02 décembre 2007

SK#183



En fait j’ai beaucoup coupé au montage. Et la culpabilité et le mal de ventre. J’aimerais que certains actes soient aussi faciles à effacer que les minutes d’une BAT.
Lorsque je lui dis que je suis déglinguée, que je ne crois plus aux relations amoureuses, il est une furieuse résonance dans son regard. Cet handicap incurable qui conduit chaque acte vers une fin violente assurée. Faire de la merde pour avoir des choses à vivre jusqu’à me mettre en péril. Elle a beau avoir le plus beau prénom du monde, je trouverai à jamais une « velléité » à assouvir.
Faudrait qu'on se soigne ensemble...

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
Extrait 13 – You Should Be Me

25 novembre 2007

SK#182



Vidéo:
Copyright D. Juncutt
Extrait 12 "You Should Be Me
Soirée Kill Kill My Blonde

21 novembre 2007

SK#180



Au sous-sol, tout le monde est venue pour s’occuper de l’open bar qu’on nous a promis fructueux mais qui commence avec une heure de retard et ne propose que des mojitos sans menthes. Bloquée entre la foule et une table qui me cisaille la jambe, une amie en jupette me demande si la fille qui me tient la main est celle du flyer. Je la regarde fixement en songeant à ce que cette photo suscite comme émotion.

Plus tard, J. pose son bras sur mon épaule en me proférant un amical et foudroyant « Si tu lui fais du mal, je te casse la gueule ». Je trouve ça touchant. Je trouve ça alarmant. Les évènements d’il y a deux ans et demi pourraient parfaitement se confondrent. Cette phrase qu’on me répète comme une mélodie, comme une menace à l’amour, puisqu’il semble convenu que c’est toujours moi qui fait mal à l’autre.

Sur le banc de bois, elle pose souvent sa tête sur mon épaule. Son odeur se marie à l’idée que je me fais des filles faussement fragiles. Elle s’est lissé les cheveux, s’est glossé les lèvres. C’était pas comme si je l’avais quittée au petit matin, les mèches en bataille, témoins d’une nuit agitée. C’était pas comme si c’était si simple de rompre à coup sûr mes promesses de liberté et de débauche. Je pourrais sur les champs miner le terrain de cette histoire naissante. Je pourrais tout arrêter. Il est encore temps et ça m’est tellement facile.

Ca serait comme mettre fin à cette chanson entêtante. Simple et rapide.



Photo :
Copyright D. Juncutt
Flyer de Kill Kill My Blonde
Vidéo:
Interpol - NYC

14 novembre 2007

SK#178



C’est une veille de grève. Presque personne ne se plaint, ça sera juste un jour sans. Un jour off. A. se prépare à me payer un verre au bar, le billet dans la main, le mec hurle dans son oreille que c’est open bar. Boire à l’œil au Rex c’est comme entrer au Louvres la nuit. Un amoncellement de merveilles en perspective. C’est un mardi soir où l’alsphalt parisien humidifie le bas des pantalons. C’est l’ouverture du festival gay et lesbien. Ma cure de jouvence s'affère autour de moi. Des regards se croisent « je sais que tu sais qui je suis ». Puisqu’il devient indéniable qu’un nom se forme, l’attrait en découle. Et puisque l’attrait est là, le sérieux s’impose. Tout se complique. Peser ses mots, ne pas faire de tort au groupe que tu représentes. Il est ainsi dans ce milieu, il est ainsi dans tous les milieux. Toujours avoir quelque chose d’intelligent à dire. Je voudrais juste danser et être fidèle à mon hédonisme. Les choses sérieuses, je les couche sur le papier.
Sunday est cloisonné dans sa cabine. Je la sens réticente aux conventions françaises qui veulent qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Nous faire croire que le dj est intouchable. Tout semble rigide. Et puisque tu mixes, tu vaudrais bien plus que ceux qui dansent. Mystification honteuse. A démonter urgemment.

Le régisseur de la cabine nous interdit de la rejoindre à l’intérieur. Il y a toujours quelque part, un type qui nous empêche de vaquer à notre convenance.
S. me dit qu’il lui faudra au moins trois verres pour me montrer ses portes jarretelles. Un seul suffira. J’improvise un atelier de fortune sur le bar en y posant ses fesses. La texture du collant me rend toute chose, je suis si faible devant le nylon.
Le barman fait de l’abus de pouvoir. Un baiser contre quatre verres. Plus tard dans le café d’à côté, on ne veut pas aller se coucher. Il finira par dire « Alors ça embrasse comme ça les lesbiennes ». Je voudrais le trouver repoussant, à la limite du dégueulasse, mais je lui considère une naïveté touchante. Je préfèrerais toujours dialoguer avec celui qui ne sait pas qu’avec celui qui en sait trop.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Audrey au Rex Club »

11 novembre 2007

SK#177



Avant de sortir, il y a toujours ce petit moment d’appréhension qui nous permet d’anticiper chaque rencontre. Celles dont on se passerait bien. Celles qu’on désire.
Faire l’effort, toujours, d’être aimable.
On se laisse finalement emporter par l’inconnu, l’improbable, parce que l’anticipation n’a plus sa place et puisque rien ne se passe jamais comme on le pensait. Jamais.
Et c’est à chaque fois ainsi. De bonnes et de mauvaises images trottent dans le nuage du matin. S’entendre dire « J’ai fais ça, vraiment ? » Des amnésies partielles et essentielles afin de conserver un minimum de dignité pour continuer la nuit.
Savoir que quelqu’un t’attend quelque part, c’est perdre sa liberté.
Je ne suis pas prête à ça.


Vidéo énervante, trash et puante:
Copyright D. Juncutt
« You Should Be Me numéro 11 »

06 novembre 2007

SK#175



Il est assez excitant de constater qu’un texte peut avoir différente lecture. Autant de lectures que de lecteurs. Chacun a vu dans mon dernier post sa propre théorie, allant du malaise à l’incompréhension.
Pour un nouvel entretien boulot, j’ai tapé « Déprimant » au lieu de « Détriment ». Ca l’a fait rire, ça m’a inquiété. J’ai envoyé bouler mes harcèlements vaginaux. Je me suis fait manger la bouche par deux filles enroulées dans un collier de perles. Les backrooms du Blue Square sont très propres. Dans la petite salle de cinéma, était diffusé ONS. On a picolé quelques bières en se rinçant l’œil devant la séance photo. L’effet Jouvet, on y mouille toujours sa culotte. On a fini par penser que la plupart des mecs avaient éjaculé sur ces murs. Tout nous paraissait douteux, les murs, les coussins et même le buffet mis à notre disposition.
Dans un mail à untelle, j’ai juste écrit « Ma vie part en couilles ». J’aime trouver les mots appropriés.

Edit PROMO:
Quand les Coupines écrivent des livres, c'est forcément bon. "Quatrième Génération" de Wendy Delorme vient de paraître. Foncez l'acheter !


Image:
Copyright D. Juncutt et jesaispasqui
"Martine"

03 novembre 2007

SK#174



Ce soir c’est ton soir. C’est ton soir comme chaque Clitorise. La Clitorise comme la soirée que t’as toujours voulu organiser. Celle qui te procure la fierté qui te va de droit. Tu restes impuissante devant les videurs qui veulent électrocuter les trans ou les noirs ou tes potes ou les trois. T’as beau espérer que les choses changeront mais rien ne s’arrange.

Ce soir, c’est ton soir et t’apprends que ton ex refait sa vie, la sienne, avec un mec. Quelque part au fond de toi tu le savais. Tu devinais même qui c’était. Tu as dit à tes amis « Elle finira avec un mec… » comme une fatalité malsaine. Tu palis à la détresse de cette nouvelle fulgurante en finissant tous les verres, tu dis que tu sais, tu dis que tu t’en fous.
Tu déposes Juanico chez son mec et finis la route seule. Saoule dans la voiture. Finir le trajet, si court soit-il. Tu déposes l’homme et tu te poses seule. Tu penses que tu faisais l’amour comme un homme. Tu te remets en question juste avant d’embrayer la troisième. Tu ne voudrais pas rentrer chez toi. Soudain tu te poses d’innombrables questions sur ta féminité. Au feu rouge, tu constates que ton maillot a été déchiré par des filles qui probablement auraient voulu t’embrasser. Tu fais mine que non, tu sais que oui. Tu dis à Marion de venir à ton secours parce que tu sais qu’elle sait comme personne dans la salle n’aura l’audace de le savoir. Facile puisque neutre. Ca tu ne l'avais pas vu venir. Tu regardes ta poitrine se mouvoir au volant. Tu sais qui tu es. Tu sais que tu es juste d'un romantisme violent.

T’as passé quelques morceaux années 80 au son pourri sur lesquels des gens ont eu des souvenirs et tu es contente. Un peu ce soir tout de même. Mais quelques gens malheureux ne sourient pas. Tu voudrais bien leur dire que tout ira beaucoup mieux. Tu sais que tu mentiras.

Dans la salle, une fille de dix-huit ans vient te voir pour te dire que tu dois être fière de savoir que la plupart des filles veulent te parler. Tu rigoles un coup. Tu rigoles deux coups. Tu ne comprends pas. Tu sais que tu dois être la seule à te sentir aussi diminuer par autant de beauté. La beauté de la naïveté. Frustrée ne n’être un jour, aussi désirée que celles qui se frottent à toi. Tu sais que tu ne seras jamais belle. Belle comme tu voudrais l’être. Tu resteras à jamais la fille tatouée qui baise dans une catégorie qui n’existe pas. C’est ce que tu penses de toi lorsqu’elle vient te parler. Sur le coup oui, c’est que ce que tu penses. Tu te maquilles trop pour être butch, tu as trop de seins pour être andro, tu mets trop de pantalons pour être fem.

Plus tard, sous la verrière, une fille de vingt et un an te dit qu’elle sait qui tu es et t’avoues lire ton blog depuis tellement d’années. Tellement d’années. Déjà. T’es vachement flattée, mais tu sais que l’age à beaucoup d’importance pour toi. Tu penses aux archives que tu as effacées pour les beaux yeux de celle qui est rentrée dans le droit chemin, celle dont la mère lit ton blog et doit se réjouir de cette nouvelle.
Savez-vous madame combien votre fille avait l’air si reposée dans mes bras. Avez-vous conscience de tout ce que vous ne saurez jamais…

Tu te dis que ce n’est pas un hasard si tu attires les filles aux tallons hauts. Les filles qui te prennent de haut.

