29 décembre 2008

SK# 243

Lorsque je suis arrivée ce matin, le bas ventre en vrac à cause de règles douloureuses, je pensais à elle justement. Ma responsable hiérarchique. J’adore ce mot, prononcé à la wanagain, on pourrait le confondre avec du vomi.
Je pensais donc qu’elle n’avait pas pris de vacances depuis des mois et que ça ne serait pas si mal si ce matin même, elle arrivait avec quelques heures de retard. Je me voyais déjà flâner tranquillement devant mon ordinateur à humer l’odeur de mon café et en lorgnant méchamment les boites de chocolats qui s’empilent sur le buffet.

Il fait encore sombre à mon bureau, l’espoir est fondé, elle ne viendra pas aujourd’hui. Infatigable intuition.

L’open space est presque vide. Je suis joie et bonheur. Il parait qu’ils en sont tous revenu, de l’Open space. Ils, se sont les entreprises qui pensaient qu’en supprimant les cloisons, on arriverait à communiquer d’avantages entre les services et qu’on éliminerait, par la même occasion, les clivages entre les patrons et les employés.

Ce qui se passe en réalité lorsque tu travailles à - je compte - quinze dans une surface d’environs cinquante mètre carrée, c’est que tu te mets vite à détester tout le monde. Tu peux parfaitement fliquer tes collègues, de ce qu’il mange à la cantine, ce qu’ils prévoient de faire ce soir, combien de temps il passe devant meetic ou facebook, et si son transit est défectueux. Les disputes entre collègues virent au règlement de compte général et on finit par détester celui qui parle plus fort que vous, celui qui a la sonnerie de téléphone la plus insupportable, ou celui qui est déjà là lorsque vous arrivez et qui reste lorsque vous partez.

Noël. Pas comme deux mille sept, l’œil humide sur le canapé. Cette année, j’ai osé la fraternité. Pour faire plaisir à ma mère, j’ai passé deux jours chez ma sœur, entourée des petits neveux, de l’oncle surdoué qui donne son avis sur tout et du père de mon beau frère, raciste et limité. Je me suis concentrée sur le plaisir qu’apporterai, toute proportion gardée, ma présence à ce dîner et ai éjecté l’égo-trip « la famille c’est de la merde, ils ne comprennent rien à ma vie ».
Ce n’est pas l’unique chèque de quarante euros qui m’a rendu mélancolique, mais bel et bien l’incroyable et cruelle impossibilité à communiquer qui plane sur ces sujets qui pendouillent sur les branches de mon arbre généalogique dont les racines introuvables blessent les descendants.

Assise dans la cuisine à tartiner des œufs de lompes sur du pain de mis en rondelle, ma sœur, à mes côtés, préfère disputer le petit Julien qui s’en fout partout, plutôt que de me demander comment va ma vie et combien elle est heureuse de me voir.
Cette pudeur me tord les tripes et je ne peux que combler le silence par un, « Elle est bien jolie ta nouvelle cuisine équipée. » alors qu’elle aurait dû entendre « Mais que nous est-il arrivé ? »

Je n’ai, du plus loin que remonte ma mémoire, aucun souvenir de tendresse entre mes parents et nous. Il nous fallait, pour une éducation parfaite, leur foutre la paix et éviter le plus possible de les emmerder avec nos questions en tout genre. Nous devions faire la vaisselle, ne pas mettre les coudes sur la table et nous coucher à dix neuf heures tous les soirs. Nous n’avions, pas de bombons, très peu de jeux et pas d’amis. L’imagination a donc été, une fuite indispensable à un quotidien stricte et glacial.
Pourtant, de cette époque quelque peu étrange, qui ne sera certainement pas la plus malheureuse puisque le pire restait à venir, j’ai pour souvenir une forte solidarité entre ma sœur et moi. Car lorsque les coups de martinet retentissaient sur nos peaux, nous nous arrangions toujours pour nous défendre l’une et l’autre, peut être elle, plus que moi d’ailleurs.

De ces années, nous n’avons jamais réellement rediscuté. Elle aura, contrairement à moi, voulu créer sa propre famille avec laquelle elle génèrera une harmonie plutôt saine et aimante ou les parents n’ont pas peur de prendre leurs enfants dans les bras.

Moi. Je ne suis pas libre de ça, restant hermétique à tout sentiment amoureux à mon égard, vécu le plus souvent comme une équation à deux inconnues, qui aura eu pour effet de briser toutes mes relations amoureuses.

14 décembre 2008

SK# 242



C'est la saison des bons sentiments. En tout genre, en toute circonstance.
Et lorsque ça devient une évidence, que les mots que l'on m'écrit, me susurre, me hurle font état d'amour, d'amitié, de reconnaissance, de doute, de douceur, de sensibilité et de justesse, je m'amuse à changer le sujet sur le moment, pour y revenir plus tard.

Dans la soirée, accroupie autour d'une petite table salie par les cendres et les culots de verres mouillés, j'ouvre la bouche au moment où tout le monde se tait pour dire qu'en amour l'un souffre et l'autre s'ennuie. Ça n'avait pas lieu d'être prononcé, on est vite passé à autre chose. Même si, durant toute ces heures de bavardage, à la lueur des bougies, il était un sujet récurant qui ne quittait pas le fond de nos conversations, détourné, diminué ou caché.
L'Amour.

Voilà bien ce qui nous amène à nous mouvoir d'une façon bien précise. Dans un inconscient collectif, par des gestes évidents comme totalement inappropriés tel qu'un rouge à lèvre parfait, une main dans la mèche, un pantalon ajusté, une belle paire de chaussure, une bouteille de vin, un travail parfait, un rendez vous, une danse, un sourire, une bonne note, un regard, une larme, un silence, un pardon, une inspiration profonde, le choix d'une musique, une main sur un genoux, reste à jamais le fruit d'un désir d'amour.

Le but inavoué étant de se faire aimer par le plus de personne possible. Toujours bien faire, impeccablement, irréprochablement, même si l'on clame haut et fort que l'on se fiche de ce que les gens peuvent bien penser de nous, il y a le poids d'une reconnaissance qui débute depuis que le cordon nous a été coupé.
L'important pour tout le monde, est de retrouver ce fil qui nous lie à l'autre. Responsable de la recherche toujours et à jamais infructueuse d'une fusion parfaite.


Photo:
Copyright Aurelie Fischler
"July"

03 décembre 2008

SK# 240



J’étais partie sur l’idée que la soirée de samedi serait un bordel monstre, dépourvue de structure concrète dès que l’on a appris qu’Anna ramènerait tous ses bons amis du fin fond de la planète underground. Oui c’était partie sur ça, que même avec un planning sur mesure, noté noir sur blanc, on n’arriverait jamais à caller tous les artistes dans les temps.

Puis. J’arrive devant le SC, la foule a déjà envahie la rue, je sens monter la tension des clubbers qui peinent sous la neige. Je m’en veux presque de ne pas les foutre dans mon sac. Fred me fait rentrer, il me dit d’avancer et que les autres me rejoindrons. Les escaliers me font peur, je les descends en douceur, l’air de « je maitrise ».

