30 octobre 2006

Getting Ready For Winter

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Consommation non abusive.

-Trois mp3 sur kompakt, dont un Roman Fluegel offrant huit minutes de douce folie minimaliste et solarienne.

-Un N3B25 Schott. À vrai dire mon premier gros et grand manteau avec environ dix centimètres d’épaisseur et sa capuche fourrée pour supporter le vent glacé qui souffle actuellement, giflant les oreilles, donnant la goutte au nez et faisant racler la gorge.

-Pacman et Yoshi pour la Nintendo DS. Mario Bros est bel et bien terminé. Plus de mondes interdits à découvrir avec la presque totalité des pièces d’or de récoltée. Je pense que sa course s’achève ainsi, malgré l’obsession que je porte à ce jeu. Je hais Bambi, mais je reste fidèle à une imagerie enfantine pour tous les games. I’m a Geek in a fucking wonderful land.

-Abonnement à un club de gym. Il est évident que le pouvoir de la motivation engendre souvent une prise de conscience en crescendo. Le moral va mieux, alors le corps se réveille et les activités reprennent. Un effet papillon à échelle personnelle. En visitant la salle de sport, je vois deux types faisant du vélo dont un lisant le journal, pendant que l’autre calait ses mouvements sur la musique techno que diffusait la salle.
Trois autres types soulevaient de la fonte et je me suis dis que c’était ça que je voulais faire. Passer mon temps sur des machines à tortures contemporaines, et vaille que vaille. Il fallait bien que moi aussi je fasse l’erreur de m’inscrire à un club et de finir de payer l’abonnement en trouvant toutes les excuses du monde pour plus y foutre un pied. Pas folle jusqu’à l’extrême, je n’ai pris que six mois.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Ophélie dead lipstick @ Halloween Party »

25 octobre 2006

Set Et Rencontres

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Un type s’assied juste derrière moi, ça me déconcentre parce que j’ai l’impression qu’il épie chacun de mes gestes et dans ces cas là, il se peut que j’enchaîne mal mes disques où que j’en fasse tomber un. Un vieux reste de paranoïa. Il a commandé un verre de vin et un verre d’eau, je le sais car j’ai eu le temps de voir au moment où il tournait la tête. Bon timing.
Il se pointe à côté de moi, me montre l’autocollant en disant qu’il manque un K. Je lui dis qu’il est ici le K de Katapult. Il embraye la discussion alors que je suis en train de caler un disque assez compliqué, le genre de disque qui reste collé au doigt dès qu’on le touche. Finalement j’y parviens en étant assez fière de moi sans que personne ne le sache dans la salle. Petite victoire personnelle.

"Tu sais je connais très bien Laetitia de Katapult. Tu connais Minnus ? Ah t’es Française ? Alors tu connais tout ça forcément. Je peux regarder tes disques ?"
Son ami arrive et lui demande d’arrêter, qu’ils doivent partir.
"Je pars dans deux jours à New York et j’ai demandé à des potes où je pouvais écouter du bon son electro le mardi, alors on m’a conseillé de venir ici." Deuxième victoire personnelle.

Il me tend un des disques. "Hey t’as Poni Hoax, tu savais qu’il était chilien ? Écoute, tu sais quoi ? Tu vas envoyer un mail à M. de Tigersushi de la part de Karim, Karim c’est moi, il va t’envoyer plein de disques."
Je reste stoïque. Je serai assez stupide pour le faire où assez conne pour ne pas le faire.
Il repart en me remerciant alors je lui dis, non c’est moi qui te remercie. Je ne sais pas très bien de quoi mais la politesse est dans mes cordes.

Un peu plus tôt, on s’avale du choux blanc réchauffé au micro onde. Claire me dit que sa nouvelle colocataire est masseuse. Qu’il arrivera un moment où elle ne pourra pas rentrer à l’heure qu’elle veut si elle est avec un client. Avec Yannick, je fume une cigarette dehors, je lui dis que c’est pas possible qu’il neige un 20 octobre, est ce que tu le crois ? Elle me répond que c’est rare, mais ça arrive. Elle me propose de partir un week-end à la campagne. Chalet, feu de bois, arbres morts et neige sur le bas coté. Je serais parti sur le champ si j’avais bu un verre de plus. "Et tu fais quoi à Noël ? On pourrait se faire un road trip aussi." Qu'elle me dit. Chirstmas est un peu loin mais pas tant que ça. Il semble évident qu’arrivé à un certain âge, on ne subit plus ses Noëls.

