09 avril 2009

SK# 259



J’aurai prié si fort pour que le bus n’arrive pas à destination et pourtant il y avait une chance pour un million que cela arrive. J’aurai voulu moi aussi me perdre dans une forêt américaine, mon gilet bleu AA comme unique guenille pour rejoindre l’Alaska.

Mais partir, quitter l’état, traverser l’océan, trouver une nouvelle culture, fuir l’habitude, je l’ai déjà fait. Je l’ai fait au point de me rendre compte que l’ailleurs ne sauve pas, il divertit tout au plus.

Pourtant, les monts enneigés, l’eau turquoise, le désert, la campagne sont tout autant de destinations rêvées. Une illusion parfaite qui nous laisse à penser que partout sera bien mieux qu’ici. Il n’en est rien, je le sais bien.
Sous la beauté manichéenne d’un paysage touristique se cache souvent la misère d’un enfant qui rêve de mon Europe. Splendide, laïque, riche, bonne et libre.
Je refuse chaque jour des invitations, très éprouvée par un week-end milieu où j’ai fini, assise sur la banquette trouée, par chercher bien au fond de moi, la motivation de continuer.
Et si je ne m’amusais plus ?

Ce qu’il me faudrait, c’est simplement un peu de soleil pour ce week-end de trois jours. Et puis…
D’ici un mois j’aurai ma voiture, je lui ai dit « J’en ai assez de prendre le train en fraude pour aller chez ma mère. J’ai trente ans bordel ! »


Photo:
Poubelle