25 novembre 2007

SK#182



Vidéo:
Copyright D. Juncutt
Extrait 12 "You Should Be Me
Soirée Kill Kill My Blonde

21 novembre 2007

SK#180



Au sous-sol, tout le monde est venue pour s’occuper de l’open bar qu’on nous a promis fructueux mais qui commence avec une heure de retard et ne propose que des mojitos sans menthes. Bloquée entre la foule et une table qui me cisaille la jambe, une amie en jupette me demande si la fille qui me tient la main est celle du flyer. Je la regarde fixement en songeant à ce que cette photo suscite comme émotion.

Plus tard, J. pose son bras sur mon épaule en me proférant un amical et foudroyant « Si tu lui fais du mal, je te casse la gueule ». Je trouve ça touchant. Je trouve ça alarmant. Les évènements d’il y a deux ans et demi pourraient parfaitement se confondrent. Cette phrase qu’on me répète comme une mélodie, comme une menace à l’amour, puisqu’il semble convenu que c’est toujours moi qui fait mal à l’autre.

Sur le banc de bois, elle pose souvent sa tête sur mon épaule. Son odeur se marie à l’idée que je me fais des filles faussement fragiles. Elle s’est lissé les cheveux, s’est glossé les lèvres. C’était pas comme si je l’avais quittée au petit matin, les mèches en bataille, témoins d’une nuit agitée. C’était pas comme si c’était si simple de rompre à coup sûr mes promesses de liberté et de débauche. Je pourrais sur les champs miner le terrain de cette histoire naissante. Je pourrais tout arrêter. Il est encore temps et ça m’est tellement facile.

Ca serait comme mettre fin à cette chanson entêtante. Simple et rapide.



Photo :
Copyright D. Juncutt
Flyer de Kill Kill My Blonde
Vidéo:
Interpol - NYC

14 novembre 2007

SK#178



C’est une veille de grève. Presque personne ne se plaint, ça sera juste un jour sans. Un jour off. A. se prépare à me payer un verre au bar, le billet dans la main, le mec hurle dans son oreille que c’est open bar. Boire à l’œil au Rex c’est comme entrer au Louvres la nuit. Un amoncellement de merveilles en perspective. C’est un mardi soir où l’alsphalt parisien humidifie le bas des pantalons. C’est l’ouverture du festival gay et lesbien. Ma cure de jouvence s'affère autour de moi. Des regards se croisent « je sais que tu sais qui je suis ». Puisqu’il devient indéniable qu’un nom se forme, l’attrait en découle. Et puisque l’attrait est là, le sérieux s’impose. Tout se complique. Peser ses mots, ne pas faire de tort au groupe que tu représentes. Il est ainsi dans ce milieu, il est ainsi dans tous les milieux. Toujours avoir quelque chose d’intelligent à dire. Je voudrais juste danser et être fidèle à mon hédonisme. Les choses sérieuses, je les couche sur le papier.
Sunday est cloisonné dans sa cabine. Je la sens réticente aux conventions françaises qui veulent qu’on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Nous faire croire que le dj est intouchable. Tout semble rigide. Et puisque tu mixes, tu vaudrais bien plus que ceux qui dansent. Mystification honteuse. A démonter urgemment.

Le régisseur de la cabine nous interdit de la rejoindre à l’intérieur. Il y a toujours quelque part, un type qui nous empêche de vaquer à notre convenance.
S. me dit qu’il lui faudra au moins trois verres pour me montrer ses portes jarretelles. Un seul suffira. J’improvise un atelier de fortune sur le bar en y posant ses fesses. La texture du collant me rend toute chose, je suis si faible devant le nylon.
Le barman fait de l’abus de pouvoir. Un baiser contre quatre verres. Plus tard dans le café d’à côté, on ne veut pas aller se coucher. Il finira par dire « Alors ça embrasse comme ça les lesbiennes ». Je voudrais le trouver repoussant, à la limite du dégueulasse, mais je lui considère une naïveté touchante. Je préfèrerais toujours dialoguer avec celui qui ne sait pas qu’avec celui qui en sait trop.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Audrey au Rex Club »

