25 septembre 2006

Cancer-21 juin/22 juil

LaDameAuChapeau400

Pendant plusieurs années, j’ai habité à 20 km du sommet du mont Tamalpais, le pic le plus élevé des environs de la baie de San Francisco. Chaque jour, je l’admirais de loin par ma fenêtre ou alors que je me promenais à vélo dans les collines, m’émerveillant de le voir sans cesse métamorphosé par sa relation changeante avec le ciel. C’était une balise à la fois lointaine et familière, une pierre de touche qui suscitait en moi un aspect mêlé d’admiration et à laquelle je pouvais comparer mes propres rythmes ondulants.
Maintenant que j’ai emménagé dans une nouvelle maison juste au pied de cette montagne, j’ai l’impression d’en faire partie, d’être enchâssé dans son aura protectrice et majestueuse. Ce n’est plus désormais un indicateur objectif, mais plutôt une teinte et une texture intimes de mon expérience subjective de moi-même. Je prédis que vous passerez bientôt par une transition semblable, Cancer, passant de « là-bas » à simplement « là », de dehors à dedans, d’une force absorbée à distance à une puissance éprouvée de près.


Lu dans « ICI ». Horoscope de Rob Brezsny.
Un délice n’est-il pas ?

Photo :
Copyright D. Juncutt
« La Dame Du Lac »

24 septembre 2006

Après C'est Fini Les Fonds De Couleur

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L’avantage d’avoir une coloc’ qui ramène ses potes bourrés à la maison à quatre heures du matin, c’est que l’on peut récupérer du bon son sur la table du salon, pendant qu’ils cuvent au petit matin. C’est ainsi que l’iTunes se gave de Ratatat, TV on the radio, Feist Open Season, Gonzales, Koze, Tiefschwarz…
Alors j’encode les compacts disques en sirotant le café soluble, puisque impossible de bien faire fonctionner la machine à expresso, et je juge des musiques que j’aurai été incapable de composer. Je suis de toute puissance puisque seule.

Je retrouve dans mon sac, le flyer d’un show burlesque queer à la Sala Rossa parce que Mel aurait voulu que je prenne quelques photos alors je me souviens l’avoir glissé là, sans trop savoir si je voulais vraiment y aller, sans trop savoir si je voulais vraiment revivre les mêmes expériences noctambules.
Claire me présente ses amies, et je ne peux m’empêcher de trouver toutes sortes de ressemblance avec les gouines de Paris. A contrario, les canadiennes prennent ici un certain plaisir à prendre soin de leurs apparences. Tout est étudié, de la petite chaîne sur le côté, ni trop grosse, ni trop longue, du débardeur qui laisse deviner un tatouage, vieux tribal ou new shcool, de la mèche de cheveux bien positionnée, de la façon de tenir la bière et de ce regard en coin genre « T’es nouvelle toi. » ,qui pourrait me ranger dans deux catégories bien distinctes, une cible potentielle ou un danger imminent.
Je ne me sens ni à l’aise, ni totalement déphasée. J’y reconnais une ambiance familière dans laquelle j’avoue trouver toutes ces filles d’une grande beauté, parce que plus affirmées qu’ailleurs et bien plus ouvertes à tous les styles de lesbianismes. Il n’y a pas de sectarisme entre elles comme on peut le retrouver en France, pays des classes sociales.

Pour finir, MiaMaze, rencontrée à la soirée hard rock de la convention de tatouage de Montréal. Elle a de l’allure sur son vélo, avec ses bottines et son manteau de fausse fourrure. Alors maintenant que je la vois de plus près, je regrette bien fort de ne pas avoir assisté à sa performance de bondage. Cette Suicide Girl Australienne est venue ici par amour, c’est souvent la cause des exils. Je comprends toute la conversation et j’ose même aligner quelques phrases en anglais, qui à mon grand étonnement traduisent mes pensées. De grands progrets qui ne m’empêchent pas encore d'entendre « Ma Burne » alors qu’elle dit « Melbourne »

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Cowgirl Claire au Metro Lounge»

17 septembre 2006

Le Temps Detruit Tout

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Culs posés sur le plaid, posé lui-même sur l’humide pelouse. Les habitants virent à coup de sacs où de jambes tendues, les écureuils trop curieux tandis que je les regarde bondir aussi librement qu’un félin s’élance dans la savane.

Chacun profite, à sa façon, du temps qu’il reste, du temps avant le froid, avant la neige. La couleur des feuilles vire au jaune, au rouge sang. Un embrasement naturel.
Des types, probablement gays, sont allongés et exposent leurs slips « moule burnes » alors que les filles osent à peine se dévêtir. Laissant mon épilation à désirer ces derniers temps, j’ai chaud dans le pantalon.