Dans les loges, c’est la bonne vibe. Dégagée de toute cette pression accumulée depuis des mois. Lorsque je sors des WC avec V. l’esprit totalement clair, les dents serrées, G. fraichement apparu-que même sur le moment, je me suis demandé comment il faisait pour toujours entrer dans nos loges alors qu’on ne fout jamais les pieds dans les siennes- m'assure qu’il n’y aucun conflit avec D. C'est un sujet récurant que j’entretiendrais un peu plus tard avec L., peinturé de toute part. Je confirme donc. Il n’y en a plus et ceux qui voudraient bien que ça continue ne sont plus là pour entretenir l’animosité. Il y a de la place pour tout le monde et ce soir, ce tout le monde, je l’aime.
Je l’aime bien aussi lorsqu’il me dit « Tu mêles l’intime et le professionnel ». L’heure du jugement une heure avant mon set. Je rétorque que « Non, tu te trompes », alors qu’en fait il a, sur le fond, probablement raison. Ca ne me rend pas plus heureuse, mais certainement plus honnête.

En backstage, certaines filles dansent, et d’autres sont collées au mur, fixant l'animation de la cabine. Y -qui venait d'arriver avec son staff- me dit « La dernière qui restera, ça sera toi ». Sur le moment je me demande ce qu’elle sous entend, plus tard, je comprends. La dernière, à trouver encore la motivation de faire des trucs. Des trucs pour les filles. July m’envoie un « Je t’aime » sur son texto de cinq heures du matin. Sur celui de quatorze heures elle m’en voudra de ne pas l’avoir vue de la soirée. Sur son msn du lendemain, elle me dira « C’était la dernière fois. »

Sur scène, avant Chloé, je passe des disques avec Rag. Aucun mot ne sort de nos bouches pendant près d’une heure. Une communication faite de gestes, de regards, d’index posés sur le pitch. Elle suit mon son, je suis le sien et on sait très bien ce qu’il est en train de se passer. Je me moque de l’image que je renvoie, j’oublie qui m’entoure. Le public forme un mur rassurant que je ne regarde pas souvent, l’important est l’enchainement, l’émotion d’un morceau que je connais par cœur, le petit papier que je calle pour que mon disque m’obéisse et ne glisse pas sur la feutrine. Bien qu'à porté de vue, c’est un moment où je disparais.

Le lendemain sur le facebook de la soirée, une fille aux allures de pas-y-toucher balance un texte enragé dans lequel elle mélange beaucoup de choses. Le face à face, rien de tel pour régler les conflits liés à une lesbo-frustration. Pourtant, à bien des reprises, dans un coin sombre de nos précédentes soirées, je me suis surprise à la voir sourire et s’amuser. Dans sa troublante analyse, elle remet en cause l’implication de notre lutte contre l’homophobie ou la transphobie, parce qu’un videur a une fois de plus fait des siennes. Une revendication désuète et complètement décentrée qui pourrait tout aussi bien nous condamner, à tord, de la mise à mort des bébés phoques du grand Nord Canadien.

Ca ne sera pas la première fois que quelqu’un se voit refuser l’entrée d’une boite de nuit, quelque que soit la soirée, quelque que soit sa sexualité. L’acte isolé de ce videur, contre notre volonté, remettrait-il en question tout le travail que nous accomplissons depuis des années -allant jusqu'à perdre nos amours et nos amitiés- Un travail quotidien et bénévole qui permet à des milliers de lesbiennes, dans un premier temps, de profiter de soirées avec une programmation de qualité dans un cadre relativement confortable.
A part anéantir ma motivation, son message n’avait rien de nouveau à m’apprendre.

Sur ce, cette mémorable soirée sera sans doute une des meilleures jamais faite. N'en déplaisent à certaines.


Photo :
Copyright Aurelie Fischler
« Rag et moi (ping-pong) aux platines »

25 novembre 2008

SK# 239



Tout est fade. Vous savez, comme manger un yaourt amer. L’engloutir sans plaisir juste parce qu’il faut finir un repas.
Heureusement ce matin, sur mon lieu de travail, à l’endroit même où des centaines de collègues se disent quotidiennement « allez, c’est reparti pour une journée », se trouvait un enclos rose dans lequel gambadaient, quelques lapins blancs. J’avais juste envie de m’allonger sur l’herbe et de faire mon Alice en rêvant à des voyages intérieurs des plus folkloriques.
Résultat, j’ai badgé - j’ai été prendre un café à quarante centimes – et j’ai checké mes mails.
Fade je vous dis, fade !

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Des lapins au travail »

19 novembre 2008

SK# 238



Des fois, les gouines, en soirée, elles ne te disent pas bonjour et te regardent de travers. Même que tu ne sais pas spécialement pourquoi, même que parfois tu n’as jamais eu à faire à elles, même que parfois tu les connais depuis des années, de simple connaissance nocturnes et superficielles que tu es, malgré tout, contente de retrouver.

Des fois, les gouines, en soirée, elles ne te calculent plus parce qu’elles parlent à d’autres filles qui sont au cœur d’une histoire dont tu deviens l’héroïne et dans laquelle elles sont bien loin d’être clean.

Des fois, les gouines, en soirée, elles te font passer du statut de filles géniales, à grosse connasses.

Je n’avais pas été méchante depuis fin 2005.

Nan vraiment, ça fait du bien de redevenir soi-même.


Photo:
Copyright D. Juncutt
"Ma gueule "voguisée"

15 novembre 2008

SK#237



Presque quatre ans après la disparition tragique, à l'age de 1 an et demi, de mon premier bouledogue prénommé Oscar, il était ainsi clair que je ne retenterai pas l'expérience.

Le temps passe, les envies renaissent et peut être inconsciemment le besoin aussi. On n'expliquera pas pourquoi la lesbienne est génétiquement attirée par les chats aussi bien que je puisse l'être des bouledogues. Une race particulière à laquelle on devient addict, rendant toutes les autres fades et inintéressantes.

Je vous présente donc, Dallas, deux mois et demi. Son prénom est un hommage au bordel de ma vie, une façon de matérialiser l'imperceptible.

Et puis, venez visiter le nouveau magazine de Barbieturix sur www.barbieturix.com. Je veux que ça devienne une habitude aussi fréquente que celle que j'ai à ramasser les crottes de Dallas...

Photo:
Copyright D. Juncutt
"Dallas"

01 novembre 2008

SK#236



Au-dessus de la color card, on cherche les tissus qui vont se marier. Des couleurs souvent improbables auxquelles on s’amuse à donner des noms. « Denyse, donne-moi un nom en G pour une casquette. » ; « Gavroche » ; « Ouai t’es trop forte ! » ; « Tellement ! »

Dans la salle de collection sans fenêtre, on n’entend que l’eau qui coule le long de la gouttière. Plus haut, dans le bâtiment, les bureaux sont vides. Il est presque vingt et une heure.
On s’arrache les cheveux pour finir la présentation de l’implantation de l’hiver 09.

