30 mars 2007

SK#126



Première séance. Cinq heures de piqûres sur ma douce chair.(jambon gonflé pour 48 heures) A suivre, une dernière session pour les ombrages et les couleurs dans quinze jours. Composition : dague plantée dans une main, parsemé de roses et de petites vagues dans un style old school.
L’artiste, c’est Arno de chez Imago Tattoo. Tellement doux et attentionné, que j’aurai pu m’endormir de plaisir.

Rien qu’un petit souvenir de Montreal.

Photo :
D. Juncutt
« Compo tattoo »

26 mars 2007

SK#125

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J'ai beau éviter de passer pour une touriste, il y a toujours un moment où l'on a envie de prendre la même chose que le japonais d'à côté.

San Francisco c'est mieux que bien, et encore mieux que super bien surtout lorsqu'on se fait des potes en une seule soirée juste parce que c'est drôle l'accent français, c'est drôle de graver "Jun a fait pipi ici" au restroom du Lexington Club, c'est drôle de manger des pancakes avec des drags à trois heures du mat chez Andie's... Alors je pense déjà à la prochaine fois parce que je suis vraiment triste de quitter cette ville.

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Embarcaderos

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Ocean Beach

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Brian - Cat Club

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Bay Street

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SF MOMA

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Ophé & Cari - Cat Club

Photos:
Copyright D. Juncutt

22 mars 2007

SK#124

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C’est une simple histoire de volonté. Je ferme les yeux, inspire à plein poumons et trace mon chemin. Je n’ai pas goûté au Beard Papa’s, ces espèces de gros choux farcis de crème vanillée, saupoudrés de sucre ou de chocolat.
Plan de San Francisco corné entre les mains, je suis du doigt le trajet du bus 71, direction Haight Street, rue animée, colorée et cosmopolite. Ma préférée pour le moment. Good vibes, comme à la maison, pas du déjà-vu, mais du déjà ressenti. Une atmosphère particulière qui donne envie de vivre ici pour le reste de sa vie sans jamais chercher une autre oasis. Colibri déambule dans la boutique de chaussure Fluevog, moquettée du sol au mur, alors que je suis affalée dans l’immense fauteuil feutré. Vernies rouge ou cuir noir, talons hauts, très classe, galbe impeccable, démarche sensuelle, à la recherche d’une position qui la rendra plus « fem » encore, à dévorer sans modération, son cou entre mes doigts.

Au Cha Cha Cha, ils servent des tapas bon marché dans un décors chicanos, sur du Manu Chao. Au Twin Peaks, (entre Castro et Twin Peaks donc) l’un des premiers bars ouvertement gays, devenu old big bear, le barman quinquagénaire nous demande si l’on a bien vingt et un an avant de nous servir deux diet cokes sur des airs de Cock Robin, alors même qu’au Café de la Presse on nous sert une bavette à l’échalote en écoutant de la variété française, un contraste surprenant.

J’ai posé ma veste sur la pelouse du Golden Gate Park, plus précisément au milieu du Rose Garden. Le bras caressant l’herbe humide, je pouvais entendre la vie grouillante souterraine et les corbeaux qui se demandaient si nous étions bonnes à manger. Dormir en se donnant au soleil qui m’offrait, quant à lui, la possibilité de promener mon corps bras nus, chose que je n’avais pas faite depuis environ six bons et longs mois.

To be continued... If I have the time.


Edit NB: Profitez de mes archives 20six, je devrais les supprimer sous peu. Je sais pas, un an et demi d'une vie dépressive névrosée, en layout bordeau, ça sent le vieux.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Wall Haight Street – SF »

21 mars 2007

SK#123

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Tu poses tes affaires dans un bac en plastique, tu retires tes chaussures, ta veste, ta ceinture et tu fourres tout dedans. Dis adieu à ton briquet et ta bouteille d’eau, tu les poses sur une table et c'est sans broncher. Tu passes le détecteur de métaux, pendant que ton sac et le bac sont inspectés par un scanner. Un type te fouille le corps alors qu’un autre te fouille le sac de fond en comble allant jusqu’à suspecter de vieux papier de bonbons oubliés dans une poche. On y est tous passés, passagers terroristes présumés. En ligne droite, à imaginer un scénario similaire pour tous les tolars, réduit au même niveau, classe éco ou affaire, à la limite de voyager nu pour un maximum de sûreté.

