01 décembre 2009

SK# 275



Si je veux, je laisse l’autre me pourrir. Lui laisser croire qu'elle peut la récupérer après l'avoir moisie. Je lui brise le coup pour celle qui froisse mes draps.

Je m’enorgueillis du résultat comme d’autres ont pu le faire il y a un an et demi, pour des raisons presque identique. Je suis à sa place, petite pute voleuse. Et je ne râle pas, parce que je ne savais pas, au moment précis, qu’il y avait quelqu’un d’autre. Elle était quand même loin de moi, cette idée là.
Lorsque je la vois, s’accrocher à mon corps sous la couette, prendre soins d’ajuster cette relation, fantasmant nos êtres dans un appartement haussmannien, défiant une mer agitée par le vent du nord, m’embrassant au milieu d’une foule en sueur, rire de mes yeux gonflés du matin, danser sans rythme sur un tempo saccadé, faire racler ses talons sur le bitume, enfiler ses collants magnifiant son galbe parfait, m’offrir un anneau, vouloir m’épouser, espérer plus que je ne l’aurais imaginer, je récolte.

L’autre soir, le goulot de la despé chaude sur les lèvres, les Fagget Fairys sur la scène du Nouveau Casino, mes YSBM en fond visuel, je dégustais. Dans le vrai, tellement, d’en avoir fini avec cette époque. L’obligation de résultat, la perte d’appétit.
Dans les loges, les « petites nouvelles » comme elles se nomment entres elles, piaillent et fument des cigarettes. Moi à côté, la « vieille » qui prend conscience de la fin d’une époque. BBX une entreprise qui se voit changer de PDG à l’avenir tout de même assez incertain. Une brune à mèche pour changer, me demande pourquoi je suis partie. « J’ai fait mon temps ». Qui est-elle ? Comment le sait-elle ? J’ai cessé de m’interroger sur la rapidité avec laquelle circulent les informations dans le milieu lesbien.
Ca n’aurait pas été mentir que de lui répondre, « J’ai d’autres projets tellement plus intéressant. »

La liberté.

Photo:
Copyright D. Juncutt
"Fatigue"