C. est nouvelle. C est jeune. C. a le visage d’un ange, d’une perfection telle, que lors de notre première rencontre, je ne pouvais défaire mon regard de sa diction. C. a la pression d’une styliste qui doit terminer sa collection sans que certaines aient pris la peine de lui expliquer les ficelles (les cordes) du métier. Elle se colle à moi pour finir d’écrire les noms à la main sur la planche en dix exemplaires. C. m’appelle toujours pour aller fumer. C. se confie à moi. C. a le potentiel des avant-gardistes. C. porte des vêtements rigolos, des écharpes tricotées mains, des manteaux déstructurés, des bottes en caoutchouc lurex.

C. est angoissée. Je l’informe de n’attendre aucune reconnaissance particulière pour le travail qu’elle fournira. La maison ne fonctionne pas ainsi. Attendre est se bloquer à débuter autre chose. Ne rien attendre des autres d’une manière générale. Les déceptions arrivent par négligence, lorsque l’on s’abandonne aux vœux d’une appréciation précise, ciblée.


Photo :
Copyright D. Juncutt
« C. en salle de collection

22 octobre 2008

SK# 231

C'est vraiment histoire de faire croire qu'il se passe des choses follement jouissives ces derniers temps / à part se couper les doigts en portant un sac de deux mille flyers / mais j'update depuis mon mégasublimefique samsung addict et ça m'émoustille.
M'en faut peu ces derniers temps, j'en conviens.

Imaginez cependant que rien que pour envoyer un simple SMS, un bac + 4 ne suffit pas. J'exagère à peine ou les fulgurants progrès de la technologie me rattrapent...

Promis dans la saison cinq j'aborderais à nouveau les sujets comme l'amour, le sexe, la chienne de vie, l'odeur de l'érable fondu, la douleur d'un tatouage, les trahisons, les promenades dans les bois, les soirées olé olé, la nostalgie, le meutre, le désir, les ongles qui poussent en silence... Un bon programme sans redif.

15 octobre 2008

SK#230



Du calme...

Pas de You Should Be Me ces derniers temps car pas de disque dur externe. Et cet objet fort convoité n'est pas près d'arriver lorsque j'entends le responsable du courrier m'annoncer, sur un ton ferme, que la réception des colis personnels est strictement interdite dans l'entreprise.

C'est pas comme si ma fucking Poste était à 20 minutes à pied de mon lieu de résidence si tenté que je puisse arriver aux heures d'ouvertures sans file d'attente.

Il n'empêche, le 7 novembre, Barbi(e)turix invite Princesse Superstar au Nouveau Casino, pour la Wet For Me !

On fait moins les malins là !

En plus, ce blog aura bientôt cinq ans (remember 20six)

On fait moins les malins là !


Photo:
Princesse Superstar

09 octobre 2008

SK#229

A bien y réfléchir, il est fort probable que dans vingt ans (et même un peu moins) ma nostalgie se portera plus naturellement vers mes befores que vers les soirées en elles-mêmes.

En attendant, pour ceux qui n'ont pas la chance d'y participer (sentez l'ironie), il leur est possible de nous suivre à la ClitoRise.

Ne dépensez pas votre argent ailleurs, ça n'est certainement pas le moment.

01 octobre 2008

SK#228



A la base, juste après avoir écrit un dédaigneux « bref, je ferais les modifs », je m’étais levée pour aller me brosser les dents. À l’arrivée, je me retrouve la tête au-dessus de la cuvette.

Toute la journée, il y a eu cette sensation d’ivresse qui ne m’a pas quittée. J’ai bipé A. pour l’avertir de mon arrivée tardive. Quatorze heures. Je ne pouvais pas faire mieux.

Pour la route, j’avais prévu les mitaines et de quoi ne pas avoir trop froid. Mon travail a l’avantage de totalement m’absorber. Non pas par son ardeur mais par le nombre incalculable de problèmes qu’il m’incombe de résoudre en un temps records. Une occupation qui m'empêche de me soigner correctement. En somme, le travail est loin d'être la santé.

Pour calmer une toux persistante qui me force à sortir du métro en pleurant, j’ingurgite des décilitres de sirop dont j’ai fini par soupçonner, (rappel :la tête pâle au-dessus de la tinette immaculée), une date de péremption dépassée. C’est toute une contrariété qui s’enfuit au milieu des aliments broyés.
Il est ce petit reflex d’enfant que je redoute à chaque fois. Ce moment précis où la douleur est si forte qu’il m’arrive de jurer au nom de celui qui entendra, sous une douche de lumière divine, que « je serais gentille, promis, si ça s’arrête, je serais gentille ». Lorsque la souffrance physique atteint son paroxysme, c’est toute notre conscience qui s’enrichit d’une clairvoyance insoupçonnable. Une poignée de secondes durant lesquelles, les problèmes et tous les êtres de notre existence n’ont alors plus le même intérêt. Subitement rétablie. Leurs saveurs s’en ressentent profondément modifiées. Une update pour ne plus se tromper d’ennemie. Probablement.

Cette mise à jour aurait peut-être dû avoir lieu plus tôt, si je ne voulais pas faire d’un libertinage anodin, une histoire complexe pour une jeune fille de vingt ans qui écrit ça de moi. J’aurai pu très mal le vivre si elle n’avait pas écrit cette autre chose sur moi.

On n’a pas toujours conscience de l’influence que l’on exerce sur les jeunes âmes qui taillent de jolies plumes.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Elle - Chanteuse du groupe You Love Her Coz She’s Dead »

28 septembre 2008

SK#227

Conseil de lendemain de soirée barbieTUEUSE :

kat dit : (13:08:10)
je crois que je vais me prendre l iphone pour me consoler de ma perte de portable
kat dit : (13:08:13)
t en penses quoi ?
-Jun- se taperait bien Gossip Girl dit : (13:09:27)
je pense que si t'as envie d'un vrai abonnement avec lequel tu pourrais enfin rappeler les gens sans penser à ton crédit, c'est une option à envisager
-Jun- se taperait bien Gossip Girl dit : (13:10:48)
je pense aussi que si tu restes sur bouygues à la carte, tu devrais dépenser environ 300 euros pour un objet bien tendance avec lequel tu pourras te la peter dans le métro pendant que tout le monde aura la tête penché dans 20 minutes alors que toi, tu pourras matter le site de libé en live grace à l'option internet
-Jun- se taperait bien Gossip Girl dit : (13:10:56)
ouai, vas y , fais toi plaiz !
-Jun- se taperait bien Gossip Girl dit : (13:13:49)
bon chez orange c'est à prix attractif avec des forfait plutot sympa. Mais orange, c'est des enculés.... 
-Jun- se taperait bien Gossip Girl dit : (13:14:17)
cependant rien que pour l'iphone, ça vaut le coup de se faire titiller la rondelle...


En passant, si vous étiez au Social Club samedi soir et qu'un portable comme celui-ci a malencontreusement atterri dans votre main, contactez moi. Sa propriétaire serait heureuse de le retrouver avant de réellement songer à l'achat compulsif d'un iphone.

