30 janvier 2006

Envoyez Vos Dons

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Besoin de fric et avoir l’indécence de prétendre que je ne situe pas le bonheur au montant de mon salaire. J’avale le nem aux crevettes pour étouffer la certitude que je ne monnaye pas mon bonheur. Je persiste à coup de Riesling, que mes ambitions sont bien moins terre à terre qu’une working girl en mal de pouvoir, mais qu’ils n’en sont pas moins honorable.

Je ne fais pas les choses pour qu’on me paye, je ne cours pas après le biffeton, je ne sais pas me vendre, ni demander, et encore moins supplier. Je m’invite à offrir, un sourire pour seul salaire.

Mais aujourd’hui ma liberté nord américaine à un prix, elle me coûte deux mille cent euros. Mécènes et autres adorateurs bien pensants, ma banque vous attend.


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« Autoportrait-Délie De Sale Gueule »
Janvier 2006 »

27 janvier 2006

Trou De Mémoire

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Je rentre d'un dîner. Il fait -5 degrés. Je veux tenter le taxi alors je tire vingt euros au distributeur le plus proche, le plus glauque. Je monte dans le taxi que j'attends quinze minutes. Vieux barbu aux cheveux gominés à l’arrière. Radio parasitée de larsen. RTL. Ca parle football, de l’équipe de Colmar qui va jouer contre Monaco. Je voudrais le supplier de mettre Nostalgie ou Rire et Chansons comme dans tous les taxis parisiens.
Il met un temps fou à arriver et prend de faux raccourcis parce qu'il me prend pour une touriste, en roulant fenêtre ouverte. Enculé.

Dix-sept euros. Je voudrais lui trancher la gorges avec ma clé, en guise de règlement.J'ouvre mon portefeuille... Pas d'argent. Moment de solitude, je cherche partout dans mon sac. Je jure avoir retiré de l’argent, je lui dis que je me vois devant le distributeur mais c’est le trou noir. Ais-je pris l’argent ? Pas de tickets, pas l’ombre d’un vieux billet froissé.
Je lui dis de faire demi-tour et d’aller au distributeur à cinq minutes en voiture. Je lui tends le billet et lui dis que je vais finir à pied.
Enculé.

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Copyright D. Juncutt
« Ema & Slide »

19 janvier 2006

A l'Attention de...

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La couette est lourde et glisse souvent sur le côté du lit. Elle la rattrape à bras tendu et l’amène jusqu’à son cou. Je bascule de son flanc droit à son flanc gauche en mordillant tout ce qu’elle m’interdit. Je grogne, elle pousse de petits cris et bouche ses oreilles pour ne pas entendre mon souffle qui fait tendre son dos. La faible lumière dansante de la bougie fait s’animer les imperfections des murs. Ca danse autour de nous, de ce rouge laqué qui me rappelle l’été, la mort des murs immaculés d’un impeccable blanc.

Ses mains se baladent sans permission, je lui dis « Non touche pas Là », elle répond « Là je connais déjà, je connais par cœur. ».
Je soulève le drap pour mieux la regarder retirer sa culotte, je meurs sur place d’assister à ce beau spectacle. Je fonds dans le lit, je suis le matelas, et de toutes ses couches de laines et de latex, je soutiens son corps et le creuse au plus profondément dans mon ventre.

Je fais signe au taxi que l’on a pris connaissance de sa présence. J’avale mon café, froid sur la fin.
Il y a cette phrase de Christine Angot travaillant sur l’approche littéraire d’Hérvé Guibert « Tous les livres sont écrit à l’attention de quelqu’un qui ne nous a pas sauvé la vie… ».

Un départ, une valise, un baiser. Le taxi l’emporte, il m’emportera dans deux jours.
Aujourd'hui je suis vivante. Aujourd'hui je sais que je n’écris pas pour elle.


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Copyright D. Juncutt
« O. »

17 janvier 2006

Merci De Fermer Les Yeux

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Quelques degrés au baromètre, la vapeur sort de nos bouches. Elles portent une fine couche de tissu sur leurs fesses et leurs seins, des blouses blanches et s’amusent en tripotant moult outils chirurgicaux à faire tourner de l’œil.

Six étages nous séparent de la cave à l’appartement. La descente est résolument plus difficile pour les plus chaussées, que la monté, il faut à tout prix éviter de plier les talons hauts, ne pas perdre l’équilibre sur le sol sinueux.

