25 novembre 2008

SK# 239



Tout est fade. Vous savez, comme manger un yaourt amer. L’engloutir sans plaisir juste parce qu’il faut finir un repas.
Heureusement ce matin, sur mon lieu de travail, à l’endroit même où des centaines de collègues se disent quotidiennement « allez, c’est reparti pour une journée », se trouvait un enclos rose dans lequel gambadaient, quelques lapins blancs. J’avais juste envie de m’allonger sur l’herbe et de faire mon Alice en rêvant à des voyages intérieurs des plus folkloriques.
Résultat, j’ai badgé - j’ai été prendre un café à quarante centimes – et j’ai checké mes mails.
Fade je vous dis, fade !

Photo :
Copyright D. Juncutt
« Des lapins au travail »

19 novembre 2008

SK# 238



Des fois, les gouines, en soirée, elles ne te disent pas bonjour et te regardent de travers. Même que tu ne sais pas spécialement pourquoi, même que parfois tu n’as jamais eu à faire à elles, même que parfois tu les connais depuis des années, de simple connaissance nocturnes et superficielles que tu es, malgré tout, contente de retrouver.

Des fois, les gouines, en soirée, elles ne te calculent plus parce qu’elles parlent à d’autres filles qui sont au cœur d’une histoire dont tu deviens l’héroïne et dans laquelle elles sont bien loin d’être clean.

Des fois, les gouines, en soirée, elles te font passer du statut de filles géniales, à grosse connasses.

Je n’avais pas été méchante depuis fin 2005.

Nan vraiment, ça fait du bien de redevenir soi-même.


Photo:
Copyright D. Juncutt
"Ma gueule "voguisée"

15 novembre 2008

SK#237



Presque quatre ans après la disparition tragique, à l'age de 1 an et demi, de mon premier bouledogue prénommé Oscar, il était ainsi clair que je ne retenterai pas l'expérience.

Le temps passe, les envies renaissent et peut être inconsciemment le besoin aussi. On n'expliquera pas pourquoi la lesbienne est génétiquement attirée par les chats aussi bien que je puisse l'être des bouledogues. Une race particulière à laquelle on devient addict, rendant toutes les autres fades et inintéressantes.

Je vous présente donc, Dallas, deux mois et demi. Son prénom est un hommage au bordel de ma vie, une façon de matérialiser l'imperceptible.

Et puis, venez visiter le nouveau magazine de Barbieturix sur www.barbieturix.com. Je veux que ça devienne une habitude aussi fréquente que celle que j'ai à ramasser les crottes de Dallas...

Photo:
Copyright D. Juncutt
"Dallas"

01 novembre 2008

SK#236



Au-dessus de la color card, on cherche les tissus qui vont se marier. Des couleurs souvent improbables auxquelles on s’amuse à donner des noms. « Denyse, donne-moi un nom en G pour une casquette. » ; « Gavroche » ; « Ouai t’es trop forte ! » ; « Tellement ! »

Dans la salle de collection sans fenêtre, on n’entend que l’eau qui coule le long de la gouttière. Plus haut, dans le bâtiment, les bureaux sont vides. Il est presque vingt et une heure.
On s’arrache les cheveux pour finir la présentation de l’implantation de l’hiver 09.

C. est nouvelle. C est jeune. C. a le visage d’un ange, d’une perfection telle, que lors de notre première rencontre, je ne pouvais défaire mon regard de sa diction. C. a la pression d’une styliste qui doit terminer sa collection sans que certaines aient pris la peine de lui expliquer les ficelles (les cordes) du métier. Elle se colle à moi pour finir d’écrire les noms à la main sur la planche en dix exemplaires. C. m’appelle toujours pour aller fumer. C. se confie à moi. C. a le potentiel des avant-gardistes. C. porte des vêtements rigolos, des écharpes tricotées mains, des manteaux déstructurés, des bottes en caoutchouc lurex.

C. est angoissée. Je l’informe de n’attendre aucune reconnaissance particulière pour le travail qu’elle fournira. La maison ne fonctionne pas ainsi. Attendre est se bloquer à débuter autre chose. Ne rien attendre des autres d’une manière générale. Les déceptions arrivent par négligence, lorsque l’on s’abandonne aux vœux d’une appréciation précise, ciblée.


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Copyright D. Juncutt
« C. en salle de collection