07 janvier 2009

SK# 245



Lundi soir, Alice me prend à part dans le petit bureau sans fenêtre. Je joins mes mains et l’écoute me dire qu’elle va changer de service. Rictus absurde qui fige mon facies lorsque l’on m’annonce une mauvaise nouvelle. Une très mauvaise nouvelle. « C’est pas possible, tu ne peux pas me laisser seule avec elle. » C’est peu de le dire que d’avouer qu’elle avait le don de me rendre la vie bien plus supportable, jouant le rôle de tampon entre l’Autre et moi.
D’accord, dans les grosses boites, le changement est souvent le meilleur des renouveaux, parfois bien plus utile qu’une démission prise sur un coup de tête.
Quelques minutes plus tard, lorsqu’elle l’annonce au reste de l’équipe, soudées comme nous sommes, je m’écarte, je m’assoie et me pince les lèvres. Elle vient m’embrasser, ses joues sont aussi mouillées que les miennes, je n’aime pas les départs.

Julie est arrivée quelques jours plus tôt, les bras encombrés d’un bocal rempli d’eau. « Tu te fous de ma gueule là ? » lui dis-je. Elle me tend l’objet. A l’intérieur « Raymonde et Roberta, deux poissons rouges lesbiennes » qu’elle me rétorque.
Les deux bêtes prennent peur lorsque je m’approche du bocal, le plus sombre fait des bons hors de l’eau tandis que l’autre examine de près mon nouvel énorme téléviseur qui rend la pièce bien plus petite.

A l’extérieur, la température me rappelle la clémence montréalaise, le temps où l’on me conseillait de prendre des esties de drugs afin de trouver le courage de sortir après vingt heures. Ce qui a changé en deux ans ? L’accent probablement.

La bonne nouvelle de ce post c’est que je trainerai ma camera à la WGO de jeudi soir, et ferais mouliner mon logiciel de montage pour pondre le YSBM 24.

La photo de Mary Louise Parker, c’est juste pour faire pétiller mes glandes lacrymales.