22 septembre 2008

SK#226



L'espace d'un instant, quelques secondes à peine, j'ai dû hésiter entre rappeler mon correspondant et m'asseoir sur la seule chaise libre de la grande fontaine du parc des Tuileries que je devais quitter après une fin d'après midi à digérer le plus gros brunch que je n'ai jamais mangé.
J'ai pris le temps.
C'est tout à fait le genre de chose que je ne sais pas faire. Comme s'installer seule dans un troquet avec un livre. S'allonger dans un parc et fermer les yeux. Flâner dans les rues dans le but de s'y perdre.
J'ai dégagé mes oreilles de toute sonorité rythmée pour écouter le clapotis de l'eau, et j'ai vulgairement photographié avec mon vieux nokia la plus belle scène à laquelle j'ai pu assistée depuis bien longtemps.
Lorsque l'ombre a refroidi mes membres, j'ai laissé sur le sable la lourde chaise verte et j'ai rappeler celle que je devais.
L'interlude terminée, il a fallu rentrer.

Cette image du bonheur aurait pu s'éterniser si Toni & Guy ne m'avait pas foiré. Soixante euros. Le prix de l'espoir. L'espoir que ça repousse très vite.

Photo:
Copyright D. Juncutt
"Couché de soleil au parc des Tuileries"

14 septembre 2008

SK#225



La nuit je mens
Je prends des trains
à travers la plaine
La nuit je mens
Je m'en lave les mains.

J'ai dans les bottes
des montagnes de questions
Ou subsiste encore ton écho
Ou subsiste encore ton écho.


Bashung


Vidéo:
Copyright D. Juncutt
"You Should Be Me # 22"

Musique :
Sebastien Leger - Cylo
Dusty Kid - America

19 août 2008

SK#225



J’entraîne Sophie chez American Apparel. J’essaye quelques sweets pour finalement ne pas en prendre. Elle va me chercher quelques maillots, elle est docile, elle me fait rire. Je suis comblée de l’avoir à mes côtés, sept heures par jour. A la caisse, la vendeuse essaye de me vendre une paire de lunettes moche assez tendance, alors je lui sors mes rayban pour la calmer. « Même pas un élastique pour les cheveux ? » fini t’elle par s’exclamer. Je lui souris, parce que j’aime la façon dont ses cheveux tombent délicatement sur son épaule. J’aurai pu passer l’après-midi, nichée dans son cou, à y sentir les relents de framboises d’un shampoing bon marché, en écoutant à s’en écœurer, the Ballad of Broken Birdie.

Múm en boucle, c’est bien là tout ce qu’il me faut, lorsque sortie du métro, la pluie fait gonfler la fibre de mes vêtements. C’est un peu la rentrée et chaque chose reprend sa place. Il reste du vide entre les évènements, il reste des amis éparpillés sur le globe, mais au fond, je saisis ce sentiment de plénitude qui ne m’avait pas gagné depuis plusieurs mois. Mouillée, gambadant sans crainte, le pas alerte, ainsi lavée de tant de tracas bourgeois.

Des images du film Broken English viennent me hanter. La scène du second réveil, le corps titubant de l’héroïne. Je me dis que chercher quelqu’un au réveil est un signe d’attachement irrémédiable. Et puis, ce petit geste anodin. Déposer sur la table basse, deux verres d’eau avant d’aller se coucher, un pour lui, l’autre pour elle. Ce même comportement imperceptible d’attention que je fais à chaque fois qu’une fille, qui compte, partage ma nuit.

Cependant. J’écris des lignes que je relis plusieurs fois et qui ne trouverons pas leur destinataire. J’essaye de dire. Je tente d’expliquer. Je comble mes silences. Je veux dire combien je n’aime pas. Qu’au-delà de toute espérance et après mûre réflexion, nos univers nous séparent, ton mal de vivre se confronte au mien, ta fragilité me fait défaut, c’est une histoire de peaux incompatibles, je vous prie d’agréer, mademoiselle, mes salutations distingués. Au possible oui, finir par une civilité agréable et irréfléchie. Revenir à un état simple. Du temps où ma bouche n’était pas un terrain de jeu, où le désir, morne, n’encombrait pas nos échanges.
Je n’envoie rien.
Il n'y avait pas de verres d'eau près du lit.

Sinon, vous saviez que le véritable prénom de Brian Eno était : Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno

Quand je pense que je n'ai même pas de deuxième prénom.


Photo :
Copyright AA.

02 août 2008

SK#221



Je ne me souviens plus du nombre de fois où je m'étais exploré l'entre jambe en écoutant cette chanson. Nourrissant de loin, toutes les idées que je me suis forgée au jour d'aujourd'hui sur ce que doit être une femme pour me plaire. Une plastique, une ouverture d'esprit, une expérimentation constante pour servir mon désir machiavélique mais rassurant.

Lorsque je touche la main de l'Une tout en fixant l'Autre, pendant qu'une troisième perd son regard sur ma bouche, il me semble avoir été marabouté par un lot d'images qui narraient mes fantasmes d'antan et que je suis d'humeur à assouvir. La désinvolture incarnée.

Une disponibilité dénuée de tabous inutiles qu'on s'empresse de combler entre mes bras, sur mon sourire. Leurs dos en sueurs en résultent.

C'est l'Eté tout simplement.

Vidéo:
Copyright D. Juncutt
Madonna - Justify my love

28 juillet 2008

SK#219



Et puis soudain plus rien.

Bien que choyée, l’herbe nous l’a été, coupée sous le pied. Des Aux revoir crispés.
Je confectionne une éclectique collection de rencontres autour d’une table, sur une nappe, au milieu d’un bain de foule. Sur une piste de danse, derrières les platines, dans un fumoir, un taxi, une rue, un lit. Peut importe le lieu, toujours être à deux, au mieux encore plus nombreux.

Mes lèvres perdent le contrôle, de la plus inaccessible à la moins farouche. Je préviens, qu’on ne peut et ne doit, éperdument un mot qui fait mal, s'ancrer, se cantonner et pourtant, aux interdits, je succombe.

Puisque nées au fond de mon dernier chaos ces amours font renaître le sentiment d’attachement qui m’avait griffé l’épiderme. Une allergie qui s’étendait, une maladie gravissime mais pas incurable. Pour preuve.

Soizyk m’en veut. Gail. embrasse si bien. Flo caresse ma jambe et me fait suffoquer de rire. POB plonge dans la nostalgie. Sarah est amoureuse. Orel a les yeux qui brillent. Vic lance des ultimatums. Katia ne doit pas partir. Amandine reste vigilante. La tête de July la Robe bleue engourdie mon bras droit dans le parc de la Cité U.

Au lendemain d’un week-end puissant et sans que je ne m’y attende, une pluie de mots arrose un soudain délaissement. Une solitude dégueulasse et foudroyante.
Ma boîte mail et mon téléphone s’émerveillent de ces déclarations d’amour venant de ceux qui se sont éloignées à plus de cinq cent kilomètres de ma bouille.

