29 juin 2008

SK#212



Une marche de quatorze heures à dix neuf heures. Une nuit de vingt-trois heures trente à cinq heures. Debout quoi qu'il arrive. Peut importe ce qu'on me rapporte. Arborer fièrement un sourire, le poing serré. Sur ma garde, au cas où.

Vidée jusqu'à ce que je ne puisse plus penser. M'intoxiquer jusqu'au gouffre et tournoyer dans la foule qui baisse la tête lorsque je la redresse.

Ce n'est qu'une fois dans mon lit, allongée sur le flan que raisonne enfin l’évidence des mots doux de chacune de mes discussions noctambules. Aveuglée par une vérité qui ne m’était pas parvenue. Voilà donc ce qu’on pense de moi.
J’aime assez l’idée.


Vidéo :
Copyright D. Juncutt
You Should Be Me #17 – Spécial Marche LGBT

Musique:
MANDY - Superman
Claire Diterzi - Je Garde le Chien

26 juin 2008

SK#211



Du très chargé dans le dernier You Should Be Me. Après montage, et visionnage, je décide, pour les prochains numéros, d'arrêter de rire comme une cruche toutes les cinq minutes.

Vidéo:
Copyright D. Juncutt
You Should Be Me #16
Musique:
Xploding Plastix - Huncher

24 juin 2008

SK#209



Voilà, c’est tout à fait comme ce clip que N. m’envoie par un simple clic.

Les évènements m’apparaissent en contrastes. Ses petites ridules ridicules deviennent les vedettes des scènes que je me projetais en guise de souvenirs agréables.
Le blanc s’encrasse. Lisibilité absolue sur un passé révolu.

La couleur verdâtre et impénétrable du canal Saint Martin reflète mon être. I. me dit « Rappelle toi, c’est ici que machine habite ». Je me souviens. La voiture en warning. I. dépose un sac d’affaires aux pieds de B. Je me souviens. J’assiste à la scène depuis le rétroviseur et j’entends « N’essayes plus de m’appeler. »

Je me souviens. De sa condamnation.
D’un acte héroïque, qui pousse un être à se débarrasser d’un autre. Pour officiellement, tourner la page. Changer de livre.

Vidéo:
Emily Haines & The Soft Skeleton - Our Hell

19 juin 2008

SK#207



Je me gratte à sang. Ça me rappelle la bataille imaginaire que je dois mener toutes les nuits contre un moustique qui me déguste jusqu’à l’écoeurement. Je l’entends, alors je cache précautionneusement toutes chaires étendues sous la couette pour éviter l’attaque.
Succomber à la facilité. Eviter la bagarre.

Gail me parle de son vase vide. Mathilde réclame des câlins en regardant ailleurs. Maeva frôle ma main de sa peau matte. Camille m’insulte de salope en s’esclaffant lorsque je la soupçonne de cacher un tatouage dauphin au creux des reins. Catherine mime ses positions de Yoga. Virginie veut quitter son mec. Flo me confirme notre rendez-vous. JB pense que Calais est une bonne ville pour son concours. Isa a disparu. Marion est heureuse de partir à Londres.
Dans le métro du retour. Un homme rentre son ventre et fixant goulûment une gamine qui lit son livre sur lequel je relève la phrase « Il faut songer à faire autre chose. »


Photo :
Copyright D. Juncutt
« Audrey. Gaspésie. Québec »

08 juin 2008

SK#204



Dans cette petite salle rouge, du monde, du monde encore. Des visages qui ne changent pas tellement. Et lorsque je commence à compter le nombre d’ex à qui je ne dis plus bonjour de la même manière je songe doucement à me retirer.

Celles que j’ai fièrement emmenées par la main, et du bout de mon cœur, dans ce repaire sanguin finissent par suivre une route qui leur est propre. Je suis le marche pied de bien des petites filles qui ne savaient pas. Qui deviendront à leurs tours, meuble d'appoint, contribuant au renouvellement du milieu. Une continuité sans faille qui nourrit ce petit monde.

