver pour ne pas y arriver.

La nuit tombe, plus chargée qu’un mulet, Polly à mon secours, pas de taxi, il fait froid et je demande l’aide de ma bonne étoile qui semble m’entendre.
Courir au Kubi, déposer les vinyles, étendre le drap, brancher l’ordinateur, raccorder le vidéo projecteur, remonter, prendre une bière et fumer une cigarette, enfin. Je préviens, l’organisation est old school avec moi.

Baisser la tête sur mon set et la redresser devant la foule qui arrive, qui s’entasse, qui se colle, qui forme une masse bien compacte, qui donne chaud. J’ai mal au ventre, mais je fais mine que non.
Dans la salle du bas, les Pirates se frottent aux Fems. Les baisers ne font pas de bruits autour des torses nus. Il fait sombre, l’envie monte, ça dérape, c’est toujours ainsi.

Au dessus, je ne vois pas tous les visages, mais je constate du peuple sur le trottoir. Il y a deux hétérottes sexys qui draguent Sab La Trash. A côté, ça parle position levrette en sirotant un kir violette. Sur ma gauche, on m’appelle pour la technique. En face, ça se bécotte encore. C’est une soirée où les genres se confondent, où l’on prononce mon nom avec l’accent anglais pour me dire merci, où les djettes ne se la racontent pas, où le rock se marie avec l’électro, où la guitare électrique d'un live se frotte aux clients.
C’est une soirée où j’oublie d’être malade, où j’oublie d’être seule.

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“FashionTurix”

03 novembre 2005

Déménagement, le vrai.

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Elle me montre le modèle du véhicule sur l’affiche, alors je m’esclaffe « Ah oui quand même ! ». Contrat signé, on monte dans l’engin. J’ai fière allure avec ma chemise à carreaux, mise pour l’occasion, et mon coude hors de la vitre. Une gouine au volant d’une camionnette de déménagement reste de nos jours, un doux euphémisme. Je ne fais pas la fière malgré mes 7 ans de permis puisque je n’ai pas touché un volant depuis 1 an.

La nuit, la pluie, le froid et 5 étages à monter sans ascenseur pour un équivalent de 50 ans de paperasses conservées, le tout acquis en seulement 23 ans de vie. C’est le grand défi de Lulu.

On a beau faire la chaine humaine, un par étage, le poids des choses pèsent drôlement plus lourds après avoir l’impression de monter 17 étages d’affilés. On n’imagine pas qu’une pile de magazines, qu’on ne veut pas mettre aux ordures, peut se révéler assassine.

J’adore les sports extrêmes.

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« FashionTurix »

31 octobre 2005

Déménagement

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L’aventure continue ici même. Un décor plus clair pour y loger les idées. Il me l’avait bien dit, le Docteur en Energies, que je devais me vider pour me remplir à nouveau. Sur le coup, je me demandais d’où il pouvait bien savoir tout ça, combien de livres sur les sciences parallèles il avait du ingurgiter et surtout, comment il en est venu un jour à se dire « Tiens, je vais soulager les énergies des gens. »

Peu importe, je l’écoute, de sa douce voix, décrypter mes symptômes impalpables. Je l’écoute me dire que j’ai choisi ma famille pour travailler l’amour de la vie. Je devais drôlement m’ennuyer dans les vies antérieures pour avoir eut la réflexion de sélectionner l’alcoolisme et l’abandon en modèle parental.

Il faudra faire avec. Ce n’est pas le fatalisme qui parle mais le réalisme. Je ne me sens pas soulagée pour autant, juste un peu plus éclairée. D’où ce besoin de changement.

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« Affiches -Moi »