11 novembre 2007

SK#177



Avant de sortir, il y a toujours ce petit moment d’appréhension qui nous permet d’anticiper chaque rencontre. Celles dont on se passerait bien. Celles qu’on désire.
Faire l’effort, toujours, d’être aimable.
On se laisse finalement emporter par l’inconnu, l’improbable, parce que l’anticipation n’a plus sa place et puisque rien ne se passe jamais comme on le pensait. Jamais.
Et c’est à chaque fois ainsi. De bonnes et de mauvaises images trottent dans le nuage du matin. S’entendre dire « J’ai fais ça, vraiment ? » Des amnésies partielles et essentielles afin de conserver un minimum de dignité pour continuer la nuit.
Savoir que quelqu’un t’attend quelque part, c’est perdre sa liberté.
Je ne suis pas prête à ça.


Vidéo énervante, trash et puante:
Copyright D. Juncutt
« You Should Be Me numéro 11 »

06 novembre 2007

SK#175



Il est assez excitant de constater qu’un texte peut avoir différente lecture. Autant de lectures que de lecteurs. Chacun a vu dans mon dernier post sa propre théorie, allant du malaise à l’incompréhension.
Pour un nouvel entretien boulot, j’ai tapé « Déprimant » au lieu de « Détriment ». Ca l’a fait rire, ça m’a inquiété. J’ai envoyé bouler mes harcèlements vaginaux. Je me suis fait manger la bouche par deux filles enroulées dans un collier de perles. Les backrooms du Blue Square sont très propres. Dans la petite salle de cinéma, était diffusé ONS. On a picolé quelques bières en se rinçant l’œil devant la séance photo. L’effet Jouvet, on y mouille toujours sa culotte. On a fini par penser que la plupart des mecs avaient éjaculé sur ces murs. Tout nous paraissait douteux, les murs, les coussins et même le buffet mis à notre disposition.
Dans un mail à untelle, j’ai juste écrit « Ma vie part en couilles ». J’aime trouver les mots appropriés.

Edit PROMO:
Quand les Coupines écrivent des livres, c'est forcément bon. "Quatrième Génération" de Wendy Delorme vient de paraître. Foncez l'acheter !


Image:
Copyright D. Juncutt et jesaispasqui
"Martine"

03 novembre 2007

SK#174



Ce soir c’est ton soir. C’est ton soir comme chaque Clitorise. La Clitorise comme la soirée que t’as toujours voulu organiser. Celle qui te procure la fierté qui te va de droit. Tu restes impuissante devant les videurs qui veulent électrocuter les trans ou les noirs ou tes potes ou les trois. T’as beau espérer que les choses changeront mais rien ne s’arrange.

Ce soir, c’est ton soir et t’apprends que ton ex refait sa vie, la sienne, avec un mec. Quelque part au fond de toi tu le savais. Tu devinais même qui c’était. Tu as dit à tes amis « Elle finira avec un mec… » comme une fatalité malsaine. Tu palis à la détresse de cette nouvelle fulgurante en finissant tous les verres, tu dis que tu sais, tu dis que tu t’en fous.
Tu déposes Juanico chez son mec et finis la route seule. Saoule dans la voiture. Finir le trajet, si court soit-il. Tu déposes l’homme et tu te poses seule. Tu penses que tu faisais l’amour comme un homme. Tu te remets en question juste avant d’embrayer la troisième. Tu ne voudrais pas rentrer chez toi. Soudain tu te poses d’innombrables questions sur ta féminité. Au feu rouge, tu constates que ton maillot a été déchiré par des filles qui probablement auraient voulu t’embrasser. Tu fais mine que non, tu sais que oui. Tu dis à Marion de venir à ton secours parce que tu sais qu’elle sait comme personne dans la salle n’aura l’audace de le savoir. Facile puisque neutre. Ca tu ne l'avais pas vu venir. Tu regardes ta poitrine se mouvoir au volant. Tu sais qui tu es. Tu sais que tu es juste d'un romantisme violent.