Alors ceux que j'aime m'ont dit, alors ceux que j'ai filmé m’ont écrit :


Texto de "July La Robe Bleue"

« Un soir d'été, une chaleur comme confinée dans la ville, dans ma ville. Sortit de terre, le ciel du soir prend forme, violet rosé, bleu et gris nacré. Sous terre le feu nous brûle, la gorge sèche, le cœur humide pourtant, d'une nostalgie partagée. Quelques larmes retenues, profondément ancrées dans nos souvenirs, d'une mémoire presque immédiate. Cela fait si peu de temps, que pour la première fois dans ton intérieur, nous déambulions comme intimes, j'aime à penser que nous le seront, proche du moins. Les taches sur le sol, les restes d'une soirée entre âmes. Soirée décomplexée, plus que je ne l’aurais rêvé, une belle lueur dans les yeux face caméra, des sourires bleutés, une euphorie illuminée comme en plein jour. Du liquide, du bestial, des rencontres; peut être pas les bonnes, pas toujours, pas encore. En tout cas du haut de mes socks vertes, le regard perdu derrière de gros verres, les sensations étaient proches du plaisir, dont je fais et ferai toujours, la quête acharnée. Puis c'est enchaîné à une passion perdue d'avance, que j'ai guettée en ces jours, l'écran froid du lien qui nous est vital. Bientôt je n'y penserai plus. Je n'en garde que le meilleur:
Une bande de filles, pleines d'amour pour leurs semblables, pleines d'amour pour toi, et nous deux, comme explorateurs, à quai, sur l'île chère aux yeux d'Homer.

EAT. . »

Mail de Flo le Lesbien


« Test, un deux un deux.

F4 pour que le dashboard me rappelle quel jour nous sommes: dimanche 27 juillet. On a passé un après midi sur les quais à Bastille, serrées sur une couverture trop petite pour nous toutes, à se battre pour un petit totem, comme des enfants.
Tout le monde rentre, on laisse les filles derrière nous, toi à Montrouge, Florent rue Dantzig, et me revoilà toute seule, traînant mon petit corps qui témoigne encore des beaux jours que je laisse derrière moi. Ces jours qui malgré tout me laissent le cœur gros.
J'ai quand même pas très bien commencé l'aventure, d'abord cachée derrière trop de fumée, collée à mes intimes et précieux acolytes. Ensuite sous différents verres protecteurs, enfouie dans l'herbe pour finir enfin toute nue, ou du moins en short, à me débarrasser des appréhensions, des souvenirs malsains que je materne pourtant beaucoup.
"Le grand machin et le p'tit truc blond", vagabonds toujours alertes, un peu intrigués de se voir sans cesse repartir à deux, on pu doucement se séparés, passant tout de même par la même porte, foulant le même sol meurtri par une complicité grandissante. J'ai aimé découvrir cette atmosphère nouvelle dans laquelle je ne me sens pas vraiment de trop, mais pas encore à ma place, j'ai aimé ces rires, ces confidences peut être trop ressassées parfois. Cet écart, frontière avoisinant le double de ma vie, je l'aime aussi.
Et si on devait subitement courir chacun de notre côté, mon esprit où il reste encore de nombreuses pages vierges pourra écrire que Koh Lanta, même si c'est con, c'est drôle, il pourra dessiner tes tatouage et les carreaux des chemises à Flo et me chanter des chansons tristes sur lesquelles je m'appuierai toujours comme sur l'épaule d'un pote.

Lucie.»

Mail de POB

"Hi how are you?
voila la seule phrase que je place tout le temps a NY..

J'espère que tu va bien, NY c génial, les gens st vrmt sympas, les fetes st énormes, la population est très éclectique, des autrichiens, français, allemand, italien, espagnol, brésilien..bref, on y croise de tout (ainsi ke de meufs canon comme je n'avais jms vu)

Je suis dsl pr la crise avt mn départ.. je suis susceptible et chiante et tu le sais..

enfin bref, beaucoup de visites, de photos, de connaissance, c extra..

Gspere un jour y aller av toi, car tu serais vrmt 40X plus épanouis de cette ville, même si tu lai énormément, jtm fort chou..."

Mail de Mathilda (en langage texto)


Vidéo:
Copyright D. Juncutt

Musique:
Suicide - Dream Baby Dream

17 juillet 2008

SK#218



C'est l'histoire d'une journée qui n'avait pas le droit de se terminer. Je la prévoyais bourrée d'angoisses et d'incertitude. Elle s'est avérée magique et insouciante.

J'avais la lune en Cancer parait-il ce jour-là.
Vingt-quatre heures marathon mis en boîte pour toujours. Et c'est ainsi que You Should Be Me a réellement trouvé son utilité. Modeler le réel grâce à ses émotions vives et pures. Grâce aux acteurs de ma vie qui généreusement m'offrent leurs visages, leurs voix, leurs attitudes et font de moi une fille amoureuse.
Amoureuse de ce qu'ils représentent, l'énergie, la drôlerie, la finesse... N'ont-ils pas conscience de ce présent? Le plus beau, au monde et pour toujours.

Merci à tous les acteurs de cette journée.

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
"You Should Be Me #19" – Spécial : Les 24H de mes 30 ans
15 mns


Musique :
Moriarty - Private Lily
The Konki Duet - On Dort Mieux Quand Il Pleut
Xela - Last Breath

12 juillet 2008

SK#217



Ma dernière vidéo, ma dernière soirée, mon dernier baiser, mon dernier verre, mon dernier rire, mon dernier merci, mon dernier pardon. C’est une dernière nuit dans ma vingtaine.

Trente années à se confronter à la vie. Quelle fut pénible. Quelle fut magnifique. Cette dernière dizaine.
Et puisque le retour n’est point possible, je m’engage à continuer comme si j’y étais encore.

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« You Should Be Me – 18 »

Musique :
Eagles – Hotel California
Bumcello – Death in Brest

08 juillet 2008

SK#216



Ca me rappelle notre discussion au Social Club. Et j'ai juste envie de dire : Nora, Je suis GRAVEMENT et SALEMENT d'accord avec toi sur ce coup là.

NB: faut cliquer sur le prénom pour comprendre.

Photo:
Copyright D. Juncutt
"Fashionturix 5"

06 juillet 2008

SK#214



J'aime l'idée que ça se mette à pleurer au bout d'une semaine dans Secret Story sous prétexte d'avoir vu la foufy d'Alice. Notre génération est perdue et fragile. Ca me soulage sur mon handicap sentimental.

Mais rions un peu avec ce betisier : "Le coeur a ses raisons".

Criquette, je suis amoureuse de toi, rencontrons nous au Royal Coconuts Grill Club !

29 juin 2008

SK#212



Une marche de quatorze heures à dix neuf heures. Une nuit de vingt-trois heures trente à cinq heures. Debout quoi qu'il arrive. Peut importe ce qu'on me rapporte. Arborer fièrement un sourire, le poing serré. Sur ma garde, au cas où.

Vidée jusqu'à ce que je ne puisse plus penser. M'intoxiquer jusqu'au gouffre et tournoyer dans la foule qui baisse la tête lorsque je la redresse.

Ce n'est qu'une fois dans mon lit, allongée sur le flan que raisonne enfin l’évidence des mots doux de chacune de mes discussions noctambules. Aveuglée par une vérité qui ne m’était pas parvenue. Voilà donc ce qu’on pense de moi.
J’aime assez l’idée.


