28 juin 2006

Ouais Je Pars Connasse, Et Alors ?

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Epuisée, des cartons à faire, des affaires à ranger, des affaires qui ne sont pas à moi, pas mon passé. De la poussière sur les mains, les bras, celle qui encrasse le jean’s et se glisse sous les ongles. Une feuille de Zurban de l’été dernier entre chaque assiette, alors il faut maintenant protéger les verres, asphyxier les peluches enfantines entre des disques et des vieux films vidéo.

Alors, je me souviens avoir scandé des slogans affreux, je me souviens me foutre de tout le monde, ce monde étalé en rang d’oignons, bien loin de ma première gaypride d’il y a dix ans. Me foutre de la connerie, des dires, des regards, de la fourberie. Traîner les guiboles jusqu’à épuisement, pour gommer de mes semelles, le trajet, là où on ne marche jamais.

Un regroupement lesbien rue des Ecouffe où l’on étouffe. Un attroupement de gay devant les restaurants de falafels. Des coups de membres en sueur sur mes bras nus, dans un Pulp surchargé de filles qui vaut tous les samedis les plus cuisants, les plus barbants pour un tarif élevé et une musique qui occasionne l’acouphène.
Le plus drôle, faire une cuire une marmite de pâtes pour 8 filles affamées, endolories : Polly, Fixmer, Skizzo, Ophé, Isa, Elixie, Sophie et moi.

Courbaturée, c’est un lundi. Je file rue de l’Arbre à Sec, le type de la boutique Street Machine parle nouveau parquet pour le prochain magasin. Il va me chercher les Ethnies, je lui demande si elles vont se faire facilement, je fais quelques pas, du miroir au banc tagué, de la caisse à chez Artoyz.
Envie de tout acheter, tout voler, saccager, embarquer. La vendeuse me fait un clin d’œil parce que moi aussi j’ai remarqué que les clients de devant étaient vraiment emmerdants. Je veux agrandir ma famille In Crowd mais j’adopte Gloomy et Queezer.
Dans la valise, il y aura autant de place pour my toyz family qu’il n’y en aura pas pour la vraie. C’est peut-être ça la définition d’un départ, fuir les terribles constats d’une réalité maussade.

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« Gabriel is Gay »

24 juin 2006

La Parade

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Je verse la vodka rapportée d’Islande dans la bouteille en plastique puis ajoute le jus d’orange frais. Je visse le bouchon, secoue le tout. Je ne trouve pas place, le congélateur déborde de glace alors la glisse entre la salade en sachet dégueulace et les yaourts au soja.
La jupe ne lui convient pas, j’attrape la paire de ciseau et entame la découpe. Le contact de la lame sur le jean’s m’irrite. Je lui dis de mettre des grandes chaussettes roses. Du rose, du rose, du rose. En veux tu en voilà.
Partir à l’heure précise, surveiller l’horloge, attendre Isa et partir préparer la marche chez les Barbieturix, se conformer au dress code, accessoiriser les corps et s’engager dans une marche emplie de démarches. Pas peur de se ridiculiser pour conserver le droit de s’enculer.

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« LGBT 2005 »

19 juin 2006

Bubble Gum Shup

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Je cours vers le tuyau le plus conséquent que je puisse trouver, je l’enlace à en salir mon maillot, à en rayer mon badge « fuck the dog », je pose ma joue dessus, il est blanc crasseux, tagué et stické. Il est un bout du centre Pompidou, un bout de Beaubourg, un morceau de Paris. Je glisse une petite phrase du genre « Je ne t’oublierai pas putain d’acier… ».

Et je retourne vers les filles qui continuent leur marche tranquille devant l’immense pot de fleur moche, mes deux pieds en accord parfait avec les pavés de la Capitale. L’air est chaud, plus agréable que la climatisation forcée du Spaghetti Bar J’ai volé trois fioles de shup bubble gum-vodka, dans l’espoir de les réutiliser vendredi avant d’aller voir Cramé au Pulp, un apéro jouissif poussif avant une dernière gaypride ballonée, rose, en sueur, en transe, à finir huileuse et ignoble sur pellicule. J'ai pissé dans les toilettes qui m'évoque un gout de poudreuse, je me suis éclaboussée d’eau à cause du jet trop puissant, j’ai goûté le wok-poulet, fini par quelques fraises, puis trinqué à la nouvelle vie d’Isa et enfin écouté les mots d’amour de Colibri. Ses cuisses sont humides, je voudrais la violer sur le sofa instable, goûter sa peau, repercer moi-même ses tétons de mes canines.
Affalée à l’arrière de la voiture, je sens les nids de poules remonter la carrosserie, je dis « A droite », « A gauche ». On y est. J’embrasse notre chauffeur, lui demande de regarder cette carte postale aux allures anodines dès qu’elle se sentira mal. Lui promet que tout ira mieux, que tout va déjà mieux.