T’as passé quelques morceaux années 80 au son pourri sur lesquels des gens ont eu des souvenirs et tu es contente. Un peu ce soir tout de même. Mais quelques gens malheureux ne sourient pas. Tu voudrais bien leur dire que tout ira beaucoup mieux. Tu sais que tu mentiras.

Dans la salle, une fille de dix-huit ans vient te voir pour te dire que tu dois être fière de savoir que la plupart des filles veulent te parler. Tu rigoles un coup. Tu rigoles deux coups. Tu ne comprends pas. Tu sais que tu dois être la seule à te sentir aussi diminuer par autant de beauté. La beauté de la naïveté. Frustrée ne n’être un jour, aussi désirée que celles qui se frottent à toi. Tu sais que tu ne seras jamais belle. Belle comme tu voudrais l’être. Tu resteras à jamais la fille tatouée qui baise dans une catégorie qui n’existe pas. C’est ce que tu penses de toi lorsqu’elle vient te parler. Sur le coup oui, c’est que ce que tu penses. Tu te maquilles trop pour être butch, tu as trop de seins pour être andro, tu mets trop de pantalons pour être fem.

Plus tard, sous la verrière, une fille de vingt et un an te dit qu’elle sait qui tu es et t’avoues lire ton blog depuis tellement d’années. Tellement d’années. Déjà. T’es vachement flattée, mais tu sais que l’age à beaucoup d’importance pour toi. Tu penses aux archives que tu as effacées pour les beaux yeux de celle qui est rentrée dans le droit chemin, celle dont la mère lit ton blog et doit se réjouir de cette nouvelle.
Savez-vous madame combien votre fille avait l’air si reposée dans mes bras. Avez-vous conscience de tout ce que vous ne saurez jamais…

Tu te dis que ce n’est pas un hasard si tu attires les filles aux tallons hauts. Les filles qui te prennent de haut.

Tu parles à Sharleen, vingt et un an.Encore. Tu attaches beaucoup d’importance à ce chiffre depuis deux semaines. Tu sais pour qui. Soudain tu penses à elle. Puis, tu voudrais bien embrasser cette inconnue qui te regarde comme on te regarde rarement. Tu sais bien que tu ne la reverras jamais. Ta coupe de cheveux part en vrille et ton maillot newyorkais est déchiré, laissant apparaître ton soutien-gorge. Tu ne ressembles à rien mais tu prends la parole, tu filmes tout et fais rire la foule comme tu ne sais faire que ça. Tu voudrais juste pouvoir poser ta tête sur l’épaule d’une fille qui ne sait pas, qui ne te connaît pas, ne t’as pas lu. Tu voudrais juste t’abandonner.

Tu fumes ta dernière cigarette, la plus biscornue de toutes, le front en sueur. La nuit est finie. Tu souris parce que c’est de bonne augure. Tu n’as pas de message sur ton portable. Tu vas t’enrouler sous ta couette froide. Il est sept heures. Tu as bu et tu regretteras tout ce que tu as dit. Tu t’étais pourtant dit que l’année de tes vingt-neuf ans serait la plus folle, tu ne savais pas que la folie serait si pénétrante.

Ce soir c’est ton soir parce que tu sais bien qu’au fond rien n’est important. T’as déjà presque oublié. Tu n’aimes personne et personne ne t’aime. Oui t’as déjà presque oublié. Quelques amis t'ont menti... Ca par contre, tu ne l’auras pas oublié.


Vidéo:
Copyright D. Juncutt
"You Should Be Me" Extrait 10
Clitorise Club Kids

01 novembre 2007

SK#173



Vendredi soir il faut prévoir quelques accessoires. Se déshabituer de la mode et de ses codes pour simplement s’engouffrer dans l’absurde. Se souvenir des coupes working girls, de nos années pustules, jean’s troués, Nike Pump, maillots wakiki, clopes Chevignon, K7 deux titres autoreverses…

J’emmerde les âmes en peines puisque demain nous serons sur scène.

Clitorise Spécial Année 80-90
Vendredi 2 novembre 2007
A la Flèche d’Or.