Des jours, des mois, des années font se créer des affinités incestueuses qu’on ne peut ni contrôler, ni même juger. Mais certaines ne peuvent être digérées...
Le revers d'une médaille que je n'ai jamais gagné.

Sous l’abribus, je regarde ce microcosme s’afférer dans la rue. M’offrant une vision particulière et retirée de ce que je vais fuir quelques temps.

Et si même le soleil osait pointer le bout de son nez, il me ferait espérer qu’une saison vient de passer. Il figerait ce qui n’est plus et me ferait doucement passer à autre chose sans que je m’en aperçoive. Et nous serons de nouveau l’automne, et je serais heureuse.



Photo:
Copyright D. Juncutt
"A l'écart"

01 juin 2008

SK#203

Le chauffeur de taxi me dit que cette chanson lui rappelle ses vingt ans, alors on roule en écoutant Nicoletta, il doit être cinq heures du matin. Je n’arrive pas à articuler, mais il comprend où je dois me rendre. Je relis tous les messages que G. m’a envoyé ce soir sur mon portable et je sais à quel point j’aimerais lui parler de qui je suis au fond. J’aime sa façon de me tenir à distance. C’est ça qui me fait réellement vibrer, l’indifférence. C’est ce que je conseille à E. Ne pas envahir l’autre de ses interrogations existentielles au risque de la perdre. Je lui confie cela dans un élan de générosité improbable. D’un bonus affable qui disait : « j’y ai perdu beaucoup en pensant que l’on pouvait nous comprendre. »

Plus tôt, je bois du vin blanc dans un verre trop grand pour sa succulence. Les gens qui devaient venir ne sont pas de la partie alors je susurre à O. que ceux qui doivent compter sont bien présents. Sur la route, D. la belge, titube. Nous entrons le métro qui nous indique qu’il est bien trop tard pour jouir de sa fonction puis le Noctilien qui nous conduit ailleurs, trop loin encore. Sur le chemin A. parle à O. dans le téléphone, qui lui dit de ne pas dire que c’est elle au bout du combiné. J’ai soudain envie de hurler mon dégoût de perdurer ainsi un conflit illusoire.

A l’Alimentation Générale, S. ressemble à une fille. Je lui demande ce qu’il se passe. Elle rit. Je lui dis qu’elle est le fantasme de D. et qu’elle se doit de l’embrasser en souvenir du bon vieux temps, ce qu’elle fait. Je suis déjà saoule. J’aime. Le lieu a changé, il ne ressemble plus au jour où j’ai choisi M. du bout de mon index.
D. est heureuse. D. m’embrasse et me demande pourquoi elle ne me plait pas. Je lui dis que ne suis pas celle qui lui faut. Elle me montre ses seins. Je lui dis que je ne suis définitivement pas la bonne et que ses seins n’y feront rien. Je danse. Je parle. Je fume et embrasse un beau gosse à la barbe de trois jours. J’aurais aimé ça, avoir une barbe naissante. J’aurais été si beau en garçon.

Une fille au bar me fait signe. Je me retourne, le mur vide m’indique qu’il s’agit bien de moi. Elle m’offre un verre. Elle est seule sur sa chaise. Quelques mecs échauffés la draguent salement. Je lui demande lequel d’entre eux lui a offert ce verre qu’elle ne veut pas consommer. Elle rit. Je l’ai cerné. Elle me confit que sa première expérience avec une fille fut fantastique. Elle me sourit et je tourne la tête. Elle n’est pas jolie au point d’avoir envie de m’abandonner dans sa chevelure frisée.
Je vole un chapeau de paille abandonné. Je suis saoule. Je frappe quelques personnes avec mon fouet. D. vomit sur le recoin d’un mur. Elle a l’air abandonnée dans cette ville folle. Je lui demande si elle sait où dormir, elle me répond que « oui ». R. a fini son set. Il est djà l’heure de rentrer. J’écris sur mon blog. Il est presque six heures du matin, je n'ai plus toute ma tête. Dans un mois et demi j’ai trente ans.