La cave est toute en longueur, des numéros sont tagués sur les portes qui pourraient cacher des cadavres oubliés, je n’en serais pas étonnée.
Des clichés gâchés par les fous rires, aiguiseront nos souvenirs. Il y a celles qui somnolent encore, celles qui supplantent leurs maux d’estomac, celles qui sont euphoriques et puis tristes, celles qui fument et font tourner et finissent sur le canapé, réchauffant la place du chien aux poils ébouriffés, bandé au bas ventre.
Mélie shoote le backstage en noir et blanc avec pour consigne, de ne pas me prendre. Dans le caddy de Sab, des câbles, de la gélatine, du linge et des poupées. Je lui demande le prix, je tombe amoureuse de ces chiffonnades modelées en épouvantails gothiques. Slide et Ema enfilent des masques, elles seront choses perdues, apeurées par une contamination imaginaire.
Il y a Angeline qui a oublié son portable et qui prend Colibri en photo pour le défilé du Queen qu’organise son école, moi, réglant mon flash du coin de l’oeil, pas bien habituée à la voir poser pour une autre.
Je songe très haut que « Smack My Bitch Up » est une chanson qui donne envie de baiser, et tout le monde semble d’accords.
Sur cet sexual song, les filles, couvertes de longs manteaux de fourrures, descendent une dernière fois les marches en bois, faisant raisonner leurs talons dans toute la cage d’escalier.

Le rondouillard voisin coquin du troisième dit en passant :
« -Je peux rouvrir les yeux maintenant ? »


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Copyright D. Juncutt
« FashionTurix 2 »

12 janvier 2006

Mots Clés

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Les statistiques sont des traceurs d’âmes qui viennent se perdre sur les blogs, durant les nuits noires. Comment, avec des recherches sexuellement ciblées, peut-on atterrir sur cet espace, qui, bien que sa propriétaire soit une nymphomane reconnue, ne s’attarde pas à dévoiler les détails humides et amers de sa sexualité.

Voici une liste des mots clés les plus juteux grâce auxquelles, le nombre de mes lecteurs masturbateurs s’accroît quotidiennement. La branlette mène à tout.

-Mon coeur me fait mal a cause de la cigarette
-Blog photo moi en culotte
-Baisé une fille de douze ans
-Jouir dans culottes
-Sab la trash
-Mec petite culotte
-Photo moi sans culotte
-Les très très méchantes filles
-Tati me branle
-Ma femme en collants
-Collants en laine
-Jun embrasse ophé
-Acheter peluche king kong
-la politique française en Guadeloupe
-Je baise ma mère
-J’ai baisé a l'age de 12 ans
-Gouine
-Gorille baise fille
-Fourrer avec ma mère


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« L’objet De Mes Désirs »

08 janvier 2006

Jet Lag

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La tête devant le rideau. Ils sont finis les backstages puisque maintenant c’est nous qui le faisons le spectacle. Katia et moi jouons les directrices artistiques à la perfection, mais je manque de chuter sur une marche ombrée. On ne peut pas tout contrôler.
La prochaine Méchante Soirée sera la plus belle, la plus complète, la plus glamour, la plus aboutie.
Je peux partir en paix.
J’apporte les documents nécessaires à la jeune fille qui semble faire son premier jour, au guichet de la préfecture. De mes doigts gelés, presque crispés, je noircis les cases des éléments de ma vie en bloquant sur la date de naissance de mon père. Je bute, je calcule, je cherche, et je mens. Je ne sais plus, quand il est né ni qui il est.
Dix minutes pour faire un passeport, dix ans de validité.
Ce rideau de tissu blanc pour un manteau de neige blanche.
Aujourd’hui, il fait -11 degrés à Montréal.

Que ceux qui ont vent de mon départ profitent de moi maintenant.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Le Rideau Blanc »

01 janvier 2006

Je Fais Ce Que Je Veux



Bonne Année et bla bla bla…

On pose les résolutions comme on mise sur un chiffre à la roulette. Souvent, la boule tombe à côté. Cette année, pour ne pas perdre, j’ai décidé de ne pas jouer.

Je révolutionne les intentions avec l’ultime idée de créer mes petits projets au lieu de les supplier d’arriver. Pleins poumons, grande inspiration, cette année est l’année du départ. Un gros carnet de voyage aux pages vides attend que d’être noirci. J’ai toujours rêvé de mettre les petites babioles de ma vie dans un coin, les cacher d’un drap blanc, pour que ça ne prenne pas la poussière. Avancer avec les éléments en mode pause.

Jeunes français, avons la chance de n’avoir pour frontières, que celles que l’on se créé. La fainéantise, la peur, l’argent, le temps. Aucun soldat ne nous attend, derrière la barrière, fusil en joue. Il n’y a donc aucune raison valable pour ne pas voir ailleurs.

Ce pourrait être le plus beau projet de ma vie. Le projet de la vivre.


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Copyright D. Juncutt
« Au Pulp – Avril 2005 »