Vidéo :
Copyright D. Juncutt
You Should Be Me #17 – Spécial Marche LGBT

Musique:
MANDY - Superman
Claire Diterzi - Je Garde le Chien

26 juin 2008

SK#211



Du très chargé dans le dernier You Should Be Me. Après montage, et visionnage, je décide, pour les prochains numéros, d'arrêter de rire comme une cruche toutes les cinq minutes.

Vidéo:
Copyright D. Juncutt
You Should Be Me #16
Musique:
Xploding Plastix - Huncher

24 juin 2008

SK#209



Voilà, c’est tout à fait comme ce clip que N. m’envoie par un simple clic.

Les évènements m’apparaissent en contrastes. Ses petites ridules ridicules deviennent les vedettes des scènes que je me projetais en guise de souvenirs agréables.
Le blanc s’encrasse. Lisibilité absolue sur un passé révolu.

La couleur verdâtre et impénétrable du canal Saint Martin reflète mon être. I. me dit « Rappelle toi, c’est ici que machine habite ». Je me souviens. La voiture en warning. I. dépose un sac d’affaires aux pieds de B. Je me souviens. J’assiste à la scène depuis le rétroviseur et j’entends « N’essayes plus de m’appeler. »

Je me souviens. De sa condamnation.
D’un acte héroïque, qui pousse un être à se débarrasser d’un autre. Pour officiellement, tourner la page. Changer de livre.

Vidéo:
Emily Haines & The Soft Skeleton - Our Hell

19 juin 2008

SK#207



Je me gratte à sang. Ça me rappelle la bataille imaginaire que je dois mener toutes les nuits contre un moustique qui me déguste jusqu’à l’écoeurement. Je l’entends, alors je cache précautionneusement toutes chaires étendues sous la couette pour éviter l’attaque.
Succomber à la facilité. Eviter la bagarre.

Gail me parle de son vase vide. Mathilde réclame des câlins en regardant ailleurs. Maeva frôle ma main de sa peau matte. Camille m’insulte de salope en s’esclaffant lorsque je la soupçonne de cacher un tatouage dauphin au creux des reins. Catherine mime ses positions de Yoga. Virginie veut quitter son mec. Flo me confirme notre rendez-vous. JB pense que Calais est une bonne ville pour son concours. Isa a disparu. Marion est heureuse de partir à Londres.
Dans le métro du retour. Un homme rentre son ventre et fixant goulûment une gamine qui lit son livre sur lequel je relève la phrase « Il faut songer à faire autre chose. »


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Audrey. Gaspésie. Québec »

08 juin 2008

SK#204



Dans cette petite salle rouge, du monde, du monde encore. Des visages qui ne changent pas tellement. Et lorsque je commence à compter le nombre d’ex à qui je ne dis plus bonjour de la même manière je songe doucement à me retirer.

Celles que j’ai fièrement emmenées par la main, et du bout de mon cœur, dans ce repaire sanguin finissent par suivre une route qui leur est propre. Je suis le marche pied de bien des petites filles qui ne savaient pas. Qui deviendront à leurs tours, meuble d'appoint, contribuant au renouvellement du milieu. Une continuité sans faille qui nourrit ce petit monde.

Des jours, des mois, des années font se créer des affinités incestueuses qu’on ne peut ni contrôler, ni même juger. Mais certaines ne peuvent être digérées...
Le revers d'une médaille que je n'ai jamais gagné.

Sous l’abribus, je regarde ce microcosme s’afférer dans la rue. M’offrant une vision particulière et retirée de ce que je vais fuir quelques temps.

Et si même le soleil osait pointer le bout de son nez, il me ferait espérer qu’une saison vient de passer. Il figerait ce qui n’est plus et me ferait doucement passer à autre chose sans que je m’en aperçoive. Et nous serons de nouveau l’automne, et je serais heureuse.



Photo:
Copyright D. Juncutt
"A l'écart"

01 juin 2008

SK#203

Le chauffeur de taxi me dit que cette chanson lui rappelle ses vingt ans, alors on roule en écoutant Nicoletta, il doit être cinq heures du matin. Je n’arrive pas à articuler, mais il comprend où je dois me rendre. Je relis tous les messages que G. m’a envoyé ce soir sur mon portable et je sais à quel point j’aimerais lui parler de qui je suis au fond. J’aime sa façon de me tenir à distance. C’est ça qui me fait réellement vibrer, l’indifférence. C’est ce que je conseille à E. Ne pas envahir l’autre de ses interrogations existentielles au risque de la perdre. Je lui confie cela dans un élan de générosité improbable. D’un bonus affable qui disait : « j’y ai perdu beaucoup en pensant que l’on pouvait nous comprendre. »

Plus tôt, je bois du vin blanc dans un verre trop grand pour sa succulence. Les gens qui devaient venir ne sont pas de la partie alors je susurre à O. que ceux qui doivent compter sont bien présents. Sur la route, D. la belge, titube. Nous entrons le métro qui nous indique qu’il est bien trop tard pour jouir de sa fonction puis le Noctilien qui nous conduit ailleurs, trop loin encore. Sur le chemin A. parle à O. dans le téléphone, qui lui dit de ne pas dire que c’est elle au bout du combiné. J’ai soudain envie de hurler mon dégoût de perdurer ainsi un conflit illusoire.

A l’Alimentation Générale, S. ressemble à une fille. Je lui demande ce qu’il se passe. Elle rit. Je lui dis qu’elle est le fantasme de D. et qu’elle se doit de l’embrasser en souvenir du bon vieux temps, ce qu’elle fait. Je suis déjà saoule. J’aime. Le lieu a changé, il ne ressemble plus au jour où j’ai choisi M. du bout de mon index.
D. est heureuse. D. m’embrasse et me demande pourquoi elle ne me plait pas. Je lui dis que ne suis pas celle qui lui faut. Elle me montre ses seins. Je lui dis que je ne suis définitivement pas la bonne et que ses seins n’y feront rien. Je danse. Je parle. Je fume et embrasse un beau gosse à la barbe de trois jours. J’aurais aimé ça, avoir une barbe naissante. J’aurais été si beau en garçon.

Une fille au bar me fait signe. Je me retourne, le mur vide m’indique qu’il s’agit bien de moi. Elle m’offre un verre. Elle est seule sur sa chaise. Quelques mecs échauffés la draguent salement. Je lui demande lequel d’entre eux lui a offert ce verre qu’elle ne veut pas consommer. Elle rit. Je l’ai cerné. Elle me confit que sa première expérience avec une fille fut fantastique. Elle me sourit et je tourne la tête. Elle n’est pas jolie au point d’avoir envie de m’abandonner dans sa chevelure frisée.
Je vole un chapeau de paille abandonné. Je suis saoule. Je frappe quelques personnes avec mon fouet. D. vomit sur le recoin d’un mur. Elle a l’air abandonnée dans cette ville folle. Je lui demande si elle sait où dormir, elle me répond que « oui ». R. a fini son set. Il est djà l’heure de rentrer. J’écris sur mon blog. Il est presque six heures du matin, je n'ai plus toute ma tête. Dans un mois et demi j’ai trente ans.

