26 novembre 2006

SK#089

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Ce matin c’est pain grillé tartiné de fromage Philadelphia, café noir et connexion wifi du voisin qui veut pas charger quelques pages. Comme myspace plante toutes les heures, finalement je ne sens pas trop la différence.
Dandy Noir de Génération Rose m’envoie son interview aux questions décalées comme je les aime.
Hier après midi, à Expozine, j’ai découvert les comics de Dave K, jeunesses alcooliques, filles faciles et adolescence perdue. Ça ressemble à du JT Leroy en bande dessinée, sans le fric, sans le soleil. Et puis ça me rappelle aussi les BD porno que je lisais petite, en cachette, trouvé dans les tiroirs des amis de mes parents. Fallait que je l’achète.

Les décorations de Noël sont sporadiques sur le boulevard Saint Laurent, comme si les électriciens avaient balancé les guirlandes dans les arbres en fermant les yeux.

Bientôt six mois à Montréal. Un bilan va s’imposer. Je ne pense qu’à une chose, partir à Los Angeles, et pourquoi pas dans une Chevrolet verte décapotable, un foulard dans les cheveux et un flingue dans la boîte à gants. J’ai la chance d’être loin et je rêve encore à ailleurs.

En attendant, cette nuit, set à l’Esco Griff et petite virée chez les copines de la Beat Me Up.

Dessin :
Copyright Dave K
« Make Out Party »

22 novembre 2006

SK#088

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Bruno s’approche et me dit « Je comprends pas, l’année dernière il y avait beaucoup plus de filles. Cette année c’est très pédé. » Effectivement, la salle ne compte que deux lesbiennes, dont Charlie, la directrice du festival Image & Nation.
« C’est parce que l’année dernière, elles devaient toutes être célibataires et qu’entre temps elles se sont maquées… Alors elles ne sortent plus. » Que je lui réponds en plaisantant. Il rigole comme un bébé. Il est bon public. Je l’aime bien.

Dantec est en couverture de VOIR. Je lis. Il crache sur la littérature contemporaine et s’enfonce dans un discours politico-religieux comme s’il était le mieux placer pour en parler. Il dit "Je suis un catholique, un catholique du futur." Comment peut-on être avant-gardiste avec des idées vieilles de deux milles ans ? Il me semble l’avoir reconnu dans un parc il y a quelques semaines. J’aurai dû lui mettre une claque dans la gueule. A rajouter dans la liste : What’s wrong with bearded ?

-4 degrés. 16h44, la nuit tombe. King Ken s’ajoute à la collection et ma radio hivernale électronica expérimentale est ouverte. Bonne écoute.

Edit > Jeudi 23, c'est Thanksgiving. Je fais une bonne action. Je mixe pour Action Terroriste Socialement Acceptable. Performance musicale durant laquelle les SDF se restaurent de dinde. Une grande première.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« King Ken’s mine »

18 novembre 2006

SK#087

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Quelle étrange sensation. Sentir de nouveau l’acidité au fond du palais, tracées et perdues dans des chiottes sales, la porte branlante, l’œil alerte.
La femme tigre, moustache imparfaite, se roule à terre et joue la féline. Je rigole, j’aime tout le monde ce soir. Le danseur torse nu sur le bar, la clubbeuse en fauteuil roulant, la jeune fille qui me tend du papier en guise de PQ, le barman qui me réclame son tips, les fumeurs extérieurs.

Mais à trois heures les lumières nous avertissent qu’il faut partir. Jordan Dare me hurle « Nice to meet you lady ! », et me tape dans la main comme si nous étions les meilleurs amis du monde. Nous sommes juste deux djs joufflus soulagés de venir à bout de nos sets respectifs. Quelle incommensurable satisfaction.
Sur le trottoir, on attend. Je tourne en rond, la mâchoire serrée. Il faut rentrer, la nuit n’a pas le droit de s’étendre à Montréal.

Frustration, taxi, lit. Je rêve qu’il neige, que je suis en tongue, et je serre ma tante dans mes bras pour la remercier de m’avoir tant soutenue. Comprends pas.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Tache de Bubble Tea »

12 novembre 2006

SK#086

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Lorsqu'il fait trop froid dehors, on apprend plein de trucs à l'intérieur. Je viens de découvrir les fichiers ".torrent." Où trouver ces fichiers et surtout, concernant mon cas, comment y intégrer les french subtitles. C’est ainsi que s’ouvre à moi un large choix de nouvelles séries tellement attendues, telles que Dexter (David Fischer est encore plus beau), Weeds (Mary Louise Parker mérite son Golden Globe) et la saison 3 de Lost (Noyez Jack...)