Tu parles à Sharleen, vingt et un an.Encore. Tu attaches beaucoup d’importance à ce chiffre depuis deux semaines. Tu sais pour qui. Soudain tu penses à elle. Puis, tu voudrais bien embrasser cette inconnue qui te regarde comme on te regarde rarement. Tu sais bien que tu ne la reverras jamais. Ta coupe de cheveux part en vrille et ton maillot newyorkais est déchiré, laissant apparaître ton soutien-gorge. Tu ne ressembles à rien mais tu prends la parole, tu filmes tout et fais rire la foule comme tu ne sais faire que ça. Tu voudrais juste pouvoir poser ta tête sur l’épaule d’une fille qui ne sait pas, qui ne te connaît pas, ne t’as pas lu. Tu voudrais juste t’abandonner.

Tu fumes ta dernière cigarette, la plus biscornue de toutes, le front en sueur. La nuit est finie. Tu souris parce que c’est de bonne augure. Tu n’as pas de message sur ton portable. Tu vas t’enrouler sous ta couette froide. Il est sept heures. Tu as bu et tu regretteras tout ce que tu as dit. Tu t’étais pourtant dit que l’année de tes vingt-neuf ans serait la plus folle, tu ne savais pas que la folie serait si pénétrante.

Ce soir c’est ton soir parce que tu sais bien qu’au fond rien n’est important. T’as déjà presque oublié. Tu n’aimes personne et personne ne t’aime. Oui t’as déjà presque oublié. Quelques amis t'ont menti... Ca par contre, tu ne l’auras pas oublié.


Vidéo:
Copyright D. Juncutt
"You Should Be Me" Extrait 10
Clitorise Club Kids

01 novembre 2007

SK#173



Vendredi soir il faut prévoir quelques accessoires. Se déshabituer de la mode et de ses codes pour simplement s’engouffrer dans l’absurde. Se souvenir des coupes working girls, de nos années pustules, jean’s troués, Nike Pump, maillots wakiki, clopes Chevignon, K7 deux titres autoreverses…

J’emmerde les âmes en peines puisque demain nous serons sur scène.

Clitorise Spécial Année 80-90
Vendredi 2 novembre 2007
A la Flèche d’Or.

30 octobre 2007

SK#172



Caméra battue.
Projet en souffrance.
Attentat anti-soirées.
De la violence...
A voir dans mon dernier "You Should Be Me" numéro 9.

Vidéo:
Copyright D. Juncutt

28 octobre 2007

SK#171



Sortir avec une fille (merci fsens, je vais me faire tuer) qui n'aime pas être prise en photo alors qu'elle a les plus beaux yeux du monde, c'est s’approcher de l'insaisissable.
Puisque rien n’y fait, tout est à montrer.
Le reste sera vu le 1er décembre à Lyon. On s’en reparle.

Photos :
Copyright D. Juncutt
« mini slide show »

21 octobre 2007

SK#170



Drôle de week end.
Crem d'Fsens.
Trou noir - Britney trash attitude. Vomir dans les sacs poubelles ça fait son effet. Les murs qui me parlent, les voix qui se distordent, plus personne, puis réveil amer.
Le lendemain.
Canular dans un restaurant du onzième. Dix ans de popingays. On m'offre du champagne, on m'offre des badges. Trop chaud. Je termine à l'eau. Je drague mal. Je ne drague pas. Je dis des conneries, je dois avoir l'air creuse. Je propose d'aller casser la gueule à une fille qui le même bonnet que la gaminette. Bloquée par ma nausée. J'envoie un texto qui veut tout dire et ne veut rien dire. N'agis pas. N'agis pas.
Mon modgo n'est pas actif.
Puis. Table en bois entourée d'inconnues qui deviennent connues.
Attraper le dernier métro sans trop y croire. Songer avec M. à braquer une banque pour financer un exil sur une île déserte. Pourquoi pas. Vélib' voilé. Attendre.
Taxi à chercher.
Etrangement rien ne change. Comme dit la fille aux cheveux bleus qui marche sur les lacs gelés: "Je ne suis pas un concept".


Vidéo:
Copyright D. Juncutt
"You should be me" Extrait 8

06 octobre 2007

SK#168




Tendu bien comme il faut, d’une justesse parfaite. J’invite la petite famille des befores clitorisiennes habituelles mais j’arrive un peu plus tard. I. me dit que c’est notre jour, le cinq octobre. C’est consigné dans les astres, ça veut forcément dire quelque chose. Ils sont si heureux pour moi, pour ce nouveau job dans le cinéma. J’intériorise, je gagnerai au loto que mon cri serait inaudible. Pudeur, pudeur.
Quelques Québécois sont là, dans la salle bondée. La plus jolie me dit des mots gentils. Soirée retrouvailles ou comment pardonner à ceux qui nous ont offensés comme dirait le barbu clouté. A quoi sert la rancœur si ce n’est pour nourrir les ulcères ?
Là encore d’une justesse parfaite. C’est la rentrée de la paix bien qu’on voudrait en killer deux ou trois, des messieurs biscotos tenant l’entrée de la Flèche par exemple.

Je perds Marion qui distribue ses flyers, je filme les filles faisant leurs tractions dans les loges, je regarde Isa et C. se faire du bien, je pose quelques secondes la tête entre mes mains. Souffler, être ailleurs. Frotter le crâne, revenir. Être là. Obligé. Juanico part baiser avec un Libanais. Lucienne se frotte enfin à L.
Le public s’étale. Les verres vides sont bientôt plus nombreux que les clients.
Une jeunette me cogne le bras, je l’excuse, elle me masse les épaules. Je lui demande son prénom. Approche de base. Sourire sincère, ça change. Je demande discrètement à sa pote si elle est lesbienne, si elle est célibataire. Approche de merde. Je la vanne un peu pour tester sa résistance. Elle surenchère. Il est temps de partir. Elle me parle d’un truc demain, je lui dis que je mixerai samedi treize avec MA au Pin Up. Je laisse une porte ouverte, mine de rien. Une histoire à suivre ou pas.

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« Clitorise du 5 octobre 2007 »

26 septembre 2007

SK#166



Fucking PMS.
Je suis épuisée.
Comme si j'écoutais cette chanson en boucle. Cette chanson à l'infinie.
Parce que le vélo c'est bon pour la santé. Dixit moi même. Dixit mes 12 kilomètres par jour sur le Domyos.
En attendant, si vous souhaitez couper votre semaine par une série de petits concerts sympathiques entrecoupés de sets fort agréables (n’est-ce pas), c’est à la Flèche d’Or qu’il faut aller ce soir.
On fera comme si tout allait bien.
Venez me vitaminer.
Venez me réanimer.
Venez.

23 septembre 2007

SK#146



Comment résister au plaisir de vous faire découvrir le shooting de ce jour très fluoré.
Merci à tous les modèles et surtout aux créateurs Midnight Rendez vous.
Le reste sera dans le prochain numéro de Barbi(e)turix spécial Fluo.

Film:
Copyright D. Juncutt
"Fashionturix 4"

16 septembre 2007

SK#165



En bientôt quatre ans de bloguisme, je n’ai jamais fait de pause. Pourtant je m’en impose une. Des petites vacances vers un autre support plus concret que je voudrais voir aboutir. Il est temps.

Ici c’est tout petit, trop étroit, facilement gommé, jeté. On lit, on sourit, on oublie. Toute cette peine que je me donne se fond dans la masse et devient éphémère une fois le courant éteint. Et on n’y revient pas.

J’invite tout le monde à faire de même, à suivre leurs désirs les plus dingues. Se libérer des contraintes, des peurs, des doutes. Il n’y a que comme ça. Il n’y a pas d’autres façons. Sinon, ça sert à quoi d’être là ?
Je veux dire, là.
Là, vivant.

Photo :
D. Juncutt
« Mat blasé comme moi »

11 septembre 2007

SK#164



Ne pas faire attention aux bruits, faire attention aux autres.
La moins de dix huit ans m’écrit que j’ai « putain trop raison d’écrire ce livre » alors même que se répand la rumeur d’une Ann Scott qui se serait emparée de mon corps. On n’a pas le droit d’être une lesbienne témoin d’une époque sans passer par une comparaison flatteuse mais réductrice.

Pour fêter l’arrivée de Sunday. Nous buvons. Et la retrouver près de mes amis alors même qu’elle a marqué un an de ma vie, n’est pas d’une simple évidence. J’hurle son nom comme une débile essoufflée, pensant ne jamais pouvoir associer mes deux vies. A Montréal, il m’arrivait souvent de dire « Il ne manque plus que mes amis et cette ville serait parfaite ». Le contraire s’est produit. Paris devient à son tour parfaite, lorsque, à trois puis à cinq, il faut soulever le corps de Sunday, la porter, la traîner, la coucher, la bercer alors que résonne encore sur le boulevard Rivoli les mots prononcés par l’anglophone :« Cocaïne, cocaïne ».


Film :
Copyright D. Juncutt
« YSBM extrait 7 »

01 septembre 2007

SK#163



Une before qui devient habituelle. Chill me rapporte les adresses de Berlin et un lots de compacts minimal que je m’empresse d’encoder. Sur le coin de table, on s’enfile environ cinq tequila, pendant que les triplées remportent le jeu et juste avant de rouler à six dans la voiture qui nous mène à la Flèche d’Or.

Au milieu de mon set, ma très chiante mèche me gêne, je me dis qu’il faut absolument que je coupe ce surplus. C’est alors qu’un rouquin barbu se penche vers moi en me demandant si je le reconnais. Flash-back monumentale. Décompte infernal, j’en oublie l’enchaînement. Luc. Cinq années écoulées. Je n’en reviens pas. Il est venu me voir. Il a su que je passais, il me dit que j’ai fait un sacré bout de chemin depuis le temps, qu’il a tout suivi.
Je retrouve la Jouvet avec qui on débriefe un an et demi de vie, ainsi qu’Yvette qui me raconte les galères de son exposition.