24 mai 2008

SK#202




Elle a opiné du chef et mouillé ses lèvres au milieu d’une atmosphère irrespirable. L'Autre lui a pris la main pour l’attirer à elle et glisser au creux de son oreille, son départ imminent. Au creux de son cou, un baisé alangui. Bousculées par les noctambules aveuglés, elles restent à se fixer.
Elle cherche quelque chose d’intéressant à lui dire. Une phrase pertinente qui lui donnerait envie de rester mais elle sait que les filles qui lui plaisent sont toujours fuyantes. Il y a en l'Autre un peu de S., beaucoup de M. Elle reste persuadé qu’on trouve dans les suivantes, des bribes de tous ceux que l’on a aimés. Le patchwork des amours perdus qui mènera à celle qui conviendra pour de bon. Une mosaïque jamais achevée. Une ébauche infinie.

Elle a lâché sa main en la regardant partir. Elle a parcouru la salle en croisant bien trop de gens indésirables. Elle est montée dans les loges pour se protéger de la foule. Elle a filmé l’ambiance électrique. Elle a commandé un verre au bar, l’a englouti d’une traite. Elle s’est faufilée entre les danseurs, longé le long couloir sombre du nouveau casino et s’est enfuie à son tour, sur le cuir d’un taxi parisien qui l’a laissé fermer les yeux en l’amenant jusque chez elle.

Cette fille aurait pu m’être sympathique si elle n’avait pas été moi.


Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« You Should Be Me «
Extrait 15

18 mai 2008

SK#201



En cherchant un profil Facebook que je ne trouverai d’ailleurs pas, je retombe sur une vidéo assez improbable que j’avais filmé avec mon appareil photo de l’époque.
Boulevard Sébastopol, la nuit où J. est entrée dans mon cœur, avec sa petite coupe à la Mireille Matthieu. La nuit où son amitié avec L. n’avait aucune ombre au tableau. C’était une semaine avant leur départ pour New York. Une semaine avant de recevoir des mails de J. dans lesquels elles me disaient combien je lui manquais.

Il y avait ce moment précis où, à l’aéroport, la serrant timidement dans mes bras, témoignage évident d’un amour naissant, je savais que cette fille compterait. Sans savoir que deux ans presque jour pour jour, notre histoire se finirait dans un autre aéroport, sur ce continent américain qu’on avait tellement désiré.
Il y avait encore, ce moment précis où, dans le combiné téléphonique, avant l’embarquement, j’entendis couler ses larmes lorsque je lui dis « Je t’aime, ne soit pas triste, on se retrouve à Paris ». Un adieu d’un romantisme consternant qui cachait à merveille la fin de notre histoire sur un fond de Bonnie Prince Billy.
A chaque amour sa musique.

Cette modeste vidéo loufoque porte à ma mémoire un coup nostalgique des plus alarmant. L’ancêtre de mon « You Should Be Me ». Filles perdues, saoulent, qui ne veulent pas rentrer chez elles pour prolonger jusqu’à l’impossible, ce moment d’innocence où tout est beau et confortable. Une recherche immuable en chacun de nous, trouver celle ou celui qui ne nous fera juste, rester au lit.

Trois ans après, les visages ont changés, les histoires ont évolués, le montage est plus structuré, mais les aventures restent à ceci près, les mêmes.

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« I Love NY »
2005

10 mai 2008

SK#200



Au plus près, mais somme toute, très loin encore...


Vidéo:
Copyright: D. Juncutt
Extrait 14 bis "You Should Be Me"

26 avril 2008

SK#198



C’est un vendredi soir.
Je suis.
Comme les pierres. De celles qu’on ne ramasse pas, dissimulée entre toutes, identique à première vue. Comme les pierres. Trop lourde pour ricocher. Qu’on glisse dans sa poche et qui fini en bloque porte. Mais de de plus près. Comme les pierres. Fossilisée par son passé, usée, rayée, abîmée par les mains des petites filles qui voient en elle la plus lisse, et de sa forme rigolote, finira abandonnée sur le recoins d’une cheminé. Souvenir d'une journée de plage ensoleillée. Comme les pierres. Immobile et impassible, fière et forte. Ne redoutant pas le temps. Comme les pierres, malheureuse, déshumanisée mais miraculée.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Mademoiselle Chat Chat »

21 avril 2008

SK#197



Un joli don de caméscope pour pallier à mon manque d’images assassines. « You Should Be Me » renaît, non sans mal et après quelques mois intenses.
La brimade commence là où la concession se termine. Mais puisque l’intimité est probablement la valeur la plus courue ces derniers temps, je calfeutre et ne donne ainsi pas l’occasion à certains de tout salir. Je le fais très bien toute seule.

Vidéo :
Copyright D. Juncutt
« you should be me » extrait 14
Musique :
The Mole - I've Got My A.

Les autres vidéos sont ici.

13 mars 2008

SK#196



Ce bad boy m'a donné envie de me frotter contre ses biceps enfouis sous son épaisse couche de graisse. On a ça en commun, le côté nounours, comme le côté « faut pas trop me chercher».
Ma main est collée à ses tétons, pendant qu’il se penche sur mon bras, l’écrase, et le pique.

Après, Romain, Tintin, Arno… Julio Casagrande le Brésilien m’a griffé à tout jamais.
Il y a cette douceur infinie qui parcoure ma peau lorsqu’il s’affaire sur mon affaire. Cette relation intime qui naît d’une confiance exclusivement liée par le goût d’un stigmate indélébile.
Et ce n’est pas seulement cela qui me pousse à y revenir, ni même l'engouement d'une mode quelconque. Car comme l’a très bien dit Delphine des Kisses Cause Trouble : « C’est une manière comme une autre de se réapproprier son corps. »

Julio ne reste qu’une courte semaine chez Laura Satana. Profitez en.


Ne cherchez pas ce que ça veut dire, ni même pour qui, ni même pourquoi... c'est un cadeau.

Photo 1 :
Copyright: ?
Julio Casgrande.
Photo 2 :
Mon nouveau tattoo

06 mars 2008

SK#195



Lenny kravitz choisit ses musiciens en fonction de ses talonnettes. Aucun d’eux n’avait intérêt à être plus grand que lui de quelques miettes. Slim moulant noir, lunettes mouche, il envoie la sauce et vient faire des câlins au public restreint dans lequel je suis vautrée. J’aurais mérité d’attraper le tambourin pour peine d’avoir applaudis presque dix minutes afin de satisfaire le téléspectateur.
Mercredi soir, quelques gouines JeMeLaRaconte sont adossées au mur en pierre du Yono. Le genre de fille que l'on croise dans toutes les soirées, qui te fixe et ne rigole qu'avec ses copines clones. L’esprit cowboy parce que très wild dans sa tête. La main dans la poche, la tête penchée, qui te parle en « Mais grave, c’est clair… ». Le genre de fille à qui tu claquais la bise quelques mois plus tôt, lorsqu’elle avait les cheveux longs, et qui, sous prétexte d’avoir trouvé l’affirmation sublimée de son soi intérieur, n’envisage désormais que de te scruter de loin parce que le smile n’est plus à la mode, et que sa coupe de cheveux est vachement mieux que la tienne. Le genre de fille concrètement et simplement connue grâce à son profil internet. Aigrie avant l'âge et labélisée, "Vu sur Myspace".