Une heure du matin, il reste des clients dans le bar lorsque je vois débarquer Pat. Quelques semaines auparavant je l’avais croisée dans un parc avec Tyler. Elle me raconte sa vie, parfois l’œil larmoyant et moi je songe au nombre de fois où je l’avais vu à Paris, dans ma période zombie, où je la trouvais jolie mais versatile, un peu étonnée qu’elle vive une histoire d’amour avec une fille que je n’avais jamais réussi à faire rire. Elle corrige "On ne dit pas masseuse mais massothérapeute. Ici, masseuse, c'est pour les putes".

En nous voyant assises toutes les deux à des milliers de kilomètres de notre chez nous, la scène m’apparaît comme surréaliste. Un peu comme la réapparition d’un personnage mort dans la saison 1 et qui reviendrait avec différentes intentions dans la saison 3.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Damien sur la pelouse d’Harvard »

20 octobre 2006

Montréal Dernière



Dans ce film, du sang, de la torture, de la culture, des effets spéciaux, des chiens volants, des jolies filles, du tabarnak, de l’alcool, de la bonne musique, un travelling incessant, de l’amour, du rire.

C’était cette nuit. Soirée Atopia – Saboteur Records.
Aux platines : Numéro, I am DJ Sylive, Léo Cruz, et moi-même.

16 octobre 2006

King Ken Théorie

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Edit:
Assurément ça va beaucoup mieux quand j'apprends qu'il reste des King Ken VI Pink Color, disponible.

Le monde se porterait bien mieux si nos préoccupations sentaient le vinyle.

Coeur Qui Soupire...

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Rien n’y fait, à ce foutu moral déclinant, en pente douce. Par la fenêtre, le sac plastique fait corps avec l’arbre qui perd sans conteste ses feuilles.
Je me traîne sous la douche, la buée recouvre les vitres, les miroirs, c’est un dimanche où le soleil peine à se montrer. Col roulé, mains plaquées dans les poches, j’achète un paquet de cookies que j’apporte au Musée Juste Pour Rire, pour essayer du moins.
Le type de l’accueil me demande si je suis de la presse et je rétorque que j’apporte juste quelque chose à quelqu’un. Soit, quatrième étages, ascenseur rouge, accréditation suivez la flèche. On se parle sur le canapé, je lui remonte le moral, lui offre le paquet puis me glisse chez Excentris. Je parle à un écran pour demander une place, je cherche la salle Fellini et puis je me glisse dans le fauteuil.

Dans la Science des Rêves, les acteurs ne sont pas maquillés. Emma DeCaunes en prend pour son grade, Miou Miou prend vingt ans et Chabat vingt kilos. Rien ne nuie à la rêverie, je laisse filer quelques larmes parce que je me vois bien aussi faire l’enfant qui râle ce qu’il veut en se secouant dans un lit qu’on veut pas quitter. Je pleure aussi un Paris que je fantasme et sur lequel j’ai tant craché. Rendez-vous métro de la République, j’aimerais y être en dix minutes.
En sortant, la nuit est tombée, dans la vitrine, une vidéo de danseurs nus, les parties en mouvements. Mood à Z, qui passera probablement, qui passera assurément.


Photo :
Crédit flyer Shortbus.
Soirée pour le Festival du Nouveau Cinéma.

11 octobre 2006

My Dog Eats Beats

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La nuit dernière j’ai rêvé de mon premier appartement. Pas vraiment le premier mais celui qui m’a assuré une certaine indépendance. Là où je me retrouvais après des allers-retours incessants vers Paris, celui où j’ai vécu les premières dépressions, les premières baises dans une mezzanine, le début de la drogue du net et des lecteur DVD. Là où j’avais compris qu’avec mon argent, je pouvais m’acheter tout ce dont je rêvais sans autorité aucune.
Et le fait même d’y avoir vécu quelques heures au sein d’un rêve m’a transporté dans une bulle nostalgique tout au long de la journée, augmentant mon inattention. Je me suis coupé le doigt du fuck. Une lame de plusieurs centimètres enfoncée lentement dans un ongle dur. Je me blesse beaucoup trop ici.