Le défilé commence. Dans les loges j’ai chaud. Slide et moi nous rinçons l’œil. Je dis à Aline que c’est la plus belle. J’ai envie de croquer toutes les petites fesses qui se précipitent pour enfiler les bouts de tissus de Delphine.
Michel-Ange fini par s’endormir ivre mort sur le sofa. On vole au secours d’une japonaise qui se vautre lamentablement et fait éclater son crâne sur le sol.
Isa revient bronzée de la République Dominicaine. Chill disparaît. Une si jolie fille me demande d’écrire mon nom sur son portable avant que je la dégage de la scène, blasée que je suis et ne croyant assurément pas recevoir le moindre message myspace qu’elle me promet.

Je vais cependant la chercher à plusieurs reprises dans la salle, avec la volonté de, peut-être, m’excuser de mon attitude distante. Elle a disparu.
Lucienne accourt vers moi et hurle « Jun, je me suis battue ». Olivia et Virginie dansent devant moi tels des anges. Luc, torse nu, embrasse garçon et fille puis me serre dans ses bras en disant qu’il est si heureux de me retrouver.
Je commande une dernière coupe de champagne et fume la dernière cigarette survivante d’un paquet écrasé dans la poche. Je danse. Je suis bien. Il est six heures du matin.


Photos :
Copyright D. Juncutt
« Slide Clitorise du 31 août »

31 août 2007

SK#162

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Le forum des halles un jeudi en fin d’après midi. Une richesse sociale. D’autres ont eu l’idée de fouiner avant le week-end, trouver sa tenue pour je ne sais quelle soirée. Chez H&M, un lot de pétasses se vautre sur les fringues fluo pour chercher la perle qu’elles retrouveront sur une autre pétasse plus dégourdie qui sera passée le mercredi.
Un tas d’affaires traînent sur le sol, vraisemblablement la cible d’un combat acharné.

Envie viscérale. Il faut que je lise. Les vigiles font mines de faire leur boulot à l’entrée de la Fnac. Un tas de jeunes est regroupé à l’entrée, avec un air de « je rentre – je rentre pas- je rentre- je rentre pas. »

Les livres starifiés sur les étalages laissent à penser qu’il faut impérativement les acheter. « Si tu ne lis pas ça, t’es totalement out ». Quelques euros dans le creux de ma main, je vais au rayon poche qui me semble ne regorger que des titres valables pour les fiches de lectures de quatrième. Je veux du contemporain, du vif, du présent, de la vie, celle qui me ressemble, celle qui me permet de dire qu’aucune vie n’est plus valorisante qu’une autre tant qu’on n’a pas souffert.
Je trouve un vieux livre. Pas si anciens, mais plus d’actualité. Qui fini à six euros entre deux autres auteurs. La vie d’un écrivain. Se donner autant de mal à raconter des histoires qui finissent à prix sacrifiés.. Une vérité qui me fait douter, qui me coupe l’envie. Il faut vraiment avoir des choses à dire pour se lancer. Prouver que son discours vaut la peine de trouver lecteur. Ne pas se comparer pour avancer.

Mais puisqu’il est l’heure de danser, ce soir je mixe.

Flyer :
Clitorise du 31 aout à la Flèche d’Or.

27 août 2007

SK#161

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JB ponce le mur. Il frotte fort les dessins à la gouache, incrustés sur le mur blanc, pendant que je pose les bandes de protection sur le plafond et le sol. Plus tôt chez Leroy Merlin, on s’amuse à compter le nombre de couples qui viennent choisir leur nouveau carrelage. On se moque parce qu’on sait pertinemment qu’il n’est pas près de venir, le temps où, avec notre âme sœur, on hésitera entre le blanc cassé ou le beige sombre.
Je demande au vendeur de peinture la référence choisie. Un joli bordeaux, rouge foncé. La machine perce le pot, injecte la couleur et mélange en faisant gronder le plan de travail.

Plastique de protection. Scène de crime. Première couche. La peinture adhère très mal, je commence à regretter la teinte. J’ai très chaud, JB continue d’éliminer les noirs incrustés en hurlant « Quelle bande de connasses ! ».

A la fin de la première couche, mes espoirs s’amoindrissent. Des petites traces de graisse laissée par la pâte à fixe jaune, apparaissent, sans compter celles du rouleau.
Je m’arrête un instant. Je pense aux options, papier peint, déménagement, suicide, mais j’opte pour la seconde couche.
La magie opère. La couleur fonce. "Dégager les angles" qu’elle dit à la télé. Alors je dégage avec l’acharnement d’une enragée qui veut en finir. Je dégage et j’efface le lot de filles à souvenirs passées dans cette pièce. Le bon, le moins bon, tout y passe. Je peinture comme d’autres mettent aux ordures.
Après trois couches et aucune imperfection, je maîtrise. Très efficace.

Photo :
Copyright D. Juncutt
“Pendant les travaux”

20 août 2007

SK#160




Petites bouilles qui se frottent à la mienne. Des mains qui s’accrochent à mes doigts sans que je m’y attende. Dans les rayons du magasin, je traîne deux enfants, qui me demandent d’aller voir les jouets.
Quatre années au moins, que je n’avais pas vu ma sœur et ses enfants, pour des raisons qui se justifiaient à l’époque. Radicale et rancunière.
Pendant ce temps, la progéniture pousse, commence à penser, à parler, à jouer, à désirer.
Tata par ci, tata par là. Je tue quelques dizaines de pokémons sur la nintendo DS de l’un, et fais des tours de magie sur l’autre pour finir par dessiner des tatouages au feutre sur leurs petits bras tout mous.
Elle passe par-là la reconstruction. Effort de socialisation, de pardon et de retrouvaille. Je ne serais pas aussi avenante avec tout le monde.

Où en est mon cœur ? J’ai passé le post-choc, la douleur vive, la conciliation, le dégoût et la fuite. Il y a les amis qui conseillent d’un automatisme frustrant, ceux qui gaffent et ceux qui n’en parlent pas. Lesquels me font me sentir mieux ?

Et puis l’une arrive. La fixant alors qu’elle me parle de ses projets, je ne lui montre pas que, dans ses mots, sa façon de se tenir, de fumer sa cigarette, de remettre ses cheveux en place, de rire, de cligner des paupières, j’essaye de percevoir en elle l’espoir fou qu’elle puisse me plaire. Je me raccroche à une attitude, à une comparaison, un faux-semblant parce que je sais bien qu’au fond, je ne suis prête à rien. Ni avec elle, ni avec les autres.

Photo :
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“Neveu et nieces”

10 août 2007

SK#159

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Sortie du métro Alésia. Je vois le numéro deux cent cinquante de l’avenue du Maine. Évidemment je ne pensais pas tomber si loin du numéro que je dois rejoindre, le cent dix-huit. La brise bien trop fraîche de ce jour glace mes lèvres. Je ne peux m’empêcher de penser à ce foutu anticyclone qui ne fait que nous frôler. Petit joueur.

La rue s’étire, je n’en vois pas le bout. Les commerces sont fermés, les promeneurs font chier leurs chiens, les mamans poussent leurs landaus, quelques types éclatent la route au marteau piqueur, un mec me marmonne une phrase que je n’entends pas mais que je peux comprendre. Un vendredi classique de mois d’août dans un Paris presque libéré de sa population, de ses voitures. Sur le coté, les Vélib’ sont presque tous loués, je songe un instant à en prendre un pour rejoindre ce foutu numéro.
Dix minutes plus tard. Je me recoiffe un peu. Range l’ipod dans mon sac qui se termine sur une très mauvaise chanson d’Etienne de Crecy. Réajuste ma veste, ma chemise, mon pantalon.
« -Bonjour, j’ai rendez-vous avec mademoiselle…
-Oui c’est moi. Vous avez vu l’heure ?"
M’interroge une blondinette d’a peine vingt-deux ans en train de se débarrasser des miettes de son croissant.

Je regarde ma montre, je suis interloquée. Je lui dis que je suis désolée, que je ne pensais pas marcher autant pour arriver jusqu’à l’agence.
« -Non mais moi je ne vous inscris pas vous comprenez. Si vous arrivez en retard aujourd’hui je n’ai aucune garanti que vous arriverez à l’heure chez mes clients. »

Inerte. Vexée et limite choquée. Je m’interroge sur la faculté qu’ont certaines personnes à être aussi connes.
Arrêt sur image : Je songe à l’attraper par les cheveux et à lui poustillonner dessus:
« Mais espèce de pauvre merde. Déjà on ne parle pas la bouche pleine et ne me fait pas croire que je te dérange alors que t’es en train de t’empiffrer comme une truie. Je vais te dire pourquoi je suis en retard. Je me lève ce matin et je constate que je suis à moins neuf cent euros sur mon compte. Depuis deux jours, ces enculés de Noos doivent venir réparer ma connexion internet sans laquelle biensûr je n’ai pas pu constater que votre agence de merde était bien plus à côté du métro gaîté que d’Alesia. Sans laquelle non plus je ne peux consulter mes mails, des réponses peut-être à des offres d’emplois super intéressantes qui m’auraient aussi probablement évité de ramener mon cul par ce froid chez vous, pour constater que finalement, tu ne veux pas m’inscrire parce que j’ai dix malheureuse minutes de retard. Probablement ton seul travail du jour en cette veille de week-end, et peut-être même veille de vacances que tu vas, j’en suis certaine, passer avec ton connard de mec, qui ne pensera qu’à te sauter sous la tente du camping Saint-André de Perpignan, alors que tu lui diras, non pas par derrière. Grosse connasse !»

Elle m’a souhaité une bonne fin de journée. J’ai claqué la porte en partant. Sans rien dire.

Un peu plus tard, alors que je pensais ma journée profondément perdue. Le technicien Noos a réparé ma connexion. J’ai trouvé un nouveau job et je quitte Paris tout le week-end.

Je conseille, par ailleurs à tout le monde d’aller voir l’excellent « 2 days in Paris » de la brillante Julie Delpy, ne serait-ce que pour le monologue de fin sur la complexité amoureuse. Bien qu’ayant ri durant tout le film, je suis sortie de la salle, les larmes aux yeux.