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« Balance ton cul »

15 juin 2006

Hair Cut

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Ses doigts fouillent mes cheveux humides, je parle à son reflet dans le miroir, lui rappelle comment ils se plaçaient avant le massacre Toni&Guy, « Des trous dans la tête je te dis ! ». Alors elle commence à récupérer le carnage, je m’abandonne à ses mains. Je m’accroche à mon livre que je n’ai pas encore commencé. Posé sur les genoux dans le cas où il aurait fallu subir un temps stérile. Le « Moins Que Zéro » d’Ellis. Fallait bien que j’en lise un, que je commence par y poser les yeux depuis le temps. Pas peu fière d'être la dernière au monde. J’ai pris le moins gros, le moins connu, peu gourmande que je suis.
Des clientes entrent dans le salon où la porte est restée ouverte. L’une parle fort et semble connaître tout le monde. Je la dévisage dans la glace, assiste à son évolution dans la pièce. Elle jette son sac dans les bras d’une stagiaire, fait trembler sa glotte en gloussant, se la joue dindon luxueux, se vautre dans le fauteuil et réclame le massage à quinze euros, comme d’habitude. Son amie lui fait signe de la main et quitte le salon, les épaules légères d’avoir laissé une compagnie bien épuisante.
Quelques mèches mortes se sont échouées sur ma main, je souffle dessus, elles s’envolent. Mon cou pique, le haut du dos gratte, je règle la petite affaire, retourne dans la rue, constate que les clients bcbg du Delaville ont laissé place aux touristes et m’engouffre dans la suffocante station de métro.

Il y a ce type en face de moi qui ressemble à un autre type. Celui-là même qui organisait il y a quelques heures, un pot pour fêter son mariage futur. Deux semaines à attendre avant de se mettre la bague au doigt, l’anneau, le cercle, le lien, la menotte.
Il sert son champagne avec parcimonie dans des gobelets en plastique, au centre de toute la pièce, allègre, le front et la lèvre supérieure suintant. L’assemblée porte un toast à cet évènement dans un grand râle de générosité compatissante, gobe un peu de liquide, s’en suit un long silence assassin.
Je me gratte la tête que je tourne vers une autre familière pour murmurer qu’une cigarette ne serait pas de trop. Etablissement non fumeur. Je me penche à la fenêtre, et je ne peux m’empêcher comme à chaque fois, d’imaginer mon corps ensanglanté gisant sur le sol avec toujours cette même psychotique réflexion intérieure « Ah oui là tu pourrais. »

En fait, je l’aime bien ce type. Lui qui m’a toujours été agréable. Pas très beau gosse, mais agréable dans son genre. Le genre qui a fait une grande école, qui a suivi papa fortuné au Maroc et qui a fini par retourner en France supporter dix ans de buildings orléanais pour enfin trouver donzelle à son gland et se terrer dans un pavillon fleuri. Il conserve un regard optimiste et pétillant bien que sa vison du bonheur me soit totalement étrangère.
Je regarde une dernière fois par la fenêtre, les coudes endoloris par l’encolure limée, respire profondément et songe, saoulée par le verre de trop que « En fait, ça doit faire super mal, je vais plutôt aller chez le coiffeur… »

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« Ce Qu'Est l'Amour »

12 juin 2006

Molodoï moi

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Il y aurait bien trop de choses à raconter et le blog amoindri le ressenti. Elle a déjà tout conté ici. Je me soigne à coup de rires, de sueur, de tribal, et de fumigènes. Les loges n’étaient pas assez grande pour contenir autant d’euphorie, alors il a fallut fermer les yeux l’espace d’un instant pour s’imaginer en une contrée où le temps n’aurait pas d’effet, les rouvrir et porter nos bagages aussi lourds que le poids du départ.
C’était ainsi, il n’y a pas d’étendue interminable du bonheur, sans quoi sa succulence en pâtirait.