Mais ça, c’était avant qu’un douanier s’attarde méchamment sur mon badge à la gloire de Céline Dion. Là, fièrement épinglé comme on accrocherait sa légion d’honneur, à hauteur de ses yeux tombants, il pouvait lire « Celine Sucks ».
« -You don’t like Celine ? Qu’il me dit en regardant à peine mon passeport.
« - Hum oh, it’s just a gift you know… »
Il m’affuble ensuite de questions identiques qui me donnent l’air coupable de quelque chose. Du moins, il m’en persuade presque.

Six heures d’avion, deux films ennuyeux, trois cafés, quatre zones de perturbations et un atterrissage réussi. SFO, valises sur le tapis, shuffle, hôtel avec vue sur un mur. Vent frais, petite veste, Chinatown, Union Square.San Francisco a un goût d’Europe. Il ne trône pas à tous les coins de rue l’union jack à défaut du Rainbow flag sur Castro Street.

Et puis comme il semble faire moins vingt degrés à Montréal, la Californie fait doublement du bien.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Cable Car – San Francisco »

18 mars 2007

SK#122

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Le vigile a le sourire aussi large que l’envergure de ses bras lorsqu’il me fait pénétrer dans le backstage. Je pose mes affaires et me précipite vers la table pour me servir une vodka-guru que je finirai par ne pas boire. L’appel du « c’est gratuit, prend tout ce que tu peux. »

La toile géante sur laquelle sont diffusées les œuvres du v.j. est transparente. Je vois la petite foule qui commence à s’échauffer sur de la world music. J’ai le trac, les mains qui tremblent, je mixe tous les mardis depuis neuf mois, devant la moitié de ces gens, ça ne peut pas arriver maintenant. Mais la salle est immense, et recèle des têtes familières. Le son brûlant, les esprits à la fête.
Je n’entends rien dans mon casque, le moniteur me casse les oreilles. J’enfile le premier disque, je respire profondément, je bois de l’eau et j’enchaîne. Vinyle sur vinyle, de plus en plus fort, de plus en plus calibré, lumineux, chaleureux que les gens ne s’y trompent pas et lèvent les bras, puis suivent mon doigt qui bat le rythme. Je tremble moins lorsqu’il faut laisser la place, je regrette de ne pas épuiser la foule davantage, les faire suer et les voir partir, fermer les yeux et succomber à l’harmonie du minimal.

Sur le dance-floor, je finis mon eau, on me touche le bras pour me parler, on me touche toujours les bras, on me félicite, les mecs hochent la tête, entre épaules larges on ne se tripote pas, et les filles soutiennent le regard, la bouche entrouverte et disent « merci, vraiment. », c’est toujours ainsi et je ne sais toujours pas quoi répondre. Je ne fais que passer des disques après tout, faut pas déconner.

Je ne crâne donc pas dans la salle. Je m’assieds et pense au prochain gros set devant les copines, à Arno d’Imagoo Tattoo qui va m’encrer une manchette old-school complète dans deux semaines, puis à lundi, à San Francisco, est-ce qu’il fera assez chaud, l’hôtel sera-t-il confortable, vais-je louer une voiture, où est mon passeport, APN ou caméra, et Colibri portera-t-elle sa robe bleue…

Alors si vous vous ennuyez durant mon absence, vous pouvez toujours trouver le candidat à la présidence qui se rapproche le plus de vos convictions (Robert Baud pour moi) où jouer à devinator (super fort) voire même regarder l'excellent site de topito. (les top 10 des trucs les plus cons).
Ne me remerciez pas.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Alex - Boston »

16 mars 2007

SK#121

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Je ne viens pas de cette planète. J’écarquille les yeux chaque jour de plus en plus grand, devant l’information qui me parvient par le biais du net, avec ses articles interactifs où tout le monde y va de son petit commentaire, croyant détenir une vérité certaine. Le net c’est ça, le pouvoir de la certitude.

En quelques jours j’ai pu noter ce que l’actualité me relatait, des news incroyables, des mariages d’intérêts et des silences cruels.
Simone Veil soutenant Sarkozy, celui là même qui prévoit de monter un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Elle ne pourrait oublier sa victimisation du nazisme et combien on tuait au nom d’une race soit disante supérieure.
Dieudonné en visite chez les pygmées d’Afrique avec sa nouvelle amie Jany Le Pen.
Le silence de l’actuel génocide, j’ose le dire, à Darfour où près de trois cent mille morts viennent d’être recensé. Ça me rappelle vaguement quelque chose. Ca rappelle toujours quelque chose.

Je ne comprends pas. Personne ne semble réagir. La population est engluée dans une médiatisation stérile qui diffuse l’information comme on gave une oie, préférant s’intéresser à la boule à zéro de Britney, au troisième enfant d’Angélina où au résultat de la dernière réhab de Lindsay Lohan.