Ces séries sont visibles dès le lendemain de leurs diffusions, sur le site de leurs chaînes respectives, comme Showtime ou ABC, mais uniquement sur le continent américain. Fort compréhensible, puisque les programmes ne seraient ainsi plus distribués sur les autres continents, ce qui sous-entend, un manque à gagner non négligeable. Adieu magnétoscope et bandes magnétiques polluantes, ceux qui ne l’ont pas vu le verront sûrement, ceux qui ne le verront toujours pas en entendront parler et c’est ainsi qu’on impose la dépendance, la surconsommation. Et puisqu’il sort une bonne série tous les trois ou quatre ans, il vaut mieux guetter la bête et éviter les pièges. Rien n’égale à mon humble avis, pour le moment, Six Feet Under. Son émotion réaliste, son scénario puissant et ses acteurs atteignant la perfection.

Pour les Roscos que ça n’intéresse pas, il y a probablement, sur une chaîne câblée de mauvaise qualité, une énième rediffusion de Shérif, fais-moi peur.

Photo :
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« Protection Divine »

08 novembre 2006

Ô Champs Elysées



En 1984 j’avais six ans. Décennie pleine de strass et de décadence. Un temps où le sida était appelé le cancer du pédé, un temps où l’apartheid existait encore, un temps où Mickael Jackson avait une certaine crédibilité.

Comme chaque samedi, nous regardions cette grande émission de divertissement, passage obligé des vedettes en devenir : Champs-Elysées. Grandiose et inoubliable générique sur le pouvoir économique de la capitale, qui a peut-être donné envie à beaucoup, comme à moi, d’aller m’y installer, où à défaut, de tournoyer sans cesse autour du rond-point des Champs.

J’étais une petite fille que l’on forçait à s’habiller avec des fuseaux, des pulls qui grattent, des chaussures Caroline et pour accessoiriser le tout, j’étais ornée d’une coupe de cheveux proche du benjamin de la famille Bradford dans la série « Huit ça suffit ». Pendant que mes parents avaient pour mission de me faire arrêter de sucer mon pouce, parce que: comprenez vous, le dentiste, ça coûte bonbon, je m’avachissais sur le canapé, pouce humide en regardant une demoiselle, Montréalaise sans le savoir, qui disait « J’aime ce qu’on m’interdit ».
Le début de ma perversion en somme.

Malgré ces années insouciantes au style vestimentaire en passe de redevenir à la mode, il est force de constater que vieillir, n’est pas toujours une mauvaise chose.

04 novembre 2006

Un Post Bourré de Liens

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Soit, j’ai cinq jours de congés devant moi. Ce n’est pas cinq jours durant lesquels je me demanderai dans quel état je vais retrouver mon poste en revenant. Non, ce sont des jours qui me laissent libre de vaquer à ne rien à faire ou bien au contraire, à sortir, m’éclater, découvrir ce que, à vrai dire, je fais depuis mon arrivée avec une certaine méfiance, une tête hochée comme tout bon français, bien con, bon chien de garde.

Hier soir, traversée périlleuse entre le vent glacial qui paralyse la mâchoire, et des travaux plutôt dangereux pour les passants du Boulevard Saint Laurent. Club Soda. Ticket. Vestiaire. Bière. On entre. Concert de The Rapture, en forme, sourire au bec, ça fait plaisir. Sortis du schéma des groupes de rock qui se croient obligés de tirer la gueule pour se sentir important, pas très content. Il y a pourtant bien longtemps que le rock n’est plus une histoire de contestation.
En première partie, deux jeunes australiens font leurs shows en collant moulant et maillot trop grand floqué Keith Haring. Le tableau de la partouze géante qui trône étrangement dans mon salon parisien et que je passe des heures à contempler. The Presetz font de drôles de bruits avec leurs machines, bougent les mains comme on débuterait la danse des canards, ont les visages cachés grâce à une lumière en contre-champs et me font secouer la tête avec enchantement. C’est la première fois que j’achète un album en sortant d’un concert.

Il y a quelques jours, j’ai redécouvert Dexter de Ricardo Villalobos, enfoui dans ma discothèque. Bien qu’ayant quelques anniversaires à son compteur, je ne m’avance pas trop en disant que c’est l’un des plus beau morceau électro minimal, au même niveau d’émotion que Soopertrack d’Extravelt. Deux incontestables références pour ceux qui aiment danser en ayant l’impression de voir se décrocher leurs cœurs.

Mission: « Ramène-moi King Ken Pink ! » pour Dj Soul Sista, en visite à Paris. À moins qu’entre temps, je ne craque pour Mr Spoons. Ou les deux.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Asphalte »