19 août 2008

SK#225



J’entraîne Sophie chez American Apparel. J’essaye quelques sweets pour finalement ne pas en prendre. Elle va me chercher quelques maillots, elle est docile, elle me fait rire. Je suis comblée de l’avoir à mes côtés, sept heures par jour. A la caisse, la vendeuse essaye de me vendre une paire de lunettes moche assez tendance, alors je lui sors mes rayban pour la calmer. « Même pas un élastique pour les cheveux ? » fini t’elle par s’exclamer. Je lui souris, parce que j’aime la façon dont ses cheveux tombent délicatement sur son épaule. J’aurai pu passer l’après-midi, nichée dans son cou, à y sentir les relents de framboises d’un shampoing bon marché, en écoutant à s’en écœurer, the Ballad of Broken Birdie.

Múm en boucle, c’est bien là tout ce qu’il me faut, lorsque sortie du métro, la pluie fait gonfler la fibre de mes vêtements. C’est un peu la rentrée et chaque chose reprend sa place. Il reste du vide entre les évènements, il reste des amis éparpillés sur le globe, mais au fond, je saisis ce sentiment de plénitude qui ne m’avait pas gagné depuis plusieurs mois. Mouillée, gambadant sans crainte, le pas alerte, ainsi lavée de tant de tracas bourgeois.

Des images du film Broken English viennent me hanter. La scène du second réveil, le corps titubant de l’héroïne. Je me dis que chercher quelqu’un au réveil est un signe d’attachement irrémédiable. Et puis, ce petit geste anodin. Déposer sur la table basse, deux verres d’eau avant d’aller se coucher, un pour lui, l’autre pour elle. Ce même comportement imperceptible d’attention que je fais à chaque fois qu’une fille, qui compte, partage ma nuit.

Cependant. J’écris des lignes que je relis plusieurs fois et qui ne trouverons pas leur destinataire. J’essaye de dire. Je tente d’expliquer. Je comble mes silences. Je veux dire combien je n’aime pas. Qu’au-delà de toute espérance et après mûre réflexion, nos univers nous séparent, ton mal de vivre se confronte au mien, ta fragilité me fait défaut, c’est une histoire de peaux incompatibles, je vous prie d’agréer, mademoiselle, mes salutations distingués. Au possible oui, finir par une civilité agréable et irréfléchie. Revenir à un état simple. Du temps où ma bouche n’était pas un terrain de jeu, où le désir, morne, n’encombrait pas nos échanges.
Je n’envoie rien.
Il n'y avait pas de verres d'eau près du lit.

Sinon, vous saviez que le véritable prénom de Brian Eno était : Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno

Quand je pense que je n'ai même pas de deuxième prénom.


Photo :
Copyright AA.

02 août 2008

SK#221



Je ne me souviens plus du nombre de fois où je m'étais exploré l'entre jambe en écoutant cette chanson. Nourrissant de loin, toutes les idées que je me suis forgée au jour d'aujourd'hui sur ce que doit être une femme pour me plaire. Une plastique, une ouverture d'esprit, une expérimentation constante pour servir mon désir machiavélique mais rassurant.

Lorsque je touche la main de l'Une tout en fixant l'Autre, pendant qu'une troisième perd son regard sur ma bouche, il me semble avoir été marabouté par un lot d'images qui narraient mes fantasmes d'antan et que je suis d'humeur à assouvir. La désinvolture incarnée.

Une disponibilité dénuée de tabous inutiles qu'on s'empresse de combler entre mes bras, sur mon sourire. Leurs dos en sueurs en résultent.

C'est l'Eté tout simplement.

Vidéo:
Copyright D. Juncutt
Madonna - Justify my love