Je lui parle d’avant. J’explique comment on peut être libre et sembler heureuse alors qu’on couvre un profond désarroi.
Oui, tu te souviens de ces instants de célibat où la moindre épave peut finir dans ton lit, pour des baises acides, des rendez-vous foireux, du cybersex dépravé. Souviens toi des matins de beuveries où l’on rentre seule et sale, et qu’on aurait aimé pleurer le quota d’une vie de malheurs sous prétexte que la seule raison qui nous vaut de continuer à exister, c’est notre soif de reconnaissance affective.
Et je sais même que lorsque tu baisses ta garde pour une peau douce, je sais même que tu tomberas de bien haut le jour où ça se finira, parce que chaque jour, si délicieux soit-il, est un jour de plus vers la fin. Tu crois te connaître jusqu’au moment où le goût de ta cervelle parfume ton palais d’avoir survécu au crash d’une rupture faisant s’effondrer tout ce que tu imaginais de ta vie. Il est un constat douloureux que de s'imaginer tout recommencer.


J’aurais pu lui dire tout ça aussi clairement que je me l’écris, mais je métaphorise sur « Le temps détruit tout », sur ce plan fixe du bonheur, Monica Bellucci allongée dans l’herbe. Je finalise par une phrase simple non dénuée de sens: « C'est une bonne chose de ne pas connaître l'avenir.»


Photo :
Copyright. D. Juncutt
« Le monde rose d’Ophelie »

11 septembre 2006

Derrière Le Zinc

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J’ai enfilé pour la première fois en ce début septembre, ma veste demi-saison. Dans ma poche, est abandonnée une pièce de cinquante centimes d’euros. Je joue avec elle, constate son épaisseur, puis la sépare des dollars.

Le froid s’installe déjà, le vent soulève mon écharpe et accélère la consumation de la cigarette, les terrasses disparaissent et les vélos se font plus discrets.

Moi, dans mon bar, au milieu de la pièce, je vois la consommation de café augmenter. Tous les jours on me dit bonjour, on me tape sur le dos, on s’amuse avec moi comme si j’avais toujours été là, comme s’il y avait bien longtemps qu’on pouvait compter sur moi, au milieu des meubles, au milieu des humeurs.

Quatre-vingt pourcent des serveurs sont étudiants. Cinquante pour cents de ces étudiants sont artistes. Ici, les plongeurs enregistrent des albums électroniques et font chanter la cuisinière qui elle-même organise des shows burlesques. Les serveurs ont des groupes de rock ou de drum, les aides cuistots sont danseurs contemporains et le patron tourne des films de gangsters.

Les classes sociales explosent et personne ne trouvera à contester votre travail cache misère, puisque la conscience collective veut et sait que sous chaque employé, se dissimile une force créatrice de la ville et qu’elle finira tôt où tard par éclore dans un des nombreux gratuits à la page culture.

Miss P a dit que la distance permettait de faire un tri dans son cercle d’ami. Je m’attache à ce que je savais des amis alors que beaucoup se détachent de ce qu’ils ne savent plus de moi. Je sais que je reviendrais à Paris renforcée d’une incroyable expérience de vie, qui, par sa puissance, piétinera naturellement bon nombre d’amitiés mais en accroîtra bien d’autres.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Sunday »

01 septembre 2006

Départ, Set et bébé

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Garpard

Alors le ciel était rouge. En fait pas globalement. Comme des bandes de nuages rouges passés en accéléré qui défilaient. Moi assise à la place du mort dans une Austin Mini, je regarde mon avant-bras gonflé, au lettrage inhabituellement cerclé de rouge. J’opine du chef parce que je sais bien que c’est la fin du monde, et que tout le monde lève la tête sans savoir ce qu’il se passe. Les cons.

Fucking dream. La réalité de mon incroyable piqûre insectivore est bien présente. Peu importe. Mon fly case est prêt.
Premier étage me dit Mary Hell au téléphone -25 cents la minute, magnes-toi) tu verras une grande affiche Choq fm. Je dédie mon set au départ de Miss P, qui a défaut d’avoir laissé des tonnes de bouteilles vides derrière elle, ne comblera pas ce vide interstellaire. Juste un néant en attendant janvier.

Et puis, je doute un instant de pouvoir assister au set de La Cardini au Parking à moins que quelques litrons de bière ne m’en convainquent.

Photos :
Copyright D. Juncutt

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Fête de départ de Miss P. Notre jardin.

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Mimi enlace Miss P.

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No Pics

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Aaron