Axelle hurle sous le préau qu’il faut rentrer parce qu’elle va bientôt mixer. Et je bois un coca pour écraser le goût de cet infecte Chianti du restaurant de la place à pédés, mais surtout pour préserver mon potentiel énergie de ce marathon soirée BBX (comprenez Barbieturix).

Dans les toilettes, encore/toujours, Sugar m’attire à elle pendant que j’essaye de ne pas faire d’association d’idées sur ses magnifiques bottes bleues qui font Tac Tac Creeuu sur les pavés humides lorsqu’elle prend le rythme sur mon pas.
Je fixe mon attention sur son appétissante bouche et son généreux décolleté. J’engouffre mon visage dans son cou comme un abandon à sa beauté.
Ce soir, à la Paye Ta Chatte (l’Originale) il me faudra goûter la soupe du patron de l'Unity. Demain, il me faudra porter mon lourd sac à vinyles jusqu’au Bloc (métro brochant)pour swinger avec la Fantomette.
Samedi, il me faudra rester en alerte sur les platines cubiques et fluos du Social Club.

Katia dit : "Ouai mais les filles JeMeLaRaconte, on les aime bien quand même !Et il parrait que les filles bourges nous appellent les metalleuses. ahahah "


Marathon BBX
Du mecredi 5 au samedi 8.
Retrouver les dates et lieux sur www.myspace.com/barbieturix

19 février 2008

SK#194



A l’enterrement de Simone, il y a ses enfants et seulement deux de ses petites filles. Quelques voisins, une mama qui pleure en souriant, et des femmes flétries qui m’arrivent au nombril. Il fait vraiment très froid dans ce cimetière qui donne sur la station service. Je pleins les porteurs, d’une vingtaine d’années à peine, coupe tecktonik, mains violettes et frissons constants, pendant que tout le monde touche une dernière fois le cercueil. Une première aussi.
J’attrape quelques fleurs séchées que je jette dans le tombeau, j’ai visé la plaque dorée avec son nom et son prénom juste au dessus des dates de durées. Ma mère me dit qu’elle avait la peau douce dans le funérarium. Détail morbide que je voudrais ne pas avoir entendu.

Simone était bretonne. Elle avait décidé de venir en aide à la France en accroissant sa population d’après guerre. Ponte sur ponte, avec le beau Cristobal, espagnol, soldat durant la guerre d’Indochine, jamais vraiment guéri de ses traumatismes, qui mourut prématurément fin des années soixante dix, d’un cancer généralisé, cinquante années après avoir poussé son premier cri.
De ses enfants, elle aura eu quatre fils et deux filles. Un panel de trois alcooliques, un autiste, un surdoué daltonien. Seules ses deux filles auront des enfants, deux filles pour l’une, deux garçons pour l’autre. Ses filles toujours, les seules qui tenteront, avec un succès mitigé, de fuir son oppression.

Je ne me souviens pas de Simone. Je me souviens mal de Simone. Une caravane pliante pour l’été de mes 5 ans, un ennuie mortel durant mes séjours dans son vieil appartement, des poupées rousses poussiéreuses, la photographie d’un berger allemand dans l’entrée, la fois où elle m’a surprise en train d’explorer mon sexe et puis plus rien.
Simone n’avait pas été très gentille avec ses enfants et inexistante pour ses petits-enfants. Elle est morte dans une souffrance extrême, bouffée par la gangrène.

Sur les quelques clichés noir et blanc, que l’on me propose de visionner, je m’inquiète. Je cherche la moindre preuve de mon lien de sang avec cette ascendance misérable. Une attitude, un timbre de voix, un goût commun. Néant.
Je suis une étrangère au cœur de pierre qui ne pleure pas la mort de ma grand-mère.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Roxymore @ BBX private party »

03 février 2008

SK#192



L’expérience est une succession d’évènements souvent néfastes, qu’on voudrait ne pas vouloir se reproduire. C’est ce qui différencie la fougue de la jeunesse à la sagesse de la vieillesse.

Je l’entends se brosser les dents, ça crache dans mon évier. Un bruit qui ne m’agasse pas. Et pourtant, si fort en symbolisme. Savoir que quelqu’un d’autre que moi, mène une action basique du quotidien sans que ça répercute sur mon espace vital. Un bref instant, projection. Imaginer une routine sécurisante s’installer tout en la réfutant avec dégoût. Son « A quoi tu penses ? » d'after sex conduit à un « Je cherche un moyen de ne pas nous tuer ».

Je voudrais l’avoir toujours avec moi tout en désirant sans cesse la revoir.

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Fake Tattoo on my SugarLove»

31 janvier 2008

SK#191



Neuf cent images par seconde. De l'extrême ralenti comme on voudrait en avoir dans la vraie vie. Un cou tendu, une mèche de cheveux chatouillant le nez, une caresse interminable.

Sur Smoking Kills, c'est bientôt la saison quatre. L'entretien de ce blog à coup de mots et de photos se faire rare, puisque dans mon réel, il se passe des choses qui ont besoin d'être ressenties bien plus qu'analysées. Je mets un peu d'ombre sur mon fond de commerce. L'exploitation illicite de sa beauté et de tout ce qui en découle n'aura pas lieu sur ce support.

Et puisque l'on m'a volé mon camescope, "You Should Be Me" est sur pause.

18 janvier 2008

SK#189



Désertification de la zone bloguesque pour socialisation maximale.
Je suis tenue au secret. Vous savez, les secrets qui font mouiller la culotte et déloger le cœur. Dans un sens comme dans l’autre.

Et puis. Remarquez le nombre de soirées qui s’annoncent sous le label Barbieturix. Je suis loin d’être du genre à tendre la torche qui nous ferait briller mais il faut reconnaître qu’on se donne beaucoup de mal pour un public qui trouve toujours à redire.
Comprendront ceux qui ont déjà organisé une soirée lesbienne à Paris.
Pour la deuxième édition de Kill Kill My Blonde à la Scène Bastille, je vous promets un set endiablé sans cloper. Ce qui sous-entend une consommation d’alcool plus fréquente. Offrez-moi des verres.

02 janvier 2008

SK#188



Je m’assieds sur le bord du lit, c’est le deuxième jour de deux mille huit. Je suis en retard, comme à chacune de ses visites.

S’attacher sans menottes aucune mais sentir son goût de fer dans la bouche. Je suis témoin de mes actes aux conséquences flagrantes. Lorsque sur un bout de canapé rouge, c’est l’évidence même.

On m’a volé un objet. Mais bien plus encore. Cette relation est une danse interminable où chaque pas de travers ressemble à une fuite. Le pardon est un renoncement, il est empli de rancœur subtile qui laisse des traces dans les mots d’amour.
Et lorsqu’à l’avenir, je me promets irréprochable, la pièce se vide, faisant raisonner l’écho de nos rires.



Photo:
Copyright D. Juncutt
"Sofiane chez moi"

Vidéo:
A ECOUTER D URGENCE
Sebastien Tellier