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« Quand Youss Danse. »

10 juin 2006

La Strasbourgeoise

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Ce week end, c'est dans l'Est de la France que mon corps habimé se trainera. Lecteurs assidus ou acidulés venez nous voir, Polly.P & moi dans un set electro house.
See U

08 juin 2006

Un Pas Après l'Autre

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File d’attente, mon bandage se barre. Je me penche pour le remettre, pendant que des docteurs sortent avec un patient, se serrent la pince et repartent avec un nouveau. Un anglais parle fort dans son mobile ultra perfectionné, une chinoise sympathise avec une enfant black et quelques gays défilent devant moi pour se diriger vers le cabinet A 18, dépistage des MST. Je patiente longtemps, rien à lire, rien à regarder, rien à penser. Mon tour arrive, j’explique mon cas, que je me suis fais agressée par une porte de hammam, il rigole, je détends mon atmosphère, je n’aime pas le milieu hospitalier. Il renifle, il a l’air d’un doux dingue qui a faim, il prépare l’injection, je retire mon gilet, il pique, je ne sens rien, il dit que je suis tranquille dix ans et que je dois m’attendre à une grosse fièvre.
Je paye au comptoir, mon carnet de santé à la main, où sont rapportés toutes mes blessures, coupures, démembrements, vaccinations, défaillances ophtalmologiques depuis ma naissance. Le carnet de route de mon corps, ce vicelard.

Chaleur ardente que j’attendais depuis longtemps, en Havaianas, je traîne la patte, les passants ne s’écartent pas, je me cogne à eux, rien à foutre. Je m’engouffre dans le RER, je constate qu’il est plus souple et rapide mais plus crade que le métro. A l’extérieur de la station, le bandeau me brûle la plaie, ça remonte, je douille. Deux jeunes à casquettes et maillots de foot me regardent et marmonnent. Je redresse mes lunettes de soleil et fronce les sourcils histoire de bien leur montrer que je ne rigole pas. Ca bronche du côté de la jeunesse, je me retourne, lève la main comme un pied-noir prêt à s’exprimer et lâche un léger « Va te faire enculer, il t’arrive quoi là ? ». Le plus joufflus écarquille les yeux, et je dénote un blocage certain chez cet adolescent boutonneux peu téméraire. Il ne vallait pas mieux insister, je me voyais déjà en balancer un par dessus le périphérique.

Emplettes pharmaceutiques, je rentre et m’envoie trois grands verres d’eau dans le gosier.

Photo:
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"Saut"

06 juin 2006

Vis Ton Infection

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Hammam, vapeur, tachycardie, savon noir, chaleur, suffocation, bain d’eau de mer, peignoir, sortir, la porte, râper, le talon. Haut de cœur, sang, compresses, boiter, rien ne semble grave.

Puis, doctoresse, « Ah oui quand même ! », tension à 14, pied gonflé, vaccin, compresse, bandage, tulle gras.

Et de quatre… cicatrices sur la jambe droite, une fois de plus à proximité d’une piscine. Que le Dieu de la Betadine me protège et veille à ce que croûte se fasse en ce jour damné du 6.6.6

Chapelet sous l’oreiller. Besoin de réconfort, et besoin de savoir comment on fait pour insérer une image d'entête sans que ça bugue sur Sarafi.
Envoyez vos messages à juncutt@hotmail.com

Un grand et gros merci à Vinh's pour le magnifique slide show de photo de La Méchante Soirée à voir ici !!

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Scarification Involontaire »

02 juin 2006

The Party Never Ends

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J’arrive avec ma liste, griffonnée sur un post-it corné. J’énumère ma liste, il grimace un peu comme s’il venait de se bruler pour acquiescer qu’il n’est pas sur d’en avoir. Polly coince son fly case dans le coin, pendant qu’il nous sélectionne des vinyles, qu’on pose dans le casier. Face A, face B, j’avance, j’écoute, je mets plus fort, je prends, je ne prends pas.

Elle fait de même, la boutique ne va pas tarder à fermer, Daphonics en autocollant un peu partout, des affiches Kill The Dj, des flyers en grand nombre.

La caisse, la carte banquaire, les tic-tic tic-tic, le code, le ticket. Les disques peinent à rentrer dans le sac plastique marron, on part, on allume vite une cigarette. Je tire la chariote prête à éclater, lève le bras, taxi, maison, galettes posées, changement de cellules.
Champagne, carottes, concombres, poulet.

La sélection pour la Méchante Soirée de ce soir est prête.
Polly mixera de 0h30 à 3h00 (entrecoupé de shows)
Je mixerai de 3h00 à 4h00.
Rag mixera de 4h00 à 5h30.

C’est la dernière.