22 août 2006

America Runs On Dunkin'

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C’est comme cette chanson de The Raveonettes, vous savez, The Heavens. A perfect tune, une balade mélodieuse qui s’associe au décor de la route 91 south, la route vers Boston. Des arbres, des stations services, un river jonction, avec cinq filles francophones en route vers l’appartement de quatre anglophones.

Il faudrait parler des douaniers qui se prennent pour des cow boys, prêts à dégainer en voyant trois blacks débarquer dans leur office. Parler du pays de la liberté, de la liberté d’interdire. Du jeune vendeur de t-shirts « I Love Boston » qui gagne 7 dollars de l’heure et me demande une cigarette parce qu’il pense que la touriste a du fric. Il faudrait parler des kilomètres de rues façonnées pour le shopping, du Macy’s au goût de nos Galeries Lafayette, des infectes Dunkin’Donuts, du parc aux innombrables joggeurs, de l’architecture londonienne aux briques rouges, et des flags américains flottants sur la majorités des demeures. Fiers de quoi ? Leur héroisme s'est arrêté le 6 juin 1944 sur une plage normande.

Mais je ne retiendrais que Cambridge. Le parvis d’Harvard, la plage aux joueurs de fers à cheval, de mon doigt écrasé par une porte, miraculeusement indemne, du barbecue sur le trottoir de la maison garçonnière, de Brian, des chaussettes de Damien, du tacatacata de Miss P.

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All pics
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18 août 2006

Beer And Chips

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La cuisinière parle chewing gum alors je sors mon latin pour communiquer, pas envie de transiger. Je porte les lourds plateaux de verres propres, la vapeur me brûle les mains et mes pieds sont dans l’eau. C’est le lave vaisselle qu’il me dit le jeune, alors je remonte mon pantalon et j’essaye de ne pas penser que je pourrais m’électrocuter.

Manu, mon danseur contemporain, me fait à dîner. Il est précautionneux et attentionné. Il porte une toque « Belle Gueule » parce que « si t’achetait un pichet de bière, on t’offrait quatre casquettes. » Il y a comme ça, des feelings incompréhensibles entre deux êtres. A défaut de le voir cuisiner, j’aimerai le voir danser.

Sur le cellular, je ne comprends rien à l’accent américain, le type marmonne que je peux passer six heures par jour à tester des jeux vidéos pour huit dollars de l’heure.
Les bras tendus sur la barre en bois noir de l’escalier, je réalise mon statut d’immigrée en constatant la bassesse de mes jobs alimentaires, tout en m’offrant le luxe de refuser celui-ci.

La Fresh, le regard brillant nous remercie, le cul posé sur la ferraille de la fenêtre du Laïka. Effectivement on ne se connaissait que très peu, mais se retrouver loin de chez nous c’est se rapprocher de ce qui nous lie. « Un Paris Carte Postale ».

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« La Fresh »

08 août 2006

Wall Pink

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Je retire la peinture rose comme du temps où je jouais avec la colle que je laissais sécher dans ma paume. Le marron des murs de la chambre laisse place à des murs couleurs coquille d’œuf et rose. Elle a acheté une peau de bête pour mettre près du lit pour rendre les nuits d’hiver sensuelle.

Dans le jardin, les bougies fondent à une allure folle, et leurs cires s’étalent sur la table en bois autour de laquelle onze amis piochent dans les plats de saucisses, pommes de terres rondelles, aubergines en tranches, chayottes mexicaine, champignons brûlés. Dans les verres, du vin, de la bière, et de la tequila que La Fraîcheur m’a rapporté de France, avec une cartouche de Winston. Je dis que de toute façon, cet hiver, j’arrête de fumer. Je sais que je m’y tiendrai. Je le sais d’autant plus que la loi contre le tabagisme dans les lieux publics est appliquée à la lettre et qu’il me faudrait autant de temps pour m’habiller, éviter de glisser sur les plaques de verglas, retirer mes moufles que la durée de consommation de cette cigarette tant désirée.

A Magog, les maisons sont spacieuses et certains chemins mènent au bord du lac de cinquante kilomètres de circonférence.
Le labrador, secoué à l’arrière de la Subaru, se redresse parce qu’il sait qu’il arrive au paradis. Il galope aussi vite qu’il le peut pour arriver le premier à l’eau. Le ponton en bois et les petits chalets qui ne font qu’un, datent d’une centaines d’années et la dame au chapeau dit que de toute façon, c’est amené à tomber en ruine et que rien n’y fera.

Le soir, les mères fument du H avec leurs enfants et nous racontent comment elles déliraient à l’époque du LSD. Au petit matin, elles nous conseillent de visiter Provincetown, petit port portugais envahi par le théâtre, ses frasques et sa culture gay.
Je me laisse bercer par l’amoncellement de végétation, engoncée dans un profond fauteuil avec vu sur l’eau et sa montagne. Une verdure transcendante qui ne fait pas peur. Je me dis que je pourrais y passer le reste de ma vie.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Menaic dans le lac »

04 août 2006

Tous les Acadiens...

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Dans mes poches, les billets ont pour portrait la reine d’Angleterre. Je saurais pourquoi lors de la visite du musé de l’Acadie. La guerre entre la France et l’Angleterre, des chicaneries pour conserver des terres causant une déportation massive d’Acadiens francophones afin d’imposer ses pensées, sa langue, son royalisme. À tout prix récupérer des terres qu’on croit siennes.

Plus que d’actualité dans un Liban déchiré. Des causes à effets qui en on fait saigner ailleurs, en tout temps, pour toute occasion, du nazisme aux religions.

J’essaye de savoir si Paris me manque. Alitée, l’œil guettant les éclairs, je m’imagine là-bas. Que ferais-je à cet instant ? Serais-je triste ? Est ce que partir c’est fuir ses démons ?
Je me lève lorsque vous déjeunez, je sors lorsque vous dormez. Des habitudes qui demeurent.

J’achète un vélo, je roule, je veux remonter la selle et puis la baisser. Dix ans au moins que je ne suis pas montée sur un deux roues sans moteur. J’ai mal au cul, les muscles sont tendus. Je prends les rues à contre-sens, j’accroche l’engin où je veux. Le
quartier portugais est une mine d’or où l’on peut trouver tout et n’importe quoi jusqu’à l’inattendu.

Le Piknic Electronique me fait penser aux Pelouses Electroniques. Lorsque j’arrive, la nuit tombe puisqu’un zeste de soleil illumine la structure métallique sous laquelle tout le monde danse torse nu. Les corps sont athlétiques et les looks étudiés. Ils s’excusent de vous bousculer, ils sourient beaucoup et ne vous crachent pas leur fumé à la figure, ils donnent malgré ma légendaire méfiance.

Je voudrais dormir autant que mon corps le peut. Je ressens la fatigue d’une fin de repas de fête, une goinfrerie de nouveauté, un gavage auditif, odorant et coloré.


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Cascade

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Vu sur l'ile de Montréal

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Piknic Electronique