Le film de l'année je vous dis !

Photo :
Copyright D. Juncutt
« May »

05 août 2007

SK#158



Un nouvel extrait très particulier de You should be me. Particulier car très alcoolisé, offrant encore une fois des références à la télé réalité, comme si toute l'histoire de la caméra résidait dans le plaisir du voyeurisme télévisuel. Notre génération est foutue.

A noter que nos personnages prennent une sérieuse claque, puisque chaque mot et chaque geste sont le fruits d'une consommation bien excessive. Nous ne sommes pas aussi stupide en vrai.

Film :
Copyright D. Juncutt
Extrait 6 de You Should Be Me

04 août 2007

SK#157



Soupe de langues avec celles et ceux qui ne sont pas encore partis en vacances. Champagne frais. Improbable accrochage de chaînette de jean’s avec ma voisine de frotti-frotta formidablement bien résolu par la grande et déjantée Ma.

Toi aussi tu peux goleri dans les loges lorsque ton verre encore plein s’écrase sur le sol alors que tu demandes à May de cambrer le bassin.
Probablement une de mes meilleures soirées, lorsque plus rien ne peut m’atteindre, lorsque plus rien je ne peux attendre.

Comme les voyages dans le temps nous font du bien et qu'il est bon de voir des gamins de vingt ans s'amuser sur ce qu'ils n'ont pas connu, tout le monde a dansé sur CA !

Merde ce que ça fait du bien. Vivement la prochaine...

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« Slide Show Clitorise du 8 août 2007 »

02 août 2007

SK#156

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J’ai refusé un travail très bien payé avec possibilité d’embauche. Se peut-il que mon masochisme se prolonge jusque-là. Mais, en toute évidence, je ne m’y voyais pas. La fenêtre grande ouverte, on me fait patienter. Je me penche depuis le quatrième étage sur un Paris neuvième ensoleillé. Je ne suis pas là, je n’y serai jamais. De ce balcon j’aperçois un homme qui dispose des tableaux d’art moderne dans une vitrine. Je donnerai tout pour offrir mes services dans cette petite boutique de quartier, faire comme si j’y étais depuis des lustres, épanouie et vide de toute amertume.

Quelques heures plus tard, un message téléphonique me confirme que j’ai le poste. J’invente. J’ai trouvé autre chose. Au grand désespoir de mon compte en banque.
La force du refus m’a une fois de plus servie.
Sur mon curriculum vitae, je pouvais lire un mot de la société d’intérim qui disait « Grande faculté d’adaptation, excellent élément.»

Faculté à adapter à mon quotidien et grand bien m’en fera.

Plus tard je demande à la provinciale. si elle pense que je suis dépressive. Le soir précédent, je discute durant cinq heures avec Chill qui m’apprend à lire Amour en japonais, gravé sur le bracelet argenté d’une voisine de table. Soudain je pense, qu’on ne m’a jamais offert de bijoux.

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Information : Clitorise – Vendredi 3 août à la Flèche d’Or

30 juillet 2007

SK#155

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Comme elle le dit, comme on peut tous le penser, même à deux nous sommes seul. L’illusion est parfois saisissante et le fusionnel nous offre son faux-semblant.
On ne sort pas du trou de sa mère à deux et tant qu’à imaginer la fin, on n’y retournera pas non plus. C’est donc prouvé, il suffit juste de l’accepter.

Dans un délire de renouvellement, ce samedi, j’ai passé ma nuit avec des personnes d’horizons aussi divers qu’il ne pouvait y avoir que moi pour les rassembler. Une gaminette qui me parle de frankeinstein mais ne connaît pas David Fincher, un petit garçon dans un corps d’homme triste témoin des incompatibilités humaines et une relation complexe textuellement consommée pendant six années.

A l’OPA, deux types à cravates noires sautilles sur leurs plateformes de quatre mètres carrés en chantant un rock entraînant, tandis que je déguste un petit caipirinha à dix euros gonflé de citrons et de glace.

Ma plus rafraîchissante soirée hétéro. Je ne voulais pas de milieu, pas de caricature, pas de têtes connues, pas de banquettes en cuir, pas de festival des ruptures. Je voulais faire semblant d’être une touriste. Ma première nuit à Paris, jusqu’à ce que S. me dise « ...mais oui souviens toi, l’OPA, Jennifer, karine, Estell, tout ça… Putain ça date. »
La provinciale mise à quatre-vingt pourcent sur la Capitale. « Je veux voir ton Paris » qu’elle me dit, lorsque le vin de fin de soirée coule dans ma gorge, lorsque la main d'une blonde carresse mes cheveux.

Chill m’attrape le bras, mais il faut partir. Mon sac sur le dos, je regrette déjà.
« Fermez bien la porte du sas avant d’ouvrir l’autre » que l’on répète en choeur.

Chancelante sur le parvis, bras levé, taxi, je suis de retour à il y a deux ans.
C’est donc pour combler l’injuste vérité de la solitude humaine que le panel des visages amicaux s’agrandit, change, évolue, disparaît et se réinvente.

C'est la période où je connais tout le monde, mais où je ne connais personne.


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"Fatigue Nerveuse"

27 juillet 2007

SK#154

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Un fauve de cinq semaines à la maison, sauvé de peu.

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25 juillet 2007

SK#153

Reprise du documentaire intimiste You Should Be Me.
Il fallait bien ça. Revoir les images de Montréal et New York sans se mettre l'arme à l'oeil. Les monter et les diffuser. Parce que c'est ainsi.

Dans l'ordre, l'extrait 4 et 5. Et si vous souhaitez le lien direct regroupant les premiers extraits, c'est ici.






Films:
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Pour les musiques, mailez moi.

16 juillet 2007

SK#151

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Fin de semaine euphorique, Mini en décalage horaire chez moi, puis deux, puis dix personnes. Le tapis en bave, sa durée de vie ne dépassera pas un an.
A la Clitorise, le clubbing prend du retard. Pour se faire pardonner, la direction nous offre une bouteille de vodka et une caisse de bières et de bouteilles d’eau.

On mixe comme à la maison. Les personnes qui m’étaient comptées, il y a un an, s’enfuient et celles qui commencent tout juste à avoir de l’importance, remplissent mon verre.

Au petit matin, on sort sous le levé du jour. Mika a passé la nuit sur le trottoir. Il nous rejoint en titubant. Onze heures, réveil en sursaut. J’attrape le téléphone et impose la décision qui devrait me faire sortir la tête du sac une fois pour toutes. C’est pas comme si je n’avais pas réfléchis avant d’appuyer sur « envoyer ». Je me suis coupé un bras pour mieux survivre parce que ça me suffisait bien assez de me prendre des parpaings dans la tronche, docile et fière d’encaisser sans broncher.

C’était la première décision de la première journée de ma dernière année dans la vingtaine.
La seconde fut d’accompagner six cent mille personnes au concert de Polnaref. Je ne peux pas toujours faire bien.

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« Many. Loge de la Clitorise »

05 juillet 2007

SK#148

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A ce point là, ça se peut pas. Je me suis jurée de ne jamais, de ne plus jamais revenir à ce format de communication, totalement galvaudé à mon avis, impersonnel et bien trop fantasmagorique.

Je n’ai pas tenue ma promesse. Pour ma défense, je n’ai pas fait exprès. Du moins, c’est venu tout seul.

Et lorsqu’on me dit « continue », il me vient à l’esprit que je suis généreuse et offrante. Comment faire ? Je ne sais plus. Parler à son cul ou à son âme. Parler simplement peut-être, sans trop se dévoiler. Faudrait pas qu’on voit que je suis moisie au fond. De son regard bleu azur, le sait-elle déjà lorsqu’elle me dit « Tu lis dans mes pensées », où « Tu lui ressembles tant » et puis « Je ne veux plus vivre ça ».

Qu’il est facile de la désirer, comme autant d’yeux qui se posent sur elle, une fois dévêtue. Tout cela se vit comme un mensonge dont on ne voudrait pas voir éclore sa vérité.

Et si rien n’existait vraiment, je serais, rien qu’un peu, soignée de l’autre.


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« Dead Juanico »

22 juin 2007

SK#147

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« Ma fille, je te donne sept jours pour te remettre. »

C’est ce que je me suis dit dimanche soir après avoir déballé, dans son intégralité, mon cœur pourri, sur un bout de table branlante du Marais. Sans convenance. Se lamenter une dernière fois sur la petite table jaune alors que tout avait commencé sur des petites bottes bleues.

Il n’y a rien de pire que de se retenir. Ça vaut pour tout et ça prend tout son sens en amour.

Ce moment-là, coincée entre une serveuse qui dévisageait ma gueule de cliente pleureuse et une main posée sur mon bras qui ne savait que faire, oui à cet instant précis, à la minute même où la première goutte de pluie s’est échouée sur mon doigt, j’ai su que c’était trop tard. Les retours en arrière n’existent pas, ni pour moi, ni pour personne, peut importe ce qu’il en coûte. On paye toujours la note car on ne peut pas souffler sur le passé comme on fait s’envoler une cendre mal tombée.

J’ai laissé l’appareil photo dans son étui depuis plusieurs semaines. La camera n’est pas accessible. Mes disques ne font danser personne.

« Ma fille, je te donne sept jours pour te remettre »
. Je me répète.

J’ai regardé les enfants jouer aux Arènes de Lutèce. J’ai décoré mon appartement. J’ai perdu cinq kilos. On m’a proposé trois CDI consécutif. J’ai trouvé un nouveau travail.

Je suis une laissée-pour-compte pleine de ressources.

Au soir du quatrième jour, je décide de passer à autre chose.

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« Adieu les petites souris »

13 juin 2007

SK#146

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Les gamins courent autour de moi, jouant à celui qui s’arrosera le plus. Jardin du Luxembourg, un après-midi de pleine semaine où l’on devrait s’attendre à une plénitude totale, une pelouse dégagée.
Six cents enfants prennent leurs déjeuners, un couple s’embrasse devant moi. La vie devrait être simple et dépourvue de tout malaise.
La vérité est tout autre. Elle encombre mes bronches, coince mon œsophage, abîme ma cornée et diminue ma volonté. La vérité c’est que je n’ai plus la force.

G. me dit: « On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en partant ».

Je fais mine de ne pas l’entendre, je me lève en enchaînant les gestes du quotidien. Rester debout, se brosser les dents, se laver, s’habiller, sortir de chez soi, sourire à la boulangère, faire racler sa gorge pour écarter le poids de la douleur, diminuer l’inconnu.

La vérité encore, c’est que ma dévalorisation est telle, qu’il m’est difficile de m’en relever. La vérité pour finir, c’est que je connais par cœur ce putain de chemin. Pèlerinage obligé des amours consumés. Que j’oublierai, le bien, le mal, les rires, les premiers instants, la déconfiture. Que je retrouverai dans les yeux d’une autre la valeur qui m’est dû. Et l’on sortira, et on se touchera, et on s’aimera jusqu’à la fin, jusqu’au recommencement.


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« L’enfant du jardin du Luxembourg »

09 juin 2007

SK#145

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On n'ira plus jamais sous les arbres à thé vert.




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04 juin 2007

SK#144

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Sur le balcon, un moineau fouille de son bec, la terre ancienne qu’il reste des plantes mortes. Une identification instantanée.

Le lendemain, sous le cadre de lumière de la Flèche d’Or, il fait chaud. Pendant que je passe les disques, des danseurs s’étalent sur les platines, les culs font bouger le matériel, un type vide les verres l’air désespéré, une sourde et muette me sourit, une inconnue s’installe derrière moi pour regarder, je mixe devant un mur de chair. Festival du n'importe quoi. Je n’ai pas bu ce soir. Ca s’embrasse sur ma droite, puis sur ma gauche. Sur le côté de la piste, une blonde me regarde longtemps. D’un oeil qui ne dit rien. Observatrice contenue qui remonte sa frange chatouillant sa jolie gueule.

Je n’avais pas oublié, mais je ne me souvenais plus. De la torpeur et de la sueur. Des filles éméchées et des garçons perdus, qui dansent pour ne pas aller se coucher seuls.
Des baisers de toute part aux quatre coins de la salle comme s’il fallait à tout prix aimer. Ne pas perdre de temps, trouver un sens à cette nuit.

Je suis donc revenue. Je le sais car on m’a dit merci.

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« UT »

23 mai 2007

SK#143



Dans l’avion, je n’ai pas remarqué de différence entre la première et la seconde classe. Je me suis fait avoir, et c’est sans compter mon voisin qui se grattait les couilles toutes les cinq minutes et les trois films très mauvais qui se succédaient.

Chez moi, de la poussière, des meubles rangés n’importe comment, encore des factures impayées, plus d’assurances maison ce qui me coûte des pénalités de loyers et en bonus, le frigo qui ne fonctionne plus.
Retour très difficile.

Mais j’aurai le sourire jeudi soir dès 20h30 à la Flèche d’Or pour la dernière BFG.

Si si, vous verrez…

18 mai 2007

SK#142

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Mardi dernier set au Laïka. Ca commence doucement. Alienata finit de dîner. Je suis un peu en retard, à cause des futures nouvelles lilloises qui me font manger du fromage.
On enchaîne à deux, la diversité fonctionne. Sunday arrive, c’est son premier ping-pong, il lui reste quelques secondes pour enchaîner. Quelques tournées hot shooters plus tard, tout le monde semble arrivé. Ca parle fort, fume dehors, assis sur le rebord de fenêtre. Laura Satana débarque avec l’équipe d’Imagoo. Évidemment on parle de Paris, de la condition politique. Vers deux heures il faut s’arrêter. Sunday me mord une dernière fois le bras, et me promets de venir en août. Alienata me demander de venir en Espagne. Phil le serveur me serre dans ses bras, je ne suis pas habituée. Seule dans la rue, le sac très lourd, je marche une dernière fois vers la maison sans me retourner. Montréal, merci pour tout ce que tu m'as apporté.

Grosse accumulation annuelle d’inutilités qui finissent dans un sac-poubelle. Impression de déjà-vu. Sens opposé, je rentre à la maison. Quelque part vers le sud de Paris et le Nord de l’Oise, ça s’active pour me recevoir. Transmettant ainsi la chaleur qui fait en sorte que je ne me sente pas totalement abandonnée. Retour dans la fosse. Même avec mes épaules un peu plus larges, il y aura bien un moment où je ne me sentirais pas à la hauteur. Un peu perdue. Chancelante.
Mais Juanico et Miss I. m’ont prévu un petit cocktail histoire de me faire tenir toute la nuit pour la FURIE. Venez me montrer vos chicots, je vous ferais danser.

flyer FURIE
Samedi 19 mai à 20h
Café K.
Métro Gare de l'Est

14 mai 2007

SK#141

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Le douanier américain ne m’aime pas. C’est une fois encore prouvé. Il dit « we have a problem with Denyse ». L’homme, le col trop serré, laisse apparaître un bourrelet derrière la tête, confirmant ainsi l’idée qu’on se fait des flics mangeurs de donuts. Il dit que le passeport n’est pas valide, pas biometric, « Elle ne peut pas rentrer aux Etats-Unis » qu’il insiste.
Je précise gentiment que je suis déjà venue trois fois sans rencontrer de difficultés, puis il demande combien on est prêt à payer.

Brooklyn, Une heure trente. Soirée Bounker au Luna Lounge. Akufen transpire, le club ressemble à un atelier sombre, quelques lumières, et des consos à seulement cinq dollars. On dépose des flyers Mutek pour soulager le sac de Miss P. qui doit retrouver B. pour dormir chez lui, tandis que Seb attend toujours des nouvelles de son amie A. sensée nous héberger après la soirée.

Quatre heure trente. On fume notre dernière cigarette devant le club, chaleur humide, sudation abondante, assis sur la marche à côté de quelques habitués, on cherche quoi faire, abandonnés dans les rues de New York. Refusant à l'occasion, l'after party de l'équipe, à deux heures de route.

Heureusement, dans la voiture, un paquet de disques. Electro allemande, curieusement tous datés de 2005. Seb et Colibri tombent la tête pour s’engouffrer dans un étrange sommeil alors que la Dodge retourne vers Manhattan. Levé du jour sur Times Square, les publicités illuminent le quartier, Broadway nous fait de l’œil. Je propose d’aller vers Central Park. Voiture garée. Seb , off à l’arrière. Nous trois, entrons dans le parc, l’herbe humide, nos visages pâles par manque de sommeil, le corps chaud. Je reconnais l’allée des arbres tordus du très bon Vanilla Sky. Un peu plus loin, la fontaine d’Angels in America. Des new-yorkais matinaux promènent leurs chiens. Le soleil commence à illuminer nos faces décaties. Plus loin, une énorme pierre. Nous nous allongeons dessus. L’hôtel du menhir. Probablement sept heures, une veste et un simple maillot en guise d’habit de nuit. Les oiseaux piaffent trop fort, les chiens s’entre attaquent. La nausée me gagne, mais il faut retourner à la voiture, retraverser Central Park, berceau de tous les sportifs acharnés.
Sur le trottoir qui mène à la voiture, Seb, abandonné et enfermé dans celle-ci, lève les bras au ciel, désespérément heureux de nous revoir. La sirène en alerte raisonne sur les murs du block. Une voiture de police interpellée par l’affaire s’arrête. L’agent constate après coup que nous sommes garé bien trop près d’une borne de pompier. Cent dix dollars.

Direction Ground Zéro. De la poussière, toujours, dans les égouts. Un parcours touristique pour qui veut voir ce qu’il ne reste pas. La statue de la liberté n’est pas si grande, mais bien trop loin. Les barres d’aciers se cognent au port, qui attend les bateaux, qui attend les touristes.
Carlton Arms Hôtel. Chaque mur est recouvert de différents styles plus ou moins de bon goût qui me font penser au squat de Rivoli. On dort dans une chambre robotisée. Petite fenêtre donnant sur la rue bruyante. Douche et puis seulement trois heures de sommeil pour ne pas épuiser le temps qu’il reste.
Sur Broadway, les comédies musicales nous semblent hors de prix. Taxi jaune, vers le petit théâtre de danse contemporaine SOHO. Restaurant à tapas. Vingt-trois heures, la pluie tombe, impossible de trouver un autre taxi. Un peu plus loin peut-être. Encore un peu plus. Sûrement là-bas, au croisement.
Douze heures pour se remettre. Douche sans rideau et deux autres amendes plus tard, nous débutons un shopping effréné. Chaussures, t-shirt Uniqlo godzilla de Terry Richardson, robe, sac, lunettes… Quelques toasts dans un diner, dont le serveur, bien gentil à l’arrivée, fait la moue lorsque nous ne commandons pas le brunch qu’il nous conseille.

Vingt-cinq block à traverser, le pas léger, retour à la voiture. Il faut déjà partir. Entre deux villes se finissant par « burgh » et près d’Elisabethtown, un Mac Donald servit par des geeks.
Une femme fait tomber son sac à emporter, tout s’échoue sur le sol. Seb frime sur le parking, il compte le nombre impressionnant de poches qu’il a sur son nouveau super sac. Le sac de sa vie qu’il dit.
On repart. Il manque quelque chose. Son sac. Il panique. « Regardez à l’arrière… mets toi sur le côté…ouvre le coffre… ».
« Je crois bien l’avoir vu sur le toit » dis-je.
Demi-tour, retour sur le parking du mac do de la ville en burgh. Le sac, abandonné sur le côté de la route, lui courant comme allant sauver un nouveau-né.

Pendant ce temps sur mon compte en banque Français, le loyer passe de 450 à 700 euros sans que j'en connaisse la raison. J'aimerais ça être riche.

Edit : Tous les cd sont restés dans la voiture de location...

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"Newyorkaise"

10 mai 2007

SK#140

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C’est pas comme si on vous avait pas prévenu. À défaut de changer de gouvernement, je change de ville. Direction New York ce vendredi pour une soirée Mutek à brooklyn, un pique nique dans Central Park et peut-être finir par une petite danse à la Matt Haring dans Manhattan.
Dernier week-end donc sur le continent américain et ce, juste au moment où le printemps s’installe enfin sur Montréal.
Mais si encore vous ne pouvez vous détendre suffisamment après ces drôles d’élections, regardez ça (c'est un ordre) et vous vous sentirez tout de suite mieux.
En plus, spider-man 3 c'est très mauvais. On dirait que le sort s'acharne de jour en jour.

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"Halo sans trucage"

05 mai 2007

SK#138


En buvant une gorgée de cidre, quelqu’un me demande si je suis prête à retourner dans un pays fasciste. Je déglutis en riant et je le regarde en posant deux doigts entre mes lèvres et mon nez, imitant une moustache hitlérienne. Je me suis senti tout de suite un peu plus mal, de réaliser ce qui allait se passer dimanche, avec un taux de probabilité de quatre-vingt-dix pour cent.
Ensuite on parle contrôle des médias, pression de toute part, et je me mets à penser que mon opinion négative, comme celle de millions de bloggeurs, à son égard, pourrait nous aussi, nous causer quelques ennuis. L’espace d’un instant, les yeux dans le vague, j’imagine une résistance journalistique et blogguesque, embraser les rues, accompagnée de jeunes de banlieue, de sans papiers, et de la population génétiquement aliénée.

Oui en fait, je n’ai pas plaisanté longtemps de cette moustache imaginaire, qui me semblait bien trop réaliste pour une caricature.

Avant que Loic Lemeur ne devienne Ministre des bloggeurs pour purifier l’espace intellectuel (j'exclu skyblog), je profite d’introduire dans cet espace, de libre expression, un peu de publicité Adsence (d'ici un à deux jours) qui devrait me rapporter un peu d’argent au coût par clic. Il est cependant bien stipulé dans le contrat que je ne dois pas inciter les lecteurs à cliquer sur les publicités, ce qui reviendrait à abuser considérablement du système, mais je suis persuadée que vous serez souvent intéressé, adorable lectorat, à visiter ces liens fort attrayants.

En cadeau, pas de tube minabliable mais une vérité certaine sur notre futur Président. A écouter, plus qu'à voir, jusqu’au bout du bout.
Et si encore là, vous hésitez pour dimanche, votre subconcient vous le dira ici.

01 mai 2007

SK#136



On se réveille, il reste quelques jours pour barrer la route au fascisme et la droite répressive. Après plusieurs articles sur la mainmise de Sarko sur les médias Français à la manière d'un Berlusconi en grande forme, voici comment aujourd'hui, il s'acharne à descendre les valeurs de Mai 68. Mobilisation de millions de personnes qui se sont battues, des semaines durant, pour améliorer leurs conditions de vie tous domaines confondus, jusqu’à faire s’effondrer les classes sociale et contre un Charles de Gaules dépassé. Le Mouvement de Libération des Femmes est un des mouvements qui c'est le plus soulevé, pour ne citer que lui, revendiquant avec acharnement la liberté sexuelle et le droit à l'avortement.

Sarko remet en cause ce soulèvement populaire pour, dixit le député européen socialiste Henri Weber : "...en finir avec le modèle social français" et "revenir à l'ordre moral répressif et à l'exercice autoritaire du pouvoir qui prévalaient avant le soulèvement de mai".

Je pense sincèrement que Monsieur Sarkozy remportera les élections de par sa parfaite maitrise des mots et du mensonge, même si, au fond de mon coeur je garde un espoir fou que non, les français dans leurs majorités certaines, n'éliront pas un homme que la Ligue des Droits de l'Homme nous conjure de ne pas élire, et que le peuple Italien (fraîchement remis de son fascisme à l’odeur de pento) conspue.
Je n'ai jamais eu de grandes convictions politiques. Je n'ai jamais poussé qui que ce soit à voter pour un parti plus qu'un autre. Je n'ai jamais fait de propagande si ce n'est pour promouvoir les libertés individuelles qui me sont chères. Mais je sais, et je ressens au plus profond de mon être, qu'il n'y a pas de hasard à la haine que Sarko attise.

Il n’est pas trop tard.

28 avril 2007

SK#135


Extrait#3 "You Should Be Me"
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Nouvel extrait du documentaire, qui reprend directement là où le précédent s'était arrêté. Pour ceux qui n'ont pas suivi, descendez plus pas dans le blog où allez directement sur ma "channel".

Autre chose. Si vous êtes lassé de modifier vos layouts sur myspace et que vous trouvez livejournal trop primitif, voici le nouveau site de marketing personnel : FaceBook

Réservé autrefois aux étudiants d'Harward puis à d'autres universités et enfin à des entreprises, FaceBook s'ouvre au grand public. C'est la sixième plus grosse audience au USA comme le confirme Fred Cavazza sur son excellent site.

En même temps, si c'est pour recevoir autant de spam où d'invitations de groupes de merde comme chez myspace, je vais m'abstenir.

27 avril 2007

SK#134

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De la pelouse, rien qu’un peu. Ce sera le layout du printemps, et pourquoi pas de cet été. Je tapisse l’espace pour m’évader un minimum. Collection d’angoisses mais l’arbre du jardin bourgeonne enfin. Rien n’est perdu. En deux jours à peine, le vieux bois qui ne cachait plus la fenêtre de la salle de bain a sorti ses petites feuilles, c’est à peine si on croyait voir le printemps à Montréal.

Ca a donné l’occasion de faire beaucoup de ménage dans l’espace virtuel, de l’identité numérique. Comme un petit pincement au cœur, comme lorsque vous perdez vos dix milles messages sur votre forum préféré à cause d’une maintenance technique. On le sait tous, rien n’est éternel sur le net et on a beau y décrire ses péripéties quotidiennes, tout finira bien par disparaître, la petite gloire éphémère avec.

Du vert aussi pour se désengorger le cerveau de toute la pression politique qui donne lieu à des débats inimaginables entre potes. J’ai l’espoir en dent-de-scie. Vivement le retour de Loft Story pour me laver le cerveau vivement le retour tout simplement. Et notamment pour CA ! Imaginez donc. Neuf heures d’avion, six heures de décalage horaire. La grande forme en perspective.



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« Twister »

25 avril 2007

SK#133




Je ne lacherai pas le morceau et même j'en rajoute. Je ne peux pas concevoir l'idée que cet homme, mais aussi et surtout ses idées fassent la France de demain. La France que je vais retrouver. Ma liberté c'est aussi ça. Faire en sorte que certains points soient précisés pour ceux qui pensent qu'il peut être une solution.

Voici donc quelques extraits du programme UMP de Sarko qui font froid dans le dos.

Nicolas Sarkozy pourrait revenir à la charge en proposant le dépistage des signes avant-coureurs de délinquance chez les enfants de moins de 3 ans. Il s'était déjà appuyé sur un rapport de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale qui préconisait «le repérage des perturbations du comportement dès la crèche et l'école maternelle»
Adieu touche pipi et vol de tétine.

Il a dit :
«Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année [...] parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable [...]. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.»
Je pense qu'il omet l'environnement familiale et les épreuves de la vie.


Il veut remplacer le CDI et le CDD par un contrat de travail unique, sur le modèle du contrat nouvelle embauche (CNE) ou du contrat première embauche (CPE), ce qui permettrait à tout employeur de se séparer d'un salarié sans avoir à se justifier, en contrepartie d'une indemnité de licenciement revalorisée.


A savoir aussi:
Dernier incident en date : il pète les plomb en coulisses de l'émission France Europe Express sur France 3 parce que monsieur n'a pas de loge. Sarkozy n'aime rien tant que mettre sa patte dans les médias, où il compte beaucoup d'amis : Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme ­ qui a gentiment viré Alain Genestar, patron de Paris-Match coupable d'avoir publié une une présentant Cécilia Sarkozy et son nouvel amoureux ­ ou encore Martin Bouygues, qui possède TF1. Sarkozy aime aussi beaucoup passer des coups de fil. A Robert Namias (TF1) et Arlette Chabot (France 2) pour les remercier d'avoir levé le pied sur le soulèvement des banlieues fin 2005. A Bertrand Méheut, patron de Canal +, pour, en juin 2005, défendre Karl Zéro dont l'émission est menacée. A Edouard de Rothschild pour se plaindre de la façon dont Libération le traite. Le zélé Jean-Pierre Elkabbach cherche-t-il à Europe 1 un journaliste politique pour suivre l'UMP qu'il demande conseil à... Nicolas Sarkozy. «Normal, répond celui-ci, j'ai été ministre de la Communication.»


Parce que tout ça, c'est sans compter ce qu'il a déjà fait. Puisque l'ensemble de ses électeurs semblent avoir oubliés qu'il a déjà été au pouvoir pendant cinq ans. Qu'il a outrepassé ses droits en quittant son poste de Ministre de l'intérieur bien plus tard que la loi ne l'autorisait et qu'il a de plus mis sous écoute Ségolène Royale.


Pour la suite de son programme et de ses faits allez chez Libération.

21 avril 2007

SK#131

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Moi aussi j’aurai bien pris mon vélo, pédalé entre le rose de Colibri et l’orange assorti aux Asics de Seb. Trop la classe que je lui ai dit. Trop mal au ventre que j’avais. Saloperies d’ovaires capricieux qui doivent probablement me faire payer une vie indélicate. Des douleurs parfois si affreuses qu’il m’arrive de songer que ça doit ressembler à ça la mort.
Là, je m’allonge sur le matelas de la chambre, l’air chaud faisant vibrer pilosité et autres légèretés, puis sécher la crème hydratante de mon tatouage enfin terminé.

J’entends les enfants de la crèche d’en face, qui s’égosillent pour un rien. Leurs petits pas qui ressemblent au bruit d’un troupeau de jeunes bisons et les pleurs des petites filles bousculées. Déjà à cet âge, les coups de putes se multiplient. Cela dit, si j’avais à charge un enfant de quinze ans, je lui conseillerais d’arrêter ses études et de s’engager tout de suite dans l’armée.

Force est de constater qu'il y a beaucoup plus de morts dans les écoles que sur les champs de bataille. Je lui conseillerai de devenir potier au lieu de finir prof dépressif, flic tabassé ou ouvrier dans une usine en plein licenciement économique. Je lui payerai un voyage dans un pays où la lèpre existe encore. Je le laisserai s’écoeurer de toutes les drogues. Je l’encouragerai dans ses vocations diverses et éphémères. Profiter avant qu’un roquet cocu tire à coup sec notre laisse individuelle, labellisée bleu blanc rouge, en entendant crier « Oh mais c’est quoi toute cette liberté qu’on vous a accordée ? On va retendre un peu tout ça. »
Et peut être que la France elle aussi chuchotera dans un tortillement douloureux:
«Ca ressemble à ça la mort ? »

Edit: Archives 20six supprimées. Non sans peine.

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Dix heures totales sous la machine.
Photo approximative du jambonneau.

18 avril 2007

SK#130

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En sortant de la projection de « 300 ». Joli film esthétique de propagande américaine, selon moi, ou comment sublimer son armée contre une probable invasion islamiste. C’est un peu comme notre Pif communiste, mais avec beaucoup plus de moyen.

Moi : - Ce film me donne envie de butter tout le monde.
Colibri : - Moi ça me donne envie d’aller à la salle de gym.

Ca ne sert à rien de le dire, mais on m’annonce dix-huit degrés ce week-end et un des photographes de Feist m’offre de poser pour lui. Ce n’est pas pour rien que je suis toujours derrière l’objectif, mais là, c’est un peu comme si je me sentais belle.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Cali dans le Caddies »

15 avril 2007

SK#129

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Vivre un mois d’avril comme un mois de novembre est un peu perturbant pour le biorythme. Regarder la neige fondre pendant que sous la capitale française vous croulez sous les vingt-quatre degrés, n’est en rien rassurant. J’ai le cou qui me démange après six mois du port d’écharpe en laine et j’ai éclaté toutes mes chaussures dans la neige, brûlées, trouées, usées, décolorées.

Avec le Colibri, on a déjà commencé à foutre les piles de magazines dans les sacs-poubelles, accumulation d’In Touch et autres merdes journalistiques. Plier les boîtes de designers toys, jeter les factures vidéotron, classer les fiches de salaires, dépoussiérer la valise d’un mètre cinquante qui avait supporté mes quarante cinq kilos d’affaires lors de l’aller. Un calvaire ce départ, je me rappelle. Quinze kilos de surplus, qu’on n’a fini par ne pas payer puisque nous retardions l’embarcation. Courir comme des dératées, la ceinture dans la main, le pantalon glissant, chercher le passeport, et souffler enfin dans le tunnel qui mène à l’avion. Partir avec tous les espoirs du monde, ne songeant pas encore au retour.

Ce retour d’ailleurs, qui me travaille énormément, m’empêchant de profiter un maximum du temps qu’il reste. Il a fallu pour cela que je comble, à contrario, les jours qui suivront mon arrivée, créer mikmak, booker juanico del paris, me remettre à sec, à l’organisation avec Dactylo pour le Triptyque et mixer cinq fois en deux semaines. Comme s’il fallait que ça s’enchaîne pour qu’on évite de poser toujours les mêmes questions, dans des racles vocales différentes de ceux qui ne sont jamais venus aux nouvelles pendant que j’étais ici, pendant que j’aurais aimé en avoir, pendant que c’était gravement la merde.

Au lieu de ça, vivre l’introspection d’un long voyage comme une marche polaire et se découvrir pour de vrai en laissant crever les fous espoirs de ce que je ne serais jamais, tout en jouissant de ce que je suis devenue, enfin.

edit: Dans sept jours, je compte sur vous pour voter pour le plus Loyal des candidats.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Beau couple - Les Laurentides »

11 avril 2007

SK#128

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Reste encore du temps avant que je me remette d'un incroyable Big Fat Easter Wedding, puisque les dix sept heures de sommeil n'ont pas suffit.
Une photo pour faire patienter. Le reste plus tard.

Photo:
Copyright D. Juncutt
"Pièce Montée"

01 avril 2007

SK#127

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Le printemps s’installe doucement et prend bien son temps. Ce blog aura été l’apologie de la météo pour l’année qui s’est écoulée. Ça semble important de parler du temps qu’il fait, ça permet de combler des conversations et nous offre un repère du temps qui s’écoule. C’est tout de même une des seules véritables choses que l’on peut prévoir sans prendre de grand risque. C’est la supériorité de l’Homme sur son système solaire. Il sait l’Homme s’il aura chaud demain et à combien de degré près, s’il peut porter un pull ou une chemise. Il est triste lorsqu’il pleut et heureux lorsqu’il fait beau, sans songer que la pluie aide à faire pousser des champs de patates entiers dont il se délectera plus tard, en purée, en frites ou sautées. Il est assez binaire dans sa façon de penser, l’Homme. Et pas uniquement concernant la météo. Il aime classer de façon assez simple, ce qui est Bien et ce qui est Mal, ce qui est Blanc ou Noir.

En tous les cas pour moi, qui suis plutôt Gris, ces derniers jours, je traînais mes guiboles dans le Mal, aussi joyeusement qu’une danse country texane exécutée par une bimbo cowgirl, secouant la botte gauche remplie de billets d’un dollar. C’est un peu l’image que je me fais des trucs joyeux et aussi la raison pour laquelle j’adore crier « Hi haaaaa ».

À compter d’aujourd’hui, il me reste quarante-huit jours avant de me retrouver dans l’Airbus A340, neuf heures de trajet sans escale, qui me ramènera chez moi. Juny rentre à la maison, et dans l’espoir fou de retrouver le bon goût du champagne que les copines auront préalablement mis au frais. N’est-ce pas…


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Miss P & Soul Sista - Boston »

30 mars 2007

SK#126



Première séance. Cinq heures de piqûres sur ma douce chair.(jambon gonflé pour 48 heures) A suivre, une dernière session pour les ombrages et les couleurs dans quinze jours. Composition : dague plantée dans une main, parsemé de roses et de petites vagues dans un style old school.
L’artiste, c’est Arno de chez Imago Tattoo. Tellement doux et attentionné, que j’aurai pu m’endormir de plaisir.

Rien qu’un petit souvenir de Montreal.

Photo :
D. Juncutt
« Compo tattoo »

26 mars 2007

SK#125

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J'ai beau éviter de passer pour une touriste, il y a toujours un moment où l'on a envie de prendre la même chose que le japonais d'à côté.

San Francisco c'est mieux que bien, et encore mieux que super bien surtout lorsqu'on se fait des potes en une seule soirée juste parce que c'est drôle l'accent français, c'est drôle de graver "Jun a fait pipi ici" au restroom du Lexington Club, c'est drôle de manger des pancakes avec des drags à trois heures du mat chez Andie's... Alors je pense déjà à la prochaine fois parce que je suis vraiment triste de quitter cette ville.

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Embarcaderos

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Ocean Beach

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Brian - Cat Club

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Bay Street

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SF MOMA

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Ophé & Cari - Cat Club

Photos:
Copyright D. Juncutt

22 mars 2007

SK#124

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C’est une simple histoire de volonté. Je ferme les yeux, inspire à plein poumons et trace mon chemin. Je n’ai pas goûté au Beard Papa’s, ces espèces de gros choux farcis de crème vanillée, saupoudrés de sucre ou de chocolat.
Plan de San Francisco corné entre les mains, je suis du doigt le trajet du bus 71, direction Haight Street, rue animée, colorée et cosmopolite. Ma préférée pour le moment. Good vibes, comme à la maison, pas du déjà-vu, mais du déjà ressenti. Une atmosphère particulière qui donne envie de vivre ici pour le reste de sa vie sans jamais chercher une autre oasis. Colibri déambule dans la boutique de chaussure Fluevog, moquettée du sol au mur, alors que je suis affalée dans l’immense fauteuil feutré. Vernies rouge ou cuir noir, talons hauts, très classe, galbe impeccable, démarche sensuelle, à la recherche d’une position qui la rendra plus « fem » encore, à dévorer sans modération, son cou entre mes doigts.

Au Cha Cha Cha, ils servent des tapas bon marché dans un décors chicanos, sur du Manu Chao. Au Twin Peaks, (entre Castro et Twin Peaks donc) l’un des premiers bars ouvertement gays, devenu old big bear, le barman quinquagénaire nous demande si l’on a bien vingt et un an avant de nous servir deux diet cokes sur des airs de Cock Robin, alors même qu’au Café de la Presse on nous sert une bavette à l’échalote en écoutant de la variété française, un contraste surprenant.

J’ai posé ma veste sur la pelouse du Golden Gate Park, plus précisément au milieu du Rose Garden. Le bras caressant l’herbe humide, je pouvais entendre la vie grouillante souterraine et les corbeaux qui se demandaient si nous étions bonnes à manger. Dormir en se donnant au soleil qui m’offrait, quant à lui, la possibilité de promener mon corps bras nus, chose que je n’avais pas faite depuis environ six bons et longs mois.

To be continued... If I have the time.


Edit NB: Profitez de mes archives 20six, je devrais les supprimer sous peu. Je sais pas, un an et demi d'une vie dépressive névrosée, en layout bordeau, ça sent le vieux.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Wall Haight Street – SF »

21 mars 2007

SK#123

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Tu poses tes affaires dans un bac en plastique, tu retires tes chaussures, ta veste, ta ceinture et tu fourres tout dedans. Dis adieu à ton briquet et ta bouteille d’eau, tu les poses sur une table et c'est sans broncher. Tu passes le détecteur de métaux, pendant que ton sac et le bac sont inspectés par un scanner. Un type te fouille le corps alors qu’un autre te fouille le sac de fond en comble allant jusqu’à suspecter de vieux papier de bonbons oubliés dans une poche. On y est tous passés, passagers terroristes présumés. En ligne droite, à imaginer un scénario similaire pour tous les tolars, réduit au même niveau, classe éco ou affaire, à la limite de voyager nu pour un maximum de sûreté.

Mais ça, c’était avant qu’un douanier s’attarde méchamment sur mon badge à la gloire de Céline Dion. Là, fièrement épinglé comme on accrocherait sa légion d’honneur, à hauteur de ses yeux tombants, il pouvait lire « Celine Sucks ».
« -You don’t like Celine ? Qu’il me dit en regardant à peine mon passeport.
« - Hum oh, it’s just a gift you know… »
Il m’affuble ensuite de questions identiques qui me donnent l’air coupable de quelque chose. Du moins, il m’en persuade presque.