Dans un autre genre d’anti-réactivité
Le Quebec est une région laxiste qui ne réagit pas, jamais et qui se suffit à elle-même, totalement fermée au monde, esprit à l’Américaine, égoïste, qui vit en autarcie, mais dont son point fort est l’égalité, la vraie, la forte.
La France, de son côté, est un pays raciste qui s’ignore, dont les vieux et les ouvriers préfèrent voter Le Pen parce qu’ils ciblent mal leurs problèmes. Mais qui, à son avantage, est réactionnaire et allergique à toute forme d’autorité. Qui se battra toujours pour ce qu’elle croit juste et ne reniera jamais le nombre de tête qu’elle a fait tomber pour conserver sa liberté.
Je n’aimerai pas avoir honte d’elle, le jour des élections.

Il n’y a donc pas de pays modèle. Si l’herbe est plus verte ailleurs, c’est que sa terre est faussement saine
« Suis-je bien de cette planète ? Et si oui, cela ne prouve-t-il pas qu'eux sont d'ailleurs ? »
P. Desproges.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« L’amour »

13 mars 2007

SK#120


Extrait#2 "You Should Be Me"
Copyright D. Juncutt

Je pourrais bien glisser dans ce post les photographies de ce week-end américain mais je les réserve pour les jours où je ne serais pas en vadrouille, à sûrement me plaindre de Paris ou d’autre chose.
Pour le down : Tomber en panne d’essence. Se rendre compte que Johnny Cupcakes ne vend aucun fucking muffins.
Pour le Up : Marcher plus de dix minutes sur la plage sans manteau. Acheter des marlboros light à seulement trois dollars le paquet. Dîner à quatre heures du matin chez South Street Diner. Pouffer de rire, puis tourner de l’oeil devant Jackass 2. Danser sur Alex Under. Rencontrer Cookie Scientist. Marcher sur un mur de briques rouges. Feuilleter les livres du Harvard Book Store et goûter mon premier vrai Scone en buvant un énième faux café.

Il est donc possible de rencontrer des Américains sympas et même si nous étions fortement conditionnées pour que rien ne vienne perturber cet échappatoire.

Pour la peine, un deuxième extrait du projet « You Should Be Me. », (qualitée divx) qui portera peut-être un autre nom à l’avenir. Pour l’instant, appelons le ainsi.
Ce sera, sans doute, le dernier extrait avant un certain temps (filmage, montage, choses à vivre…)

Pour ceux qui souhaitent avoir des informations sur les musiques utilisées, envoyez-moi un email.
Puis, pour ceux qui en veulent plus, je jouerai samedi 17 mars à la Société des Arts Technologiques (SAT) de Montréal accompagnée entre autres de Vincent Lemieux, Ernesto Ferreyra, The Mole, Yoyowho
Enfin, pour ceux, qui, vraiment s’en foutent, regardez donc le Gorgeous Tiny Chicken Machine Show ou finissez vous sur le blog officiel d'Eve Angeli ou mieux encore, sur ses vidéos. "T'es forte toi, tu sais écrire beurre !"

08 mars 2007

SK#119


Extrait#1 "You Should Be Me"
Copyright D. Juncutt

C’est ainsi que naît l’idée. L’angoisse d’un retour, et de comment ceux qui ne savent pas, génèrent le fantasme. Pas eu besoin de chercher longtemps. Il y aura éventuellement plus de détails sur la réelle motivation, très intime, de ce projet une fois qu’il sera un peu plus construit et proche de sa fin.

Voici donc les premières images d’un documentaire introspectif sur un quotidien sans équivalent, intitulé « You Should Be Me ». Le but est de filmer, le plus sincèrement possible, mon environnement, sans que j’apparaisse à l’écran. Ce qui m’arrange plutôt pas mal. Une caméra subjective mettant en scène les longs discours comme les silences les plus improbables.
Je ne sais pas ce que j’en ferais, ni combien de temps cela prendra avant que je décide d’y mettre fin. Peut-être finira-il au fond d’un tiroir avec l’amer sentiment qu’il n’y a rien à montrer, unhttp://www2.blogger.com/img/gl.link.gif projet avorté. Mais peut-être pas.

Montage non définitif donc. (avec une compression plus que naze en mpeg4 –30 images pars secondes, merci youtube).Puisqu’il faudra les accords des personnes filmées, et surtout les droits des musiques utilisées si j’envisage d’en faire quelque chose de plus concret. Je posterai régulièrement quelques scénettes pour montrer l’évolution du travail.

Sinon demain Boston. Six heures de routes vers Alex Under.