Les radios étant bien misérable au Quebec, je charge Nova sur l’iTunes et m’arrête sur un morceau diffusé en nocturne. Une mélodie saccadée de Console jamais entendue auparavant. Et dans un élan de mono maniaquerie, je l’écoute en boucle le My Dog Eats Beats, parce que c’est justement ça, mon mood du moment.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Vlow sur parking »

09 octobre 2006

Crayonnage part.2

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Je ne sors pas ce soir et c’est bien là mon droit, ou plutôt mon choix, et même ma volonté absolue. Ce soir, je suis fainéante, non ce soir je continue à l’être et je ne fais rien pour arranger ce léger problème d’insociabilité. J’aimerais bien me coller quelques tartes, mais je suis trop résistante à la douleur.

Ce n’est pas bien grave puisque j’ai du rencontrer la personne la plus lubrique de Montréal. Là, assise sur le banc à deux centimètres de moi, elle me demande à quelle heure doit commencer le match de football américain. J’ai bien pouffé en voyant débarquer les joueurs des Sun Youngs, trottinant à la chaîne, en armure de combat, crachant dans les protège-dents en chantant en chœur combien ils vont massacrer l’autre équipe. Il fallait que je vois ça. Elle se demande pourquoi il y a autant de mouettes sur le terrain, qu’il faudra qu’elle vérifie si c’est parce qu’il pleuvra demain. Quel âge j’ai à votre avis ? 70 ans c’est gentils, j’ai 86 ans. Le sport c’est important. Vous verrez dans quelques semaines, la montagne derrière nous, elle va être de toute beauté, les arbres seront de toutes les couleurs. Vous venez d’où ? Vous avez beaucoup de noirs chez vous ?

Je n’ai pas regardé le match jusqu’au bout parce que je ne comprenais pas les règles et que finalement le rugby est bien plus sexy.

Aux Puces du Pop Montréal, je me suis arrêtée devant un stand sur lequel étaient dispersés des cartes postales et des posters. J’ai posé les dollars sur la table pour payer mes dessins coup de cœur puis j’ai demandé à Jack Dylan de m’écrire quelque chose sur celui que je préférais. Celui où un type est couché (raide bourré) faisant la promotion de Kill The Lights au Saphir, juste parce que j’y mixe bientôt et que ça me fait plaisir de constater que le lieu est connu. Par pure flatterie.
Alors pour continuer dans la niaiserie et le pop corn, Colibri s’est acheté un beau vélo rose. Un vélo sur lequel on peut rajouter des centaines d’accessoires, faisant d’un objet utile, une œuvre totalement délirante dans la continuité d’une collection de Blythe ou de toys vinyle.

Jack a le poignet agile, mais Jack est aussi très beau.



Dessin :
Copyright Jack Dylan

05 octobre 2006

Bible Vs Flyer

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Je m’assois sur le banc de bois, alors que l’orgue raisonne de toute sa puissance, dans cette Eglise où les spectateurs n’ont rien de catholique. Gonzales s’amuse à faire glisser ses doigts sur les quatre claviers tandis que sa retransmission se fait sur un écran géant nous faisant rater la plupart des effets de lumière.
A la place des Bibles, sont disséminés des flyers promotionnels et c’est ainsi que j’assiste à la reconversion des Eglises en une immense salle de spectacle pour cause de perte de fidèles. Il est évident que la splendeur de la batisse n’a d’égale que la foi que l’on pouvait porter en Dieu à l’époque de sa construction, mais force est de constater que l’on ne cesse de croire, on croit juste différemment.
Rien d’émouvant à ce concert, juste le désir fou de l’imaginer à Notre Dame, à faire le malin en pianotant du Midnight Express, bien que fort en symbolique.

Pour oublier que les feuilles tombent sur les pavés montréalais, et pour me consoler d’avoir songé à mettre des moufles un soir d’octobre, j’ai adopté Rusty et Wiggs.

Dessin :
Copyright James Jarvis
« Mr Vortigern »