Six heures d’avion, deux films ennuyeux, trois cafés, quatre zones de perturbations et un atterrissage réussi. SFO, valises sur le tapis, shuffle, hôtel avec vue sur un mur. Vent frais, petite veste, Chinatown, Union Square.San Francisco a un goût d’Europe. Il ne trône pas à tous les coins de rue l’union jack à défaut du Rainbow flag sur Castro Street.

Et puis comme il semble faire moins vingt degrés à Montréal, la Californie fait doublement du bien.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Cable Car – San Francisco »

18 mars 2007

SK#122

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Le vigile a le sourire aussi large que l’envergure de ses bras lorsqu’il me fait pénétrer dans le backstage. Je pose mes affaires et me précipite vers la table pour me servir une vodka-guru que je finirai par ne pas boire. L’appel du « c’est gratuit, prend tout ce que tu peux. »

La toile géante sur laquelle sont diffusées les œuvres du v.j. est transparente. Je vois la petite foule qui commence à s’échauffer sur de la world music. J’ai le trac, les mains qui tremblent, je mixe tous les mardis depuis neuf mois, devant la moitié de ces gens, ça ne peut pas arriver maintenant. Mais la salle est immense, et recèle des têtes familières. Le son brûlant, les esprits à la fête.
Je n’entends rien dans mon casque, le moniteur me casse les oreilles. J’enfile le premier disque, je respire profondément, je bois de l’eau et j’enchaîne. Vinyle sur vinyle, de plus en plus fort, de plus en plus calibré, lumineux, chaleureux que les gens ne s’y trompent pas et lèvent les bras, puis suivent mon doigt qui bat le rythme. Je tremble moins lorsqu’il faut laisser la place, je regrette de ne pas épuiser la foule davantage, les faire suer et les voir partir, fermer les yeux et succomber à l’harmonie du minimal.

Sur le dance-floor, je finis mon eau, on me touche le bras pour me parler, on me touche toujours les bras, on me félicite, les mecs hochent la tête, entre épaules larges on ne se tripote pas, et les filles soutiennent le regard, la bouche entrouverte et disent « merci, vraiment. », c’est toujours ainsi et je ne sais toujours pas quoi répondre. Je ne fais que passer des disques après tout, faut pas déconner.

Je ne crâne donc pas dans la salle. Je m’assieds et pense au prochain gros set devant les copines, à Arno d’Imagoo Tattoo qui va m’encrer une manchette old-school complète dans deux semaines, puis à lundi, à San Francisco, est-ce qu’il fera assez chaud, l’hôtel sera-t-il confortable, vais-je louer une voiture, où est mon passeport, APN ou caméra, et Colibri portera-t-elle sa robe bleue…

Alors si vous vous ennuyez durant mon absence, vous pouvez toujours trouver le candidat à la présidence qui se rapproche le plus de vos convictions (Robert Baud pour moi) où jouer à devinator (super fort) voire même regarder l'excellent site de topito. (les top 10 des trucs les plus cons).
Ne me remerciez pas.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Alex - Boston »

16 mars 2007

SK#121

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Je ne viens pas de cette planète. J’écarquille les yeux chaque jour de plus en plus grand, devant l’information qui me parvient par le biais du net, avec ses articles interactifs où tout le monde y va de son petit commentaire, croyant détenir une vérité certaine. Le net c’est ça, le pouvoir de la certitude.

En quelques jours j’ai pu noter ce que l’actualité me relatait, des news incroyables, des mariages d’intérêts et des silences cruels.
Simone Veil soutenant Sarkozy, celui là même qui prévoit de monter un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Elle ne pourrait oublier sa victimisation du nazisme et combien on tuait au nom d’une race soit disante supérieure.
Dieudonné en visite chez les pygmées d’Afrique avec sa nouvelle amie Jany Le Pen.
Le silence de l’actuel génocide, j’ose le dire, à Darfour où près de trois cent mille morts viennent d’être recensé. Ça me rappelle vaguement quelque chose. Ca rappelle toujours quelque chose.

Je ne comprends pas. Personne ne semble réagir. La population est engluée dans une médiatisation stérile qui diffuse l’information comme on gave une oie, préférant s’intéresser à la boule à zéro de Britney, au troisième enfant d’Angélina où au résultat de la dernière réhab de Lindsay Lohan.

Dans un autre genre d’anti-réactivité
Le Quebec est une région laxiste qui ne réagit pas, jamais et qui se suffit à elle-même, totalement fermée au monde, esprit à l’Américaine, égoïste, qui vit en autarcie, mais dont son point fort est l’égalité, la vraie, la forte.
La France, de son côté, est un pays raciste qui s’ignore, dont les vieux et les ouvriers préfèrent voter Le Pen parce qu’ils ciblent mal leurs problèmes. Mais qui, à son avantage, est réactionnaire et allergique à toute forme d’autorité. Qui se battra toujours pour ce qu’elle croit juste et ne reniera jamais le nombre de tête qu’elle a fait tomber pour conserver sa liberté.
Je n’aimerai pas avoir honte d’elle, le jour des élections.

Il n’y a donc pas de pays modèle. Si l’herbe est plus verte ailleurs, c’est que sa terre est faussement saine
« Suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu'eux sont d'ailleurs ? »
P. Desproges.

Photo :
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« L’amour »

13 mars 2007

SK#120


Extrait#2 "You Should Be Me"
Copyright D. Juncutt

Je pourrais bien glisser dans ce post les photographies de ce week-end américain mais je les réserve pour les jours où je ne serais pas en vadrouille, à sûrement me plaindre de Paris ou d’autre chose.
Pour le down : Tomber en panne d’essence. Se rendre compte que Johnny Cupcakes ne vend aucun fucking muffins.
Pour le Up : Marcher plus de dix minutes sur la plage sans manteau. Acheter des marlboros light à seulement trois dollars le paquet. Dîner à quatre heures du matin chez South Street Diner. Pouffer de rire, puis tourner de l’oeil devant Jackass 2. Danser sur Alex Under. Rencontrer Cookie Scientist. Marcher sur un mur de briques rouges. Feuilleter les livres du Harvard Book Store et goûter mon premier vrai Scone en buvant un énième faux café.

Il est donc possible de rencontrer des Américains sympas et même si nous étions fortement conditionnées pour que rien ne vienne perturber cet échappatoire.

Pour la peine, un deuxième extrait du projet « You Should Be Me. », (qualitée divx) qui portera peut-être un autre nom à l’avenir. Pour l’instant, appelons le ainsi.
Ce sera, sans doute, le dernier extrait avant un certain temps (filmage, montage, choses à vivre…)

Pour ceux qui souhaitent avoir des informations sur les musiques utilisées, envoyez-moi un email.
Puis, pour ceux qui en veulent plus, je jouerai samedi 17 mars à la Société des Arts Technologiques (SAT) de Montréal accompagnée entre autres de Vincent Lemieux, Ernesto Ferreyra, The Mole, Yoyowho
Enfin, pour ceux, qui, vraiment s’en foutent, regardez donc le Gorgeous Tiny Chicken Machine Show ou finissez vous sur le blog officiel d'Eve Angeli ou mieux encore, sur ses vidéos. "T'es forte toi, tu sais écrire beurre !"

08 mars 2007

SK#119


Extrait#1 "You Should Be Me"
Copyright D. Juncutt

C’est ainsi que naît l’idée. L’angoisse d’un retour, et de comment ceux qui ne savent pas, génèrent le fantasme. Pas eu besoin de chercher longtemps. Il y aura éventuellement plus de détails sur la réelle motivation, très intime, de ce projet une fois qu’il sera un peu plus construit et proche de sa fin.

Voici donc les premières images d’un documentaire introspectif sur un quotidien sans équivalent, intitulé « You Should Be Me ». Le but est de filmer, le plus sincèrement possible, mon environnement, sans que j’apparaisse à l’écran. Ce qui m’arrange plutôt pas mal. Une caméra subjective mettant en scène les longs discours comme les silences les plus improbables.
Je ne sais pas ce que j’en ferais, ni combien de temps cela prendra avant que je décide d’y mettre fin. Peut-être finira-il au fond d’un tiroir avec l’amer sentiment qu’il n’y a rien à montrer, unhttp://www2.blogger.com/img/gl.link.gif projet avorté. Mais peut-être pas.

Montage non définitif donc. (avec une compression plus que naze en mpeg4 –30 images pars secondes, merci youtube).Puisqu’il faudra les accords des personnes filmées, et surtout les droits des musiques utilisées si j’envisage d’en faire quelque chose de plus concret. Je posterai régulièrement quelques scénettes pour montrer l’évolution du travail.

Sinon demain Boston. Six heures de routes vers Alex Under.

28 février 2007

SK#118

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Il est vrai que je n’ai pas updaté depuis mille neuf cent soixante-sept, mais c’est la faute à la vie. Il a fallu que je me remette d’un film sur une cheerleader, avec la petite minette de Heroes qui reprend son propre rôle version Clueless vs Esprits Rebelles. C’était pas beau à voir, mais ça m’a permis de savoir faire les spirits fingers et ça, je peux vous dire que dans la vie, c'est super utile. En plus, le lendemain, je faisais la queue, avec des bambins surexcités, pour glisser sur un donuts géant en hurlant au type chargé de nous pousser en haut de la piste « Me faite pas tourner, me faite paaaaaaass… », tout en admirant le Lac des Castors, totalement gelé et envahit de patineurs du dimanche. Un beau manège humain.

Accessoirement, il me faut aussi tempérer l’humeur assassine du Colibri en lui concoctant un voyage amerloque. Lui promettre du soleil, du dépaysement, un petit chat sous sa couette. Alors elle a noté dans son mince agenda noir, Boston le neuf mars et San Francisco le dix huit. Presque un an que je ne l’avais pas vu y écrire quelque chose avec autant d’envie et de précision.

Et comme la neige fond et que les oiseaux reviennent se percher sur les arbres, tout semble aller déjà mieux.


Photo :
Copyright D. Juncutt
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