26 juin 2009

SK# 262



J’ai su que la chance tournait de nouveau à mon avantage lorsqu’O. m’a envoyé le texto suivant : « Mon père a retrouvé ton Ipod ». Cette salope, la chance, m’avait lâchée depuis presque un an, accompagnée d’une démotivation inondant chaque pore de ma peau. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais une bonne nouvelle influe immanquablement sur les autres évènements, minime soit-ils.

Avec ce sentiment d'infortune prolongé, on se retrouve assez rapidement avec des problèmes de santé, lié à des problèmes d’argent, lié à une incapacité à aimer, à désirer, lié à une agoraphobie naissante, lié à un travail arasant, lié à une coupe de cheveux ignoble, à un manque de confiance en soi, agissant sur une créativité diminuée, voire épuisée.

Non vraiment, l’année de mes trente ans est loin d’être un bon cru. Une année d’intoxications volontaires et presque nécessaire pour échapper un peu à cette prison cérébrale. Loin de moi l’idée de surfer sur la mode des tourments de trentenaires blasés, j’avoue m’être laissé totalement inondée par les questions existentielles classiques et presque écœurantes. Parce que même avec une volonté de fer, il est finalement impossible d’y échapper.

L’idée de base c’est retrouver l’envie. (Merci Johnny). Trouver quelque chose qui pimente. Du neuf. Du piquant. Du brillant. Une touche de moderne sur trois décennies de découvertes.

Ce matin, assise en face de moi, ses yeux plongés dans le journal du matin, elle resplendissait. Son petit nez luisait, sa bouche réagissant au rythme de sa lecture. Un cheveu tentait une intrusion entre ses seins, son cou infusait la fleur, ses gestes étaient délicats, ses genoux d’une suprême douceur.
Puis, elle s’est mise à tousser comme une grosse dégueulasse pendant quinze longues et affreuses minutes.
L’idée du retour de l’envie, j’ai tout de suite pensé que c’était pas gagné.

Photo "Oeil de boeuf":
Copyright